À propos de l’Histoire de la dette j’ai vu passer d’excellents documents, dont j’ai malheureusement oublié les références. Zenitram, qui se réclame tant de la démocratie, ne sait pas, le malheureux! que le reniement de la dette a joué un grand rôle dans l’établissement des démocraties : Solon a été un personnage clef dans la lente découverte de la démocratie par les Athéniens car il a interdit la servitude pour rembourser la dette. Cette dette elle-même naît d’un partage inégalitaire de la terre, lui-même conséquence d’une explosion démographique causant des problèmes d’héritage (à >2 enfants par femme, y’a morcellement de la terre). On retrouve le même phénomène, avec quelques variantes dans l’avènement des démocraties modernes.
Voilà pourquoi c’est spécifiquement le non, qui est une victoire de la démocratie.
(D’autres facteurs jouent aussi : par exemple la naissance et la diffusion de l’écrit est contemporaine de la démocratie en Grèce antique et en Europe moderne, c’est une condition nécessaire de l’État de droit.)
Ce n’est pas un hasard : la démocratie est un régime qui stipule l’égalité politique. Or la dette est un moyen primitif de réajuster une inégalité de richesse (le riche transfert au pauvre), mais elle s’accompagne d’un devoir moral aboutissant à un rapport social inégalitaire (le créancier entend dicter ses volontés). La démocratie et la remise en cause de la dette (a des degrés divers) finissent par être intimement liées.
# Zenitram et la démocratie
Posté par NicolasG . En réponse au journal Et ce soir, la démocratie l'emporte !. Évalué à 3. Dernière modification le 06 juillet 2015 à 10:44.
À propos de l’Histoire de la dette j’ai vu passer d’excellents documents, dont j’ai malheureusement oublié les références. Zenitram, qui se réclame tant de la démocratie, ne sait pas, le malheureux! que le reniement de la dette a joué un grand rôle dans l’établissement des démocraties : Solon a été un personnage clef dans la lente découverte de la démocratie par les Athéniens car il a interdit la servitude pour rembourser la dette. Cette dette elle-même naît d’un partage inégalitaire de la terre, lui-même conséquence d’une explosion démographique causant des problèmes d’héritage (à >2 enfants par femme, y’a morcellement de la terre). On retrouve le même phénomène, avec quelques variantes dans l’avènement des démocraties modernes.
Voilà pourquoi c’est spécifiquement le non, qui est une victoire de la démocratie.
(D’autres facteurs jouent aussi : par exemple la naissance et la diffusion de l’écrit est contemporaine de la démocratie en Grèce antique et en Europe moderne, c’est une condition nécessaire de l’État de droit.)
Ce n’est pas un hasard : la démocratie est un régime qui stipule l’égalité politique. Or la dette est un moyen primitif de réajuster une inégalité de richesse (le riche transfert au pauvre), mais elle s’accompagne d’un devoir moral aboutissant à un rapport social inégalitaire (le créancier entend dicter ses volontés). La démocratie et la remise en cause de la dette (a des degrés divers) finissent par être intimement liées.