• [^] # Re: Le futur c'était mieux avant

    Posté par . En réponse au journal Les avocats à la poubelle. Évalué à 4.

    Tu mélanges tout ici.

    Non tout est lié, mais c'est difficile de s'en rendre compte. Je le refais dans l'autre sens, ça sera peut-être plus clair :

    La France est dans une impasse idéologico-économico-politico-sociale car elle sort d'une période incroyablement fertile de plusieurs plusieurs décennies où la prospérité semblait gravée dans le marbre.

    A l'heure où ce n'est manifestement plus vrai, sa classe politique s'est unanimement orientée vers un discours visant ou promettant le retour au bon vieux temps (probablement car c'est le plus efficace électoralement), ce qui est non seulement impossible mais aussi générateur d'angoisse, la destination semblant s'éloigner à vue d'oeil.

    La conscience politique des citoyens se formant très fortement en fonction de l'offre politique de leur nation, le peuple de France n'a pas d'autre choix que de plonger dans un état d'esprit fébrile et pessimiste, dominé par la perte inévitable d'une partie de ses acquis, là où il pourrait être enthousiasmé et motivé par une participation active à ce nouveau monde.

    Nouveau monde qui demande une créativité et une audace poussée, chose tout bonnement impossible pour un peuple découragé et peu inspiré par ses élites perdues, trop occupées à annihiler toute tentative concrète de création ne sortant pas d'un vieux pot (un peu par habitude, et beaucoup pour ne pas que le peuple réalise qu'il pourrait se passer d'elles dans beaucoup de domaines) tout en jurant de tout faire pour "faire repartir la croissance".

    Un cas comme UberPop est un symbole incroyable. Au-delà des arguments des deux camps, le fond de l'histoire est tragique : l'état vient d'enterrer en toute décontraction un service massivement créateur d'emplois pour en préserver un autre, bien plus petit, qui n'en créé plus depuis longtemps. Sans se demander publiquement UNE SEULE SECONDE si il n'y avait pas, quand même, quelque chose de bien à prendre sur le fond. "Clairement illégal", fin de l'histoire. Le sort des principaux intéressés, chauffeurs et usagers, n'a pas été évoqué.

    Rendez-vous le trimestre prochain pour un bilan sur la croissance.