• [^] # Re: Le supprimer ? Non. L'adapter ? Oui !

    Posté par . En réponse au journal La France met en garde contre un "démantèlement" du droit d'auteur en Europe. Évalué à 9.

    À ma connaissance, l'origine "morale" de cette règle est à chercher dans l'idée de voir la famille comme l'unité financière, ce qui était la vision majoritaire à l'époque de l'élaboration du droit d'auteur. L'homme travaille pour nourrir sa femme et ses enfants, il construit une maison et un patrimoine qui leur reviendra à sa mort. Note également que ça peut permettre une cohérence en fonction du type d'œuvre ; un sculpteur qui meurt lègue ses créations à ses proches, qui peuvent les vendre, alors que la famille d'un compositeur qui meurt perdrait toute possibilité de vendre par exemple des partitions inédites.

    J'imagine qu'il y a aussi un simple souci de "moralité", dans le sens où il semble assez étrange que la mort prématurée d'un artiste permette au monde entier d'exploiter ses œuvres sans verser aucune rétribution. Quand quelqu'un qui n'a pas de famille meurt, ses biens sont vendus au profit de l'État, mais ils ne sont pas donnés au monde entier. Par exemple, les propriétés privées restent privées ; si ton voisin meurt tu n'as pas le droit d'aller bronzer dans son jardin.

    Par contre, toutes les extensions et les modifications postérieures (notamment l'extension de la protection de 50 à 70 ans) ne sont que les conséquences des lobbys industriels. Il faut bien comprendre comment l'industrie de la "culture" a su profiter des règles existantes pour se créer un petit nid douillet à base de rentes.