Très bonne question, il "suffit" de revenir à la base pour comprendre: un type passe du temps dans son labo, et au bout d'un moment arrive à résoudre un problème humain avec une machine/un procédé. En tant que société on a décidé de le remercier en le payant pour ses efforts.
En tant que société on devrait surtout lui donner les moyens de travailler à la résolution du problème, pas le laisser dans la débrouille et lui dire après « au fait, merci ». Mais je suis d'accord qu'il est important de reconnaître la contribution de l'inventeur.
Sauf qu'au lieu de lui donner de l'argent, ce qui serait une calamité en matière de gestion (tout simplement parce que personne ne sera d'accord sur le "combien")
J'ai pas compris. Décider à qui on donne l'argent, combien et au nom de quoi, on le fait tout les jours. Ça me paraît être le problème politique de fond derrière le brevet, en fait.
on part du principe que l'inventeur est aussi un bon industriel, et qu'il va donc vendre son procédé.
Postulat qui repose sur quoi ? Je suis d'accord avec toi sur le fait que le brevet a pour conséquence de réserver la recherche à qui dispose d'un gros capital, mais ce me semble être plus l'objectif politique poursuivi par le brevet qu'une situation de départ.
Du coup si on veut vraiment abolir les brevets, il faut revenir aux sources et se demander: comment remercier les inventeurs ? (Je pars du principe qu'on veut bien les remercier, parce qu'on est pas des rats)
Oui. Mais tu ne dis pas ce qu'est un inventeur dans un système où le brevet est aboli ? J'aurais donc tendance à penser qu'il y aurait surtout des gens qui travailleraient à inventer, et ils auraient droit à un salaire (plus élevé par la suite si les inventions sont reconnues). J'ajouterais d'autres questions. Dans quelle recherche faut-il investir ? Qui en décide ? Comment financer ces investissements ?
Le dividende universel suffirait-il ? Ya pas vraiment de "remerciement" dans le sens où l'inventeur n'empoche pas plus que les autres. Mais au moins ça pourrait aider à financer tous ces pauvres inventeurs qui n'ont pas pu aller au bout (voire même commencer) parce qu'ils n'avaient pas les fonds
Nan mais on paye déjà des milliers de chercheurs avec du salaire (ressource monétaire garantie, modulable, reconnaissant du travail). Je vois pas quel progrès un dividende universel pourrait apporter par rapport au salaire, en particulier s'il s'agit de se débarasser du brevet : on ne ferait que remplacer une rente (celle hypothétiquement tirée du brevet, réservée à quelques uns) par une autre (généralisée).
Le don ? Même s'il est vrai qu'il est techniquement infiniment plus facile de donner aujourd'hui qu'à l'époque où les brevets ont été mis en place, je doute sur la viabilité de la chose. D'autant que ça voudrait dire qu'au lieu d'être un industriel, l'inventeur devrait être un "marketeux" pour convaincre les gens de lui donner
Franchement le don j'y crois absolument pas. On voit bien comme les travailleurs du libre galèrent avec les campagnes de financement participatif, et se prennent souvent de grosses bananes.
Moi je serais plutôt pour un mix des deux, avec un bonus si l'inventeur ne brevète pas mais décide juste de faire un papier (pour prouver l'antécédent), tout en punissant bien les officines de brevets qui ne font pas leur boulot autant que ceux qui ne commercialisent pas le fruit du brevet (si le monopole n'est pas utilisé, il doit y avoir sanction et retrait du monopole)
Moi je serais plutôt pour l'abolition pur et simple du brevet, la seule punition que méritent les officines de brevets, et la seule sanction susceptible de mettre un terme à leur action nocive. Généralisation du salaire à tous les inventeurs du territoire, indépendamment de quelque chiffre d'affaire que ce soit, présent ou futur. Les inventeurs salariés n'auraient aucune raison de cacher leur travaux, tandis que la publication leur faciliterait l'accès à un salaire plus élevé. Les travaux ainsi publiés seraient réutilisables par quiconque, sans crainte de quelque poursuite judiciaire : ce serait la fin de tous les juristes en « propriété intellectuelle ». Les différents équipements nécessaires à la recherche, ainsi que les salaires, seraient financés par des côtisations économiques, sur un modèle similaire à celui évoqué ici (pour la presse).
[^] # Re: Protection ?
Posté par thamieu . En réponse au journal Et dire qu'avec le brevet logiciel on est loin de toucher le fond.. Évalué à 3.
En tant que société on devrait surtout lui donner les moyens de travailler à la résolution du problème, pas le laisser dans la débrouille et lui dire après « au fait, merci ». Mais je suis d'accord qu'il est important de reconnaître la contribution de l'inventeur.
J'ai pas compris. Décider à qui on donne l'argent, combien et au nom de quoi, on le fait tout les jours. Ça me paraît être le problème politique de fond derrière le brevet, en fait.
Postulat qui repose sur quoi ? Je suis d'accord avec toi sur le fait que le brevet a pour conséquence de réserver la recherche à qui dispose d'un gros capital, mais ce me semble être plus l'objectif politique poursuivi par le brevet qu'une situation de départ.
Oui. Mais tu ne dis pas ce qu'est un inventeur dans un système où le brevet est aboli ? J'aurais donc tendance à penser qu'il y aurait surtout des gens qui travailleraient à inventer, et ils auraient droit à un salaire (plus élevé par la suite si les inventions sont reconnues). J'ajouterais d'autres questions. Dans quelle recherche faut-il investir ? Qui en décide ? Comment financer ces investissements ?
Nan mais on paye déjà des milliers de chercheurs avec du salaire (ressource monétaire garantie, modulable, reconnaissant du travail). Je vois pas quel progrès un dividende universel pourrait apporter par rapport au salaire, en particulier s'il s'agit de se débarasser du brevet : on ne ferait que remplacer une rente (celle hypothétiquement tirée du brevet, réservée à quelques uns) par une autre (généralisée).
Franchement le don j'y crois absolument pas. On voit bien comme les travailleurs du libre galèrent avec les campagnes de financement participatif, et se prennent souvent de grosses bananes.
Moi je serais plutôt pour l'abolition pur et simple du brevet, la seule punition que méritent les officines de brevets, et la seule sanction susceptible de mettre un terme à leur action nocive. Généralisation du salaire à tous les inventeurs du territoire, indépendamment de quelque chiffre d'affaire que ce soit, présent ou futur. Les inventeurs salariés n'auraient aucune raison de cacher leur travaux, tandis que la publication leur faciliterait l'accès à un salaire plus élevé. Les travaux ainsi publiés seraient réutilisables par quiconque, sans crainte de quelque poursuite judiciaire : ce serait la fin de tous les juristes en « propriété intellectuelle ». Les différents équipements nécessaires à la recherche, ainsi que les salaires, seraient financés par des côtisations économiques, sur un modèle similaire à celui évoqué ici (pour la presse).