• [^] # Re: externalisation <=> compétences

    Posté par . En réponse au journal On vient de passer un seuil économique pour la sauvegarde en ligne !. Évalué à 3.

    Éparpiller les sources de pollutions nivelle la destruction globale de l'environnement : cela diminue les disparités, et tu ne te retrouves pas avec des zones cramés, et d'autres vierges.

    Non. Une bonne partie des pollutions sont traitables par l'environnement et c'est uniquement leur concentration qui fait qu'elles dépassent ces capacités de traitement (et s'accumulent), capacités de traitement d'ailleurs réduites à peau de chagrin dans les zones les plus urbanisées/concentrées. De plus, certaines de ces pollutions sont générées uniquement du fait des grandes villes (des grandes agglomérations, plutôt) : c'est là qu'on trouve normal de passer 2 heures chaque jour à faire tourner son véhicule, alors que dans une petite ville, soit on peut tout faire à pied ou à vélo, soit on passe 5 mn dans son véhicule. C'est là aussi que le rapport entre l'espace pris, artificialisé et imperméabilisé par la voiture et ses infrastructures et l'espace total est le plus élevé.

    En outre, tu favorises l'étalement urbain, ce qui a un impact sur la biodiversité, les surfaces agricoles, et la capacité de traitement de la pollution des espaces naturels.

    Non plus. L'étalement urbain est dû à un mode de vie : principalement la civilisation de la bagnole, suivi du besoin de voir un peu d'herbe autour de chez soi (que l'on peut trouver hors de chez soi dans un village ou une petite ville, mais pas dans une grande ville où on l'a chez soi ou nulle part) à n'importe quel prix, du zonage, du rapport aux autres1 et enfin de la France-de-propriétaire. Et ça se passe principalement autour des grandes villes qui en quelque sorte là encore « concentrent l'étalement » : quand c'est 500 m autour d'une petite ville, ce n'est pas formidable, mais ça passe ; quand c'est une nappe quasi-continue de 20 km de rayon autour d'une grande ville...

    Mais plus de pollution, c'est plus de destruction, éparpillée ou pas.

    Toujours pas et pas toujours.

    À l'inverse, dans les villes du nord de l'Europe, très étalées, la verdure est partout hormis l'hypercentre (et encore), camouflant pas mal et jouant ses divers rôles. Nous on a allié les deux modèles en prenant le pire des deux.


    1. comparer deux villes, une espagnole et une française. Si je prend ma « capitale » locale, elle doit faire 7 km de diamètre (et encore, plutôt 10 ou 15 km vu que maintenant elle rejoint les communes adjacentes le long des routes principales...) pour 7 à 8000 habitants (un noyau et des km de pavillons/villas et de zones artisanales/commerciales immondes). De l'autre côté des Pyrénées, autre « capitale » locale, 50000 habitants. Celle-ci fait 4 km de diamètre (peu de différence entre le noyau et les constructions modernes, pas de transition pavillonnaire entre ville et campagne, assez peu de ZAC merdiques) : même si tu es au centre du centre du centre, tu peux atteindre les champs en marchant, tu peux aller te balader à vélo, bref tu peux t'aérer, avoir ta dose d'herbe en quelques minutes sans avoir besoin d'en privatiser un bout.