• [^] # Re: Je suis homme au foyer et ...

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Sexisme ordinaire sur Linuxfr. Évalué à 1.

    Ton example montre bien en effet que quand on sort du schéma dit classique, les gens ne comprennent pas et n'acceptent pas, et font des remarques. De la même façon, les gens vont sans doute te demander ce que tu as fait pendant tout ce temps si tu reviens au boulot, etc, etc.

    Mais je ne qualifierais pas de "sexisme anti-homme", car ça n'est pas vraiment ce que j’appellerais une expérience commune à tout les hommes. Je ne nie pas qu'il y a un souci, et je pense que ton cas rentre bien dans les théories féministes vu que c'est une conséquence de la déviation du modèle patriarcale typique (ie, la femme à la maison, l'homme au charbon). Mais j'ai juste pas le vocabulaire pour l'exprimer, et je préfère pas dire de connerie (même si je conçois que n'ayant pas les mots pour le dire, ça peut être vu comme une tentative de nier ton expérience, mais c'est pas ce que je veux faire et j'en suis désolé)

    Le souci, c'est pas de savoir comment nommer ce qui t'arrive, ou si ça existe ou pas.
    Le souci, c'est quand des gens font un amalgmae mal venu en qualifiant tout ce qui peut s'appliquer différemment sur 2 personnes de sexe opposé (exemple que j'ai déjà entendu, le fait d'avoir des entrées gratos dans les boites de nuit pour les filles et pas pour les mecs, exemple foireux pour d'autres raisons sur lesquels je vais pas m'attarder) au même plan que les inégalités qu'une femme va avoir à se prendre en continu.
    Parfois, c'est pas des remarques directes, juste des remarques venant de partout, des trucs insidieux, l'image renvoyé par la société, etc, etc. Et surtout, c'est une expérience que beaucoup de femmes partagent. Bien sur, certaines ne les partagent pas pour divers raisons, et ne pigent pas le souci. Certaines ne voient pas, malgré le fait de le subir, ça peut aussi arriver.

    Mais tu peux regarder sur le web, y a eu des rapports parlementaires, ou tu peux juste demander autour de toi, et écouter.

    C'est ça le souci, c'est d'effacer la différence qu'il y a en mettant tout au même niveau sémantique, sur la base de "j'ai eu à subir un truc qui me parait injuste une fois" contre "je nage dans l'injustice". C'est humain, personne n'a envie de se dire "je suis pas quelqu'un de bien", et à partir de la, c'est naurel de vouloir se mettre au même plan. Mais voila, y a des différences. Bien sur, il y a plusieurs axes d'oppressions en dehors du genre des gens, comme la sexualité, l'apparence, l'age, le status socio-économique et ça se combine souvent.

    Mais voila, pour moi, parler de sexisme anti homme, c'est comme parler de racisme anti blanc pour reprendre la formule de Copé. Implicitement, c'est mettre la déportation massive de population d'Afrique et les exclusions qui ont suivis pendant des siècles au même niveau que d'avoir des insultes et/ou des agressions dans certains coins du monde. C'est pas exactement la même échelle, la même durée, le même impact.

    Et au dela de la minimisation du discours, ça détourne la conversation d'un groupe plus fortement et plus souvent opprimé vers un groupe moins fortement et moins opprimé, ce qui en soit est une façon de faire taire le premier groupe au profit du second, et en tant que tel, est une forme d'oppression qui s'ajoute à tout le reste (certes, moins grave qu'une agression violente ou ce genre de choses, mais à mettre dans l'ensemble des choses.

    Tu aurais pu parler de sexisme envers les hommes au foyer, ça m'aurais paru sans doute plus correct, et vachement moins polémique. Et encore une fois, je veux pas dire que ce que tu vis n'est pas un souci. Juste que sexisme anti-homme, ça sert plus souvent à faire taire les féministes qu'à vraiment parler d'un souci majeur.