• [^] # Re: Diminution très nette des nouveaux linuxiens sur Linuxfr.org

    Posté par . En réponse au sondage En quelle année êtes-vous passé(e) à GNU/Linux (ou autre système libre) ?. Évalué à 2.

    Je souscris pleinement à cette analyse. Je rajouterais aussi que le profil "type" de linuxfr est relativement conservateur et élitiste, ce qui peut effrayer le linuxien débutant.

    Mon avis personnel est que Linux ne se démocratisera jamais sur le bureau tant qu'il ne sera pas préinstallé en usine, et qu'il faudra encore taper ici et là des commandes pour que tout fonctionne. Ce bidouillage serait inadmissible sous Windows ou OSX, et c'est la hauteur à laquelle Canonical et RedHat (via Fedora) doivent mettre la barre pour Linux si on veut espérer vraiment percer. Tout doit marcher tout seul et tout le temps, sans mauvaise surprise.

    Une autre question se pose donc, plus douloureuse... Qu'attendons-nous de Linux ? Un état d'esprit, une communauté, comme une bande de bikers qui prennent leur pied à bricoler leur Harley comme on fait des mises à jour continuelles et bidouillons des scripts sur une Arch hyper custom ? Ou alors un think-tank discutant d'un OS qui devient progressivement un réel concurrent d'OSX sur le bureau... un OS qui marche tout seul, qui est standard, qui passe inaperçu mais qui est donc... mainstream... Or je sens tant de plaisir à se singulariser, à avoir des postes de travail incompréhensibles et donc impressionnant pour le quidam.

    J'ai débuté Linux en 2000 avec une RH6.2. Je suis passé à Debian assez rapidement, puis Debian SID, puis Arch à partir de 2010. Je suis enfin passé sur Ubuntu avec la 12.04 LTS, première distribution où l'effet "just works" s'est vraiment fait sentir, et selon moi première distribution recommandable pour tous. Première distribution également où j'ai pu oublier que je tournais sous Linux et juste travailler normalement au quotidien, ce qui m'a permis de migrer toute ma boite sous Ubuntu sans en perdre le sommeil.
    J'ai réalisé que c'est le plus gros service que j'ai pu rendre à la communauté, car presque personne n'aurait eu une bonne impression de Linux si je les avais bazardé sur les terrains minés des distributions élitistes, qui se seraient soldé par un échec et un renforcement des préjugés. Je peux aujourd'hui venir en clientèle avec mon poste sous Linux et démolir des préjugés devant l'audience parce que tout marche toujours impeccablement sans jamais devoir ouvrir un terminal. Ce genre de publicité compte, elle fait passer Linux pour une alternative crédible à Windows et OSX et non à un OS serveur ou un jouet de geeks et de barbus.
    Au final, mon expérience me conduit à penser que l'élitisme est un problème majeur du monde open-source. Linuxiens, ne faites pas dans la surenchère élitiste, vous ne rendez pas service à la communauté. Il n'y a pas de honte à choisir Ubuntu, bien au contraire.