Je pense que c'est faux ; les majors sont en position de force pour 1) assurer les campagnes de promotion dans un monde saturé de publicités et de sollicitations, 2) exploiter son catalogue pour en tirer des revenus (négociations avec les sociétés d'auteurs, avec les plateformes de téléchargement et de streaming, etc), 3) respecter et faire respecter les droits patrimoniaux (il n'y a qu'à aller voir sur des plateformes "libres" à quel point les auteurs sont désarmés face aux violations de licence), et 4) organiser la "vie commerciale" de l'artiste (organiser les concerts, les passages dans les médias, les affiches, les pochettes, les séances de dédicace, etc). La seule alternative pour faire vivre un artiste avec un minimum de notoriété serait de créer une entreprise, avec des secrétaires, des agents, des juristes, des commerciaux, des comptables, etc, en assurant à tout ce petit monde un revenu régulier. Ça me semble très compliqué, et ça impose aux artistes de gérer leur propre entreprise (quand travaillent-ils sur leurs œuvres?). Évidemment, les artistes pourraient se regrouper, signer des contrats avec des producteurs, mutualiser les juristes et les comptables... bref, créer des majors.
Je pense qu'il ne faut pas rêver, il ne faut pas non plus être manichéen : dans le monde actuel, l'industrie de la culture parasite évidemment les artistes et fait vivre une foultitude de "bullshit jobs" en plus des actionnaires ; mais en contrepartie, elle apporte un professionalisme et une efficacité incomparable, qu'il est impossible d'avoir avec une microstricture. À part la version hippie qui consiste à faire de la musique dans le Larzac et vivre de sa production de fromages de chèvre, je doute qu'un artiste puisse émerger, exister, et vivre confortablement des revenus de son activité sans le soutien d'une grosse machine.
[^] # Re: rentes !
Posté par arnaudus . En réponse au journal La France met en garde contre un "démantèlement" du droit d'auteur en Europe. Évalué à 6.
Je pense que c'est faux ; les majors sont en position de force pour 1) assurer les campagnes de promotion dans un monde saturé de publicités et de sollicitations, 2) exploiter son catalogue pour en tirer des revenus (négociations avec les sociétés d'auteurs, avec les plateformes de téléchargement et de streaming, etc), 3) respecter et faire respecter les droits patrimoniaux (il n'y a qu'à aller voir sur des plateformes "libres" à quel point les auteurs sont désarmés face aux violations de licence), et 4) organiser la "vie commerciale" de l'artiste (organiser les concerts, les passages dans les médias, les affiches, les pochettes, les séances de dédicace, etc). La seule alternative pour faire vivre un artiste avec un minimum de notoriété serait de créer une entreprise, avec des secrétaires, des agents, des juristes, des commerciaux, des comptables, etc, en assurant à tout ce petit monde un revenu régulier. Ça me semble très compliqué, et ça impose aux artistes de gérer leur propre entreprise (quand travaillent-ils sur leurs œuvres?). Évidemment, les artistes pourraient se regrouper, signer des contrats avec des producteurs, mutualiser les juristes et les comptables... bref, créer des majors.
Je pense qu'il ne faut pas rêver, il ne faut pas non plus être manichéen : dans le monde actuel, l'industrie de la culture parasite évidemment les artistes et fait vivre une foultitude de "bullshit jobs" en plus des actionnaires ; mais en contrepartie, elle apporte un professionalisme et une efficacité incomparable, qu'il est impossible d'avoir avec une microstricture. À part la version hippie qui consiste à faire de la musique dans le Larzac et vivre de sa production de fromages de chèvre, je doute qu'un artiste puisse émerger, exister, et vivre confortablement des revenus de son activité sans le soutien d'une grosse machine.