Ailleurs, on a ce qu'on appelle une évaluation des performances, pour justement se rendre compte si tu sais mieux travailler d'années en années. À la fonction publique, il faut croire qu'on a décidé que ce serait néfaste (cf levée de boucliers quand Sarko a proposé une rétribution au mérite).
Ce n'est pas tout à fait exact. Ce qui a suscité la levée de boucliers, c'était le passage de l'évaluation (littérale) à la notation (chiffrée). Ceci dit, le problème reste entier en ce sens que dans bien des structures, on va évaluer/noter en fonction du plan de carrière de la personne davantage qu'en fonction de ses performances. Disons qu'à moins de faire du sabotage pur et simple, il y a peu de chances de se retrouver avec une évaluation vraiment pénalisante pour un agent d'ambition modeste.
Un autre avantage du privé c'est que si tu bosses bien dans une boite qui ne reconnaît pas ton mérite, et bien tu peux aller te vendre ailleurs. À la fonction publique, tout ce que tu peux faire, c'est... rien?
Là encore, c'est un peu plus nuancé. Il y a toujours moyen de bouger, même dans les fonctions publiques. Et dans le cas de la territoriale, c'est assez proche du fonctionnement privé : tu postules, tu passes des entretiens, etc.
Le seul truc, pour le peu que j'ai pu le voir, c'est que l'amplitude des salaires est trop faible pour qu'un changement de structure soit déterminant (surtout si ce faisant tu t'éloignes de chez toi, ce qui est souvent un des effets de bord de la mobilité). Le seul cas où c'est net, à ma connaissance, c'est pour les agents qui ont obtenu un avancement de grade (par examen professionnel, généralement), mais dont le grade d'arrivée est trop élevé pour la structure qui l'emploie. S'il bouge, il pourra postuler directement à son nouveau grade.
Je demande à voir.
Depuis le gel du point d'indice, les effets de la promotion "automatique" (i.e. sans concours ni examen pro ni validation des acquis de l'expérience) sont devenus extrèmement ténus. Ça compense l'inflation quand il y en a, disons.
Quand un dossier est foiré dans un service public, tu peux gueuler: tout le monde s'en fout. Tu peux écrire: tout le monde s'en fout.
C'est en train de changer, mais c'est effectivement encore souvent un souci majeur.
Et tu ne peux pas changer de service.
C'est tout à fait exact et c'est un gros problème. Ceci étant, en toute honnêteté, c'est davantage lié à la situation de monopole qu'au service public (ce dernier favorisant de fait des monopoles, mais tous les monopoles ne sont pas liés au public).
Dans la fonction publique, si ton chef t'enfonces en disant que t'es nul, tout ce que tu peux faire, c'est... rien. Alors à quoi bon bosser?
Totalement, et si tu arrives à faire abstraction des récriminations de ton chef, tu ne vivras pas plus mal. Même si tu étais effectivement nul.
Comment tu crois que ça se passe en entreprise?
Pas toujours mieux, il faut être honnête aussi. Mais effectivement, beaucoup de bonnes idées du privé tardent à arriver dans le public. La faute notamment à un état d'esprit (assez) général qui veut que "si c'était pour faire [insérer une bonne idée du privé], on bosserait dans le privé, hein". Sans compter que les salaires du public justifient trop souvent les spécificités (sur fond de "avec ce qu'on gagne, on ne va quand même pas [insérer ici une bonne pratique] comme dans le privé)".
[^] # Re: NationalisER ?
Posté par Larry Cow . En réponse au journal Projet pour une presse libre. Évalué à 3.
Ce n'est pas tout à fait exact. Ce qui a suscité la levée de boucliers, c'était le passage de l'évaluation (littérale) à la notation (chiffrée). Ceci dit, le problème reste entier en ce sens que dans bien des structures, on va évaluer/noter en fonction du plan de carrière de la personne davantage qu'en fonction de ses performances. Disons qu'à moins de faire du sabotage pur et simple, il y a peu de chances de se retrouver avec une évaluation vraiment pénalisante pour un agent d'ambition modeste.
Là encore, c'est un peu plus nuancé. Il y a toujours moyen de bouger, même dans les fonctions publiques. Et dans le cas de la territoriale, c'est assez proche du fonctionnement privé : tu postules, tu passes des entretiens, etc.
Le seul truc, pour le peu que j'ai pu le voir, c'est que l'amplitude des salaires est trop faible pour qu'un changement de structure soit déterminant (surtout si ce faisant tu t'éloignes de chez toi, ce qui est souvent un des effets de bord de la mobilité). Le seul cas où c'est net, à ma connaissance, c'est pour les agents qui ont obtenu un avancement de grade (par examen professionnel, généralement), mais dont le grade d'arrivée est trop élevé pour la structure qui l'emploie. S'il bouge, il pourra postuler directement à son nouveau grade.
Depuis le gel du point d'indice, les effets de la promotion "automatique" (i.e. sans concours ni examen pro ni validation des acquis de l'expérience) sont devenus extrèmement ténus. Ça compense l'inflation quand il y en a, disons.
C'est en train de changer, mais c'est effectivement encore souvent un souci majeur.
C'est tout à fait exact et c'est un gros problème. Ceci étant, en toute honnêteté, c'est davantage lié à la situation de monopole qu'au service public (ce dernier favorisant de fait des monopoles, mais tous les monopoles ne sont pas liés au public).
Totalement, et si tu arrives à faire abstraction des récriminations de ton chef, tu ne vivras pas plus mal. Même si tu étais effectivement nul.
Pas toujours mieux, il faut être honnête aussi. Mais effectivement, beaucoup de bonnes idées du privé tardent à arriver dans le public. La faute notamment à un état d'esprit (assez) général qui veut que "si c'était pour faire [insérer une bonne idée du privé], on bosserait dans le privé, hein". Sans compter que les salaires du public justifient trop souvent les spécificités (sur fond de "avec ce qu'on gagne, on ne va quand même pas [insérer ici une bonne pratique] comme dans le privé)".