Exactement. C'est justement le point de départ de quelques constatations intéressantes.
Le fait qu'il y a une différence de sexe n'est pas un problème.
Le fait que les femmes, en moyenne, préfèrent les trucs pas informatiques n'est pas un problème.
Le problème, c'est quand les caractéristiques liées aux femmes sont socialement dévalorisées.
Le terme WAF n'est pas uniquement une remarque neutre sur une différence, c'est également le renforcement d'un préjugé qui va s'exprimer, une fois de plus, négativement envers la femme.
Pourquoi ne pas parler de MEMT, pour Men Electronic Mess Tendancy (ou Husband) ?
Tout d'abord, une telle formulation serait très peu probable, car on préférera par exemple Geek Electronic Mess Tendancy.
Pourtant, si les femmes sont moins attirées par l'électronique, ça implique logiquement que les hommes le sont plus, avec exactement le même écart par rapport à la moyenne (je suppose ~50% de femmes pour ~50% d'hommes). Mais parce que le terme "men" est vu comme neutre alors que le groupe des femmes est vu comme une "marque", le Wife ou Woman apparait plus naturel comme identificateur d'un groupe.
Cela rejoint ce qui est écrit à la fin de cette analyse: http://uneheuredepeine.blogspot.fr/2014/09/le-racisme-comme-systeme.html (lorsqu'il parle de marque)
ou ce constat: http://tools.aldarone.fr/share/?CFdp9w (le fait que les termes "homme" ou "blanc" sont naturellement pas utilisé pour identifié un personnage, parce que "homme" et "blanc" sont les caractéristiques "par défaut", "neutre")
Avec WAF, cela donne l'impression que les hommes veulent faire un choix légitime, mais, à cause de leur femme, se voient restreint.
Alors que dire l'inverse aurait été tout à fait possible: les couples veulent avoir un environnement agréable pour tout les deux, mais à cause de l'homme (ou du mari) la femme doit supporter ses choix irrationnels.
Évidemment, on pourrait dire que dans un environnement neutre, on devrait avoir 50% de formulation négative envers les femmes, et 50% de formulation négative envers les hommes, et que c'est par hasard que WAF est négatif envers les femmes. Mais on n'est pas dans un environnement neutre. Comme dit dans le journal: le problème, c'est la somme de toutes ces petites choses qui, prises individuellement, ne semblent pas importantes ou significatives.
Un dernier élément intéressant, c'est la perception des achats et choix irrationnels. Le préjugé est que les femmes sont plus soumises à ce genre de chose (achat de vêtements, de chaussures, ...). Pour une fois qu'on a un phénomène justement identique, on le traite alors différemment en soulignant un autre préjugé de la femme: le fait qu'elle cherche à contrôler son mari et que celui-ci doit se résigner.
Tu parles de mélange entre inégalité et différence. Mais justement, ici, le WAF souligne un comportement identique, pas différent, entre les hommes et les femmes (le fait de faire des choix irrationnels dans les achats). Et pourtant, la façon d'illustrer ces mêmes comportements est différente.
[^] # Re: Où est le sexisme
Posté par j-c_32 . En réponse au journal Sexisme ordinaire sur Linuxfr. Évalué à 4.
Exactement. C'est justement le point de départ de quelques constatations intéressantes.
Le fait qu'il y a une différence de sexe n'est pas un problème.
Le fait que les femmes, en moyenne, préfèrent les trucs pas informatiques n'est pas un problème.
Le problème, c'est quand les caractéristiques liées aux femmes sont socialement dévalorisées.
Le terme WAF n'est pas uniquement une remarque neutre sur une différence, c'est également le renforcement d'un préjugé qui va s'exprimer, une fois de plus, négativement envers la femme.
Pourquoi ne pas parler de MEMT, pour Men Electronic Mess Tendancy (ou Husband) ?
Tout d'abord, une telle formulation serait très peu probable, car on préférera par exemple Geek Electronic Mess Tendancy.
Pourtant, si les femmes sont moins attirées par l'électronique, ça implique logiquement que les hommes le sont plus, avec exactement le même écart par rapport à la moyenne (je suppose ~50% de femmes pour ~50% d'hommes). Mais parce que le terme "men" est vu comme neutre alors que le groupe des femmes est vu comme une "marque", le Wife ou Woman apparait plus naturel comme identificateur d'un groupe.
Cela rejoint ce qui est écrit à la fin de cette analyse: http://uneheuredepeine.blogspot.fr/2014/09/le-racisme-comme-systeme.html (lorsqu'il parle de marque)
ou ce constat:
http://tools.aldarone.fr/share/?CFdp9w (le fait que les termes "homme" ou "blanc" sont naturellement pas utilisé pour identifié un personnage, parce que "homme" et "blanc" sont les caractéristiques "par défaut", "neutre")
Avec WAF, cela donne l'impression que les hommes veulent faire un choix légitime, mais, à cause de leur femme, se voient restreint.
Alors que dire l'inverse aurait été tout à fait possible: les couples veulent avoir un environnement agréable pour tout les deux, mais à cause de l'homme (ou du mari) la femme doit supporter ses choix irrationnels.
Évidemment, on pourrait dire que dans un environnement neutre, on devrait avoir 50% de formulation négative envers les femmes, et 50% de formulation négative envers les hommes, et que c'est par hasard que WAF est négatif envers les femmes. Mais on n'est pas dans un environnement neutre. Comme dit dans le journal: le problème, c'est la somme de toutes ces petites choses qui, prises individuellement, ne semblent pas importantes ou significatives.
Un dernier élément intéressant, c'est la perception des achats et choix irrationnels. Le préjugé est que les femmes sont plus soumises à ce genre de chose (achat de vêtements, de chaussures, ...). Pour une fois qu'on a un phénomène justement identique, on le traite alors différemment en soulignant un autre préjugé de la femme: le fait qu'elle cherche à contrôler son mari et que celui-ci doit se résigner.
Tu parles de mélange entre inégalité et différence. Mais justement, ici, le WAF souligne un comportement identique, pas différent, entre les hommes et les femmes (le fait de faire des choix irrationnels dans les achats). Et pourtant, la façon d'illustrer ces mêmes comportements est différente.