• [^] # Re: Compte demandé

    Posté par . En réponse au journal Grammalecte needs you !. Évalué à 3.

    Ça serait un super bouquin ? Faut que je le soutienne, sinon il ne verra pas le jour

    Du point de vue de l'éditeur, c'est plutôt "Il est risqué de financer un bouquin sans savoir s'il va se vendre. Si on arrive à le vendre avant de le produire, ce risque n'existe plus. Faisons croire à ces pigeons que c'est avantageux pour eux".

    En gros, tu fais porter le risque sur le lecteur et/ou l'auteur. Il n'y a plus d'investisseur, et donc plus de rémunération du risque. Je suis d'accord pour dire que c'est un modèle différent, mais j'ai du mal à voir en quoi il est meilleur que le modèle classique.

    un tirage photo, un dessin unique, une édition limitée...

    Mouais mouais mouais, des trucs qui ne valent rien à produire mais qui prendraient "magoqiement" de la valeur. D'un côté, il y a un discours "débarrassons-nous des intermédiaires, nous n'avons pas besoin de toute cette machinerie capitalistico-industrielle de l'édition", et puis, dans la même phrase, on appuie sur une logique de spéculation possible sur la base d'une rareté artificiellement introduite (tes goodies n'ont pas de valeur intrinsèque, c'est la promesse de l'édition limitée qui leur donne une valeur de revente potentielle, bien hypothétique d'ailleurs sur un tel marché de niche).

    payer une fonctionnalité logiciel, qui n'existera pas sinon.

    Dans ce cas, on peut le présenter comme ça. Mais pour bien faire, il faudrait une liste de fonctionnalités, et un prix pour chacune d'entre elles ; quand on atteint le seuil le développeur se lance. Honnêtement, je ne sais pas si un tel système pourrait constituer un business model sérieux.

    dans nos sociétés occidentales, les classes >= moyennes ont effectivement (beaucoup) trop d'argent !

    Trop de pouvoir d'achat matériel, c'est tout à fait vrai (on peut acheter à peu près n'importe quel objet plus ou moins électronique et plus ou moins jetable). C'est déja un peu moins vrai si on s'intéresse aux vrais objets pérennes, et presque faux quand on parle de service (typiquement, payer quelqu'un pour faire quelque chose). C'est ça le drame de nos sociétés, les objets coutent tellement peu qu'il vaut mieux les jeter que de les réparer. Un ordinateur coûte une heure de salaire de programmeur (allez, deux si le programmeur est mal payé) ; comment veux-tu expliquer aux gens qu'ils peuvent avoir un ordi pour 300€ mais qu'il leur faudrait payer 1000€ pour que quelqu'un corrige un bug dans un logiciel?