• [^] # Re: Aparté

    Posté par . En réponse à la dépêche Un peu plus de sécurité sous Linux. Évalué à -5.

    Qui n'est que du vent et tourne en rond. Lui et moi te disons qu'on a eu une lecture non genré de la chose, tu persistes à nous dire que ce n'est pas le cas. Bref, tu lis ce que tu veux bien y lire, et en plus tu imposes ta lecture déformée aux autres.

    Non, je dis juste qu’on peut croire être impartial·e sans l’être. En voyant un homme énervé on pensera plus souvent qu’il a une bonne raison, on verra plus souvent une femme énervée comme hystérique, pourtant on pensera être impartial·e (j’avais lu une étude sur ce sujet mais je ne la retrouve pas).

    Ce que je dis ça n’est pas du vent, c’est que le langage a une grosse influence sur les gens. Peu importe ce que tu penses, tu es influencé, ce qu’il faut c’est en être conscient.

    Un paragraphe pour me dire que je suis un·e égoïste qui ne comprend pas le français obsédé par le sexe (alors que je parle toujours de genre depuis le début, mais bon), t’aurais pu faire plus court.

    Je n'ai pas parlé de sexe, mais de sexualisation. C'est à dire que vous rapportez tout au sexe, même ce qui n'a rien à y voir. L'académie française l'a pourtant écrit (et je l'ai cité plus haut),

    Je ne comprends pas, je te dis que je parle de genre et pas de sexe, et tu me dis que je rapporte tout au sexe?

    là où il est écrit genre masculin et genre féminin, il faut lire en réalité genre non marqué et genre marqué.

    Hé bien le genre non-marqué n’est pas un neutre. C’est un masculin qui fait office de genre par défaut, pas un neutre (qui par définition n’a aucun rapport avec le masculin ou le féminin, sinon il n’est plus neutre).

    Je préfère les langues dans lesquels je n’ai pas à me préoccuper du genre, des langues qui ne nous forcent pas à nous identifier à l’une ou l’autre catégorie homme/femme.

    Malheureusement le français n’en fait pas partie alors on fait ce qu’on peut pour pallier à ça, mais c’est super compliqué et on a des tas de gens qui ne semblent pas y connaitre grand chose nous disent qu’on fait de la merde. Alors qu’on a passé des heures et des heures à lire des articles sur le féminisme et la transidentité, et les biais de la langue.

    Si tu n'aimes pas la richesse du Français, et que tu préfères te contenter d'une langue bien plus fade et exprimant bien moins de nuances, libre à toi d'aller en apprendre une autre, personne ne te force.

    Le genre grammatical binaire en français me permet d’exprimer... deux nuances. Et ça empêche d’écrire facilement un texte à propos d’une personne non-binaire ou d’une personne dont on ne connait pas le genre. Je ne considère donc pas cela comme une richesse mais plutôt comme une malédiction.

    L’écriture non-sexiste au contraire essaie de permettre cela au travers des possibilités restreintes de la langue française.

    Après, si tu préfères imposer aux autres de changer, il ne faut pas t'étonner de te heurter à leur résistance.

    Mais je ne forces pas les gens à changer, j’essaie de leur faire comprendre que l’écriture non-sexiste est peut-être pas sorti d’un chapeau (on se fait pas chier pour se faire plaisir), mais qu’elle est le fruit d’une réflexion. On essaie juste de faire accepter cette écriture comme valide et qu’on arrête de crier au complot féministe à chaque fois.

    Surtout quand, encore une fois, la (grosse) majorité ne partage pas ta vision sexualisée des choses,

    C’est la culture genrée de la langue française.

    et que de plus, les changements injustifiés que tu réclames le seraient pour ne pas heurter la sensibilité de quelques individualités à la marge.

    Il ne s’agit de politiquement correct, il s’agit de respect. Tu respectes tellement les femmes que tu trouves ça bien qu’elles soient inclues dans le masculin. Tu respectes tellement les personnes non-binaires que tu penses qu’elles se sentent bien représentées dans le masculin universel.

    Comme si ce qui était écrit signifiait purement et simplement ce qui était écrit, comme si le fond n’existait qu’en lui-même sans forme, sans mots, sans connotations, sans phrase, sans orientation.

    Là, tu avoues clairement que c'est l'interprétation que vous faites des choses.

    Non, je dis que la forme influe notre perception du fond.

    Et par extension, on en arrive vite au fait que si l'auteur n'a pas pris une héroïne noire, c'est que c'est un raciste mysogyne. Ou qu'un schtroumpf noir est raciste.

    Mais qu’est-ce que tu racontes?

    Quels privilèges ? Celui d'être un mâle blanc ? Privilèges par rapport à qui ? Par rapport à la femelle blanche ? Par rapport aux autres mâles non-blancs ? Pourrais-tu détailler les privilèges à en être un ?

    Tiens cadeau. Tu as le droit le consulter les énormes privilèges que tu as en tant qu’homme blanc cisgenre.

    En tant qu’homme, tu as des privilèges par rapport aux femmes, en tant que blanc tu as des privilèges par rapport aux personnes d’une autre couleur de peau, étant cisgenre tu as des privilèges par rapport aux personnes transgenres, et si tu es hétérosexuel bien sûr tu as des privilèges par rapport aux personnes homosexuels.

    Je m'accommode très bien de quelques fautes involontaires, j'en fais d'ailleurs pas mal de mon côté. J'ai beaucoup plus de mal lorsqu'elles sont volontaires et/ou assumées, que ce soit par flemme de faire un minimum d'efforts lors de la rédaction, ou par volonté manifeste de se livrer à un combat idéologique que l'on impose à ses lecteurs.

    Donc tu t’accommodes de la nullité orthographique, mais pas de la volonté, peut-être maladroite, de vouloir participer à un monde plus juste? Tu assimiles la création d’une typographie à une faute? (donc le néologisme est aussi une faute?)

    Le masculin comme genre par défaut c’est normal, par contre une tentative de représenter les deux genres est un «combat idéologique» (comme si c’était violent?). On impose pas un combat à ses lecteurs/trices, on montre qu’on prend une part active dans le combat (et on se fait insulter au passage, mais passons).

    En lisant on accepte la prose de l’auteur, donc pourquoi pas ses mots et sa typographie? Elle font partie du style de l’auteur après tout. On peut s’en détacher, l’analyser, l’accepter ou la rejeter, comme n’importe quelle opinion de n’importe quelle personne.

    Tout autant que le privé, la langue est politique, et ne rien faire ça n’est pas être neutre, mais faire partie du problème.

    J’avoue que je ne comprends pas cet argument. Ça ne m’a jamais gêné, même avant d’être féministe convaincu, et même si c’était le cas, on s’habitue très vite (ou alors je me ferais du soucis quant à tes capacités intellectuelles).

    Mes capacités intellectuelles me font au contraire me tenir à l'écart de pas mal de bêtises, et rejeter pas mal de propagandes insidieuses. En clair, je ne vois aucun aspect pratique à ta formulation sexualisée des choses, et pire, j'y vois une propagande injustifiée.

    Si ce qu’on appelle «langage non sexiste» tu l’appelles «propagande», alors tu participes à ton insu à une propagande. Celle qui stipule que le masculin = neutre et/ou genre par défaut.

    L’un ou les deux parents peuvent être transgenres.

    À part le cas très rare et ambiguë de l'hermaphrodisme

    On préfère éviter par respect le terme hermaphrodisme.

    J'ai l'impression que c'est un problème de définition là, alors voici les miennes (enfin, celles du wiktionnaire) :
    Père : Mâle ayant fécondé un ovule qui a donné naissance à un enfant.
    Mère : Femme qui a donné naissance à au moins un enfant.

    Si tu ne va plus loin que la première définition dans un dictionnaire (la deuxième définition: personne qui va élevé l’enfant), j’appelle ça de la mauvaise fois. Par ailleurs le problème avec les définitions c’est qu’elles ne collent pas toujours avec la réalité.

    Une personne transgenre s’identifie à un genre différent de celui qu’on lui a assigné à la naissance, c’est-à-dire dans notre société celui qui va avec son sexe (pénis/homme, clitoris/femme). Comme pour n’importe quelle autre personne, on la genre selon... son genre.

    De ce fait, on utilisera le terme «père» pour un homme, «mère» pour une femme, peu importe leurs organes génitaux, leur chromosomes et leur apparence physique. Les parents, c’est bien sûr ceux qui ont engendré l’enfant, mais c’est aussi ceux qui élève l’enfant. Si un parent révèle qu’il ou elle s’identifie à l’autre genre binaire, alors le père se fera appeler la mère et vice-versa.

    Écrit en Bépo selon l’orthographe de 1990