• [^] # Re: Online Travel Agency

    Posté par . En réponse au journal Chroniques de l'automatisation : L'hotellerie. Évalué à 10.

    Le monde a toujours évolué effectivement, et le rythme va plutôt s'accélérant. Bien qu'utilisateur d'internet, l’hôtelier format familial dont parle Big Pete un peu plus haut n'est absolument pas préparé à ces bouleversements 1) hyper rapides, 2) incessants ; aucun répit, pas le temps de se poser et d'y voir un peu plus clair, que déjà d'autres services émergent et pour lesquels il faut se reconfigurer. Le rapport de force entre un hôtelier familial et un groupe de la taille de Trip Advisor ne laisse aucune chance au premier. D'autant que dans ce cas de figure, Trip Advisor se place en intermédiaire. Il ne prend aucun des risques relatifs au métier d’hôtelier. Il me semble que c'est Trip Advisor qui devrait reverser des dollars à l’hôtelier pour pouvoir utiliser son établissement dans son catalogue. Je crois qu'on n'est pas franchement dans ce cas de figure.

    Ce genre de situation ramené au seul point de vue de : 'c'est triste mais c'est la vie on n'y peut rien' est sacrément réducteur. Sur le long terme, devoir de remettre en question radicalement de façon répétée est épuisant, physiquement, financièrement. Le but n'est évidemment pas de 'protéger' les hôteliers plus que d'autres professions, mais de trouver d'autres articulations pour palier à ces situations.

    L'invasion de l'outil numérique à tous les niveaux transforme complètement ces rapports de force.

    Mon métier consiste à gérer un parc d'environ 400 pcs, imprimantes, réseaux, etc etc, cela depuis 20 ans. Ce métier est en train de disparaître. Purement et simplement. Je le constate depuis 5 ans environ, avec comme pour l’hôtelier classique une accélération considérable. Le métier que j'exerce s'est fortement industrialisé et donc automatisé complètement, des intermédiaires sont apparus qui proposent des services concurrents. 'Faire mieux, constamment son métier' ne suffit plus.
    A 50 ans passé, je pense que la reconversion complète vers autre chose n'est pas envisageable. Dans le même temps, me résoudre à 'c'est triste mais c'est la vie on n'y peut rien' m'est insupportable ...

    De votre coté, vous parlez d'apprendre un nouveau langage afin d'éventuellement vous adapter à un nouveau contexte. Mais ça ne s’arrêtera pas là, poussez le raisonnement un peu plus loin. Il se peut fort bien que l'on vous annonce d'ici quelques années, que vos compétences ne sont plus nécessaires.

    Plus nécessaires du tout.

    Ni avec votre expérience de langages devenus anciens, ni avec de nouveau que vous seriez prêt à apprendre : Un algo ou automate quelconque le fera à votre place, plus vite, plus souvent ; automate(s) supervisé par l'un de vos collègues, plus jeune, qui vous tiendra le même discours : 'c'est triste mais c'est la vie on n'y peut rien'. On n'aura peut être encore un peu besoin de vos compétences, mais très partiellement, quelques heures par semaine ou par mois par exemple.

    Vous ferez quoi alors ?