En ce qui concerne les requêtes logiquement bien formulées mais qui n'ont pas de réponse directe dans la base de données ("quel temps faisait-il la veille de Noël 2004 à Paris"), j'ai peur que la solution ne vienne que très lentement, par l'ajout de nouvelles fonctions au fil des rapports de bugs. Intuitivement, j'ai l'impression que l'ensemble des requêtes tordues est infini, et qu'il sera toujours possible de formuler quelque chose de logique que la machine ne saura pas interpréter ("quel pilote de F1 est né le lendemain du jour anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl?"). Dans un langage de programmation, il y a un jeu de mot-clés, mais dans le langage réel, on peut inventer à volonté des mots clés que la machine ne connait pas. Tu vas documenter "lendemain", "veille", "semaine suivante", etc., mais la liste de concepts me semble infinie ("dont le signe astrologique rime avec 'tuyau'" : bon courage! C'est trivial d'aller chercher la liste des signes astrologiques, mais il faut qu'un programmeur code un bout de script pour expliquer qu'il n'est pas nécessaire d'avoir le signe astrologique dans Wikidata ; on peut le déterminer à partir de la date de naissance. Il faut ensuite aller récupérer la transcription phonétique des mots et comparer le dernier son : encore une fois, ça n'est pas insurmontable, mais il faut juste coder le concept de "rimer". Et il faudra faire ça avec chaque concept. Ça représente probablement des milliers de concepts à coder. Chacun d'entre eux n'est pas spécialement insurmontable, mais c'est la tâche d'ensemble qui est virtuellement infaisable). Résultat, une AI qui semble profondément débile et qui se gamelle sur du niveau école primaire ("Désolé, je ne sais pas ce que veut dire 'avoir le même nombre de consonnes' veut dire"). Avec le temps, et au prix d'une base de code gigantesque, il pourrait devenir de plus en plus dur de trouver des questions triviales que l'IA ne sait pas traiter, mais un tel logiciel n'a pas les propriétés d'un système "intelligent".
Étrangement, j'aurais l'impression que l'affaire des présidents américains est plus facile à traiter. Il suffit d'avoir un algo de tri par défaut, à adpater en fonction du type de liste. Ici, c'est une liste de mandats, la solution est généralisable à toutes les listes de mandats. Ce qui me semble le plus difficile, c'est de déterminer quand il ne faut pas répondre, parce que ça repose sur l'intuition. Un être humain saura très bien qu'il faut comprendre différemment "Quel est le plus grand compositeur" et "quel est le plus grand arbre". Et qu'il faut probablement demander une précision sur "quel est le plus grand basketteur". Trouver la limite à laquelle il est raisonnable de demander une information supplémentaire me semble quasiment impossible. "Quelle est la taille de la Joconde" ne devrait jamais déclencher la question "parlez-vous de la largeur, de la hauteur, ou de l'épaisseur?", alors que répondre "2503 mètres cubes" à "quel est la taille moyenne des parkings publics marseillais" est ridicule.
[^] # Re: Assistant personnel
Posté par arnaudus . En réponse au journal Galaxie Wikidata : le hub est en extension. Évalué à 2.
Merci pour la réponse détaillée.
En ce qui concerne les requêtes logiquement bien formulées mais qui n'ont pas de réponse directe dans la base de données ("quel temps faisait-il la veille de Noël 2004 à Paris"), j'ai peur que la solution ne vienne que très lentement, par l'ajout de nouvelles fonctions au fil des rapports de bugs. Intuitivement, j'ai l'impression que l'ensemble des requêtes tordues est infini, et qu'il sera toujours possible de formuler quelque chose de logique que la machine ne saura pas interpréter ("quel pilote de F1 est né le lendemain du jour anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl?"). Dans un langage de programmation, il y a un jeu de mot-clés, mais dans le langage réel, on peut inventer à volonté des mots clés que la machine ne connait pas. Tu vas documenter "lendemain", "veille", "semaine suivante", etc., mais la liste de concepts me semble infinie ("dont le signe astrologique rime avec 'tuyau'" : bon courage! C'est trivial d'aller chercher la liste des signes astrologiques, mais il faut qu'un programmeur code un bout de script pour expliquer qu'il n'est pas nécessaire d'avoir le signe astrologique dans Wikidata ; on peut le déterminer à partir de la date de naissance. Il faut ensuite aller récupérer la transcription phonétique des mots et comparer le dernier son : encore une fois, ça n'est pas insurmontable, mais il faut juste coder le concept de "rimer". Et il faudra faire ça avec chaque concept. Ça représente probablement des milliers de concepts à coder. Chacun d'entre eux n'est pas spécialement insurmontable, mais c'est la tâche d'ensemble qui est virtuellement infaisable). Résultat, une AI qui semble profondément débile et qui se gamelle sur du niveau école primaire ("Désolé, je ne sais pas ce que veut dire 'avoir le même nombre de consonnes' veut dire"). Avec le temps, et au prix d'une base de code gigantesque, il pourrait devenir de plus en plus dur de trouver des questions triviales que l'IA ne sait pas traiter, mais un tel logiciel n'a pas les propriétés d'un système "intelligent".
Étrangement, j'aurais l'impression que l'affaire des présidents américains est plus facile à traiter. Il suffit d'avoir un algo de tri par défaut, à adpater en fonction du type de liste. Ici, c'est une liste de mandats, la solution est généralisable à toutes les listes de mandats. Ce qui me semble le plus difficile, c'est de déterminer quand il ne faut pas répondre, parce que ça repose sur l'intuition. Un être humain saura très bien qu'il faut comprendre différemment "Quel est le plus grand compositeur" et "quel est le plus grand arbre". Et qu'il faut probablement demander une précision sur "quel est le plus grand basketteur". Trouver la limite à laquelle il est raisonnable de demander une information supplémentaire me semble quasiment impossible. "Quelle est la taille de la Joconde" ne devrait jamais déclencher la question "parlez-vous de la largeur, de la hauteur, ou de l'épaisseur?", alors que répondre "2503 mètres cubes" à "quel est la taille moyenne des parkings publics marseillais" est ridicule.