Ben justement, il n'y a pas assez de psychiatres en France pour suivre un français sur 4. Et les psychologues, n'étant pas médecins, n'ont pas le droit de prescrire des médicaments (les psychotropes ont aussi des effets secondaires pas du tout psychologiques, il faut donc les évaluer et les prendre en charge comme pour tout médicament, et c'est une tâche médicale).
Résumons : on a une quantité annoncée de médicaments incompatible avec le nombre de psychiatres (je te fais confiance sur le chiffre, je ne suis pas allé contrôler). Qui les prescrit ? Réponse : les médecins généralistes. Pourquoi les prescrire ? Précisément parce que c'est ce qu'ils savent faire, prescrire.
Au cours de sa formation, un médecin apprend à rechercher et à prendre en charge des centaines de maladies, à manipuler des centaines de médicaments, à composer avec la demi-tonne d'acteurs de la santé en France. Il n'y a humainement pas le temps de mettre de la psychologie dans la formation. On aimerait bien, hein, mais le cursus est déjà tellement chargé que ce serait forcément au détriment d'une autre connaissance. Et je préfère un médecin qui sait prendre en charge ma maladie à un médecin qui sait m'écouter. Parce que pour l'écoute, on peut, justement, aller chez le psy, alors que le psy ne pourra pas prendre en charge le diabète.
Donc du coup, quand il est confronté à un patient qui est déprimé, triste, dont la vie ne va pas fort, il écoute, il pèse le pour et le contre, mais à la fin, il prescrit. Il ne s'agit pas toujours de psychotropes très puissants : il y a de tout dans les psychotropes. Il ne faut pas croire que ça transforme totalement la vision du monde : en fait, la plupart des psychotropes manquent d'efficacité.
Si le patient voyait, justement, un psychiatre, sans doute que ce dernier saurait quand prescrire et quand ne pas prescrire. Ça fait partie du métier de savoir quand s'abstenir. Mais des énormités comme "seuls les psychiatres ont le droit de dire la messe", ça témoigne d'une grosse incompréhension de la psychiatrie, et rien d'autre.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Trop de chefs: pas assez d'indiens !
Posté par Liorel . En réponse au journal [HS] Des chefs et des chamans. Évalué à 2.
Ben justement, il n'y a pas assez de psychiatres en France pour suivre un français sur 4. Et les psychologues, n'étant pas médecins, n'ont pas le droit de prescrire des médicaments (les psychotropes ont aussi des effets secondaires pas du tout psychologiques, il faut donc les évaluer et les prendre en charge comme pour tout médicament, et c'est une tâche médicale).
Résumons : on a une quantité annoncée de médicaments incompatible avec le nombre de psychiatres (je te fais confiance sur le chiffre, je ne suis pas allé contrôler). Qui les prescrit ? Réponse : les médecins généralistes. Pourquoi les prescrire ? Précisément parce que c'est ce qu'ils savent faire, prescrire.
Au cours de sa formation, un médecin apprend à rechercher et à prendre en charge des centaines de maladies, à manipuler des centaines de médicaments, à composer avec la demi-tonne d'acteurs de la santé en France. Il n'y a humainement pas le temps de mettre de la psychologie dans la formation. On aimerait bien, hein, mais le cursus est déjà tellement chargé que ce serait forcément au détriment d'une autre connaissance. Et je préfère un médecin qui sait prendre en charge ma maladie à un médecin qui sait m'écouter. Parce que pour l'écoute, on peut, justement, aller chez le psy, alors que le psy ne pourra pas prendre en charge le diabète.
Donc du coup, quand il est confronté à un patient qui est déprimé, triste, dont la vie ne va pas fort, il écoute, il pèse le pour et le contre, mais à la fin, il prescrit. Il ne s'agit pas toujours de psychotropes très puissants : il y a de tout dans les psychotropes. Il ne faut pas croire que ça transforme totalement la vision du monde : en fait, la plupart des psychotropes manquent d'efficacité.
Si le patient voyait, justement, un psychiatre, sans doute que ce dernier saurait quand prescrire et quand ne pas prescrire. Ça fait partie du métier de savoir quand s'abstenir. Mais des énormités comme "seuls les psychiatres ont le droit de dire la messe", ça témoigne d'une grosse incompréhension de la psychiatrie, et rien d'autre.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.