De Gaulle était très bon en politique étrangère pure (à l'ancienne mode, avec des diplomates et des militaires), et à l'époque c'était plus important qu'aujourd'hui. En bon militaire, il a pris des décisions très bonnes pour assurer l'indépendance de la France dans ce domaine:
1- finir la bombe atomique, commencée par la IVe république.
2- construire les vecteurs nécessaires à la bombe, chose sur laquelle les politocards de la IVe avaient fait l'impasse. Ca s'est traduit par le Mirage IV, puis le programme de missiles ballistiques français, lequel a débouché sur Ariane.
3- quitter l'OTAN sans quitter pour autant l'Alliance Atlantique.
tout ça, c'était très positif, et ça explique que la France était plus respectée avant qu'après, et il est certain que la politique de réduction des budgets militaires à tout va ("toucher les dividendes de la paix") dans les années 80 et 90, parce qu'elle a été excessive, a énormément réduit le crédit de la France en la matière, ce qui nous a d'ailleurs conduit à réintégrer l'OTAN, et, ipso facto, à nous retrouver à la traine des américains (ya qu'à voir comment on est ridicules dans cette histoire avec l'Iraq, où on proclame haut et fort qu'on veut pas les suivre, mais qu'on sait pertinament qu'on va être bien obligés de le faire).
Mais De Gaulle, c'était aussi une vaste tanche en économie. Si il avait très bien compris les implications de l'économie de marché, du système de consommation des "trentes glorieuses" (souvenez vous du "ce que la ménagère veut, c'est un réfrigérateur et une machine à laver"), en revanche, il n'avait rien compris du tout au "managment" et à la finance (à l'exception notable du nouveau franc, merci Rueff). Il a ainsi fait deux grosses erreurs:
1- attaquer les Etats Unis avec l'or, en essayant d'accumuler des réserves plus importantes en France... ça a lamentablement échoué, car ça résultait d'une énorme erreur d'analyse, comme d'ailleurs démontré par la suite par Nixon quand il a dégagé le dollar de sa parité or (en 1971 si ma mémoire est bonne).
2- envers et contre tout, maintenir le Plan. Eh oui, en France on a eu une économie planifiée, on l'oublie souvent. Il y a d'ailleurs toujours un commissariat au Plan (qui dit beaucoup moins de stupidités maintenant qu'on lui a ôté la plupart de ses pouvoirs). Ce "machin" a produit parmi les pires stupidités qu'on ait faites en France, comme par exemple ce qui est décrit dans un autre post à propos des composants, du silicium, etc.
Deux ou trois détails:
le Concorde n'est pas français, il est franco-britannique. le Tupolev 144 auquel tu fais allusion était une vraie copie du Concorde, et on a d'ailleurs choppé les espions du KGB et leurs informateurs (français), à l'époque (pour la petite histoire, juste avant que soit dessiné le nez du Concorde, ce qui était la seule différence entre les deux avions, en dehors de la qualité plus que merdique des métaux et alliages soviétiques, ce qui a provoqué la plupart des emmerdes du Tu-144). Airbus n'est pas français, Ariane n'est pas français... bref, toutes les vraies réussites économiques sont européennes. Mais maintenant, si on veut préserver ça et aller plus loin, va falloir la faire cette Europe intégrée, et si il n'y a que l'Allemagne, la France et le Benelux, ben ça me suffit.
Sinon, un gaullisme européen, ça me plairait bien...
Pour finir, je vais répondre à deux autres posts, brièvement:
1- concernant les réseaux de relation, il est vrai que c'est important, mais ce n'est pas suffisant, loin de là, notamment parce que les grandes écoles françaises ont énormément augmenté la taille de leurs promos, et ensuite parce que la diversité des diplômes représentés dans les grandes entreprises et l'état français est souvent plus importante qu'on ne croit. Bref, au final, si il y a un [X|ENA|Centrale|Supelec|Mines-Ponts-ENSTA|HEC|Essec] chez Mandrake et un chez Microsoft (par ex.).. match nul, la balle au centre. Et puis n'oublie pas de rajouter les réseaux maçonniques aussi....
2- concernant le capitalisme ultralibéral. d'une part, les méthode utilisées par les US pour s'assurer le contrôle de certaines boites, comme GemPlus, n'ont absolument rien de capitaliste ultralibéral, il s'agit d'un bon vieil impéralisme bien lourdingue, qui ne fait pas particulièrement dans la finesse. C'est même totalement opposé au capitalisme ultralibéral comme attitude (ça s'appelle, il parait, de la realpolitik moderne). De plus on peut être capitaliste sans être ultralibéral. Et enfin, si tu veux pas être capitaliste, va faire un tour dans un pays de l'ex-URSS, tu verras, c'est édifiant (ça, ça va en faire hurler, je le sens).
[^] # Re: Ca me donne anvie de chialer :(
Posté par anonyme512 . En réponse à la dépêche Quand nos politiciens ouvriront les yeux.... Évalué à 6.
De Gaulle était très bon en politique étrangère pure (à l'ancienne mode, avec des diplomates et des militaires), et à l'époque c'était plus important qu'aujourd'hui. En bon militaire, il a pris des décisions très bonnes pour assurer l'indépendance de la France dans ce domaine:
1- finir la bombe atomique, commencée par la IVe république.
2- construire les vecteurs nécessaires à la bombe, chose sur laquelle les politocards de la IVe avaient fait l'impasse. Ca s'est traduit par le Mirage IV, puis le programme de missiles ballistiques français, lequel a débouché sur Ariane.
3- quitter l'OTAN sans quitter pour autant l'Alliance Atlantique.
tout ça, c'était très positif, et ça explique que la France était plus respectée avant qu'après, et il est certain que la politique de réduction des budgets militaires à tout va ("toucher les dividendes de la paix") dans les années 80 et 90, parce qu'elle a été excessive, a énormément réduit le crédit de la France en la matière, ce qui nous a d'ailleurs conduit à réintégrer l'OTAN, et, ipso facto, à nous retrouver à la traine des américains (ya qu'à voir comment on est ridicules dans cette histoire avec l'Iraq, où on proclame haut et fort qu'on veut pas les suivre, mais qu'on sait pertinament qu'on va être bien obligés de le faire).
Mais De Gaulle, c'était aussi une vaste tanche en économie. Si il avait très bien compris les implications de l'économie de marché, du système de consommation des "trentes glorieuses" (souvenez vous du "ce que la ménagère veut, c'est un réfrigérateur et une machine à laver"), en revanche, il n'avait rien compris du tout au "managment" et à la finance (à l'exception notable du nouveau franc, merci Rueff). Il a ainsi fait deux grosses erreurs:
1- attaquer les Etats Unis avec l'or, en essayant d'accumuler des réserves plus importantes en France... ça a lamentablement échoué, car ça résultait d'une énorme erreur d'analyse, comme d'ailleurs démontré par la suite par Nixon quand il a dégagé le dollar de sa parité or (en 1971 si ma mémoire est bonne).
2- envers et contre tout, maintenir le Plan. Eh oui, en France on a eu une économie planifiée, on l'oublie souvent. Il y a d'ailleurs toujours un commissariat au Plan (qui dit beaucoup moins de stupidités maintenant qu'on lui a ôté la plupart de ses pouvoirs). Ce "machin" a produit parmi les pires stupidités qu'on ait faites en France, comme par exemple ce qui est décrit dans un autre post à propos des composants, du silicium, etc.
Deux ou trois détails:
le Concorde n'est pas français, il est franco-britannique. le Tupolev 144 auquel tu fais allusion était une vraie copie du Concorde, et on a d'ailleurs choppé les espions du KGB et leurs informateurs (français), à l'époque (pour la petite histoire, juste avant que soit dessiné le nez du Concorde, ce qui était la seule différence entre les deux avions, en dehors de la qualité plus que merdique des métaux et alliages soviétiques, ce qui a provoqué la plupart des emmerdes du Tu-144). Airbus n'est pas français, Ariane n'est pas français... bref, toutes les vraies réussites économiques sont européennes. Mais maintenant, si on veut préserver ça et aller plus loin, va falloir la faire cette Europe intégrée, et si il n'y a que l'Allemagne, la France et le Benelux, ben ça me suffit.
Sinon, un gaullisme européen, ça me plairait bien...
Pour finir, je vais répondre à deux autres posts, brièvement:
1- concernant les réseaux de relation, il est vrai que c'est important, mais ce n'est pas suffisant, loin de là, notamment parce que les grandes écoles françaises ont énormément augmenté la taille de leurs promos, et ensuite parce que la diversité des diplômes représentés dans les grandes entreprises et l'état français est souvent plus importante qu'on ne croit. Bref, au final, si il y a un [X|ENA|Centrale|Supelec|Mines-Ponts-ENSTA|HEC|Essec] chez Mandrake et un chez Microsoft (par ex.).. match nul, la balle au centre. Et puis n'oublie pas de rajouter les réseaux maçonniques aussi....
2- concernant le capitalisme ultralibéral. d'une part, les méthode utilisées par les US pour s'assurer le contrôle de certaines boites, comme GemPlus, n'ont absolument rien de capitaliste ultralibéral, il s'agit d'un bon vieil impéralisme bien lourdingue, qui ne fait pas particulièrement dans la finesse. C'est même totalement opposé au capitalisme ultralibéral comme attitude (ça s'appelle, il parait, de la realpolitik moderne). De plus on peut être capitaliste sans être ultralibéral. Et enfin, si tu veux pas être capitaliste, va faire un tour dans un pays de l'ex-URSS, tu verras, c'est édifiant (ça, ça va en faire hurler, je le sens).