-Du point de vue des gérants, quelles sont les incitations à fournir un bon service et adopter une démarche qualité?
--Aucune. Un service public est en situation de monopole. En dehors d'une décision politique, rien ne changera.
-Au niveau individuel, quelles sont les incitations à bien travailler pour les fonctionnaires?
--Quasiment aucune. La structure est figée et on est promu à l'ancienneté plutôt qu'aux performances.
Tu remplaces fonctionnaire par pigiste pour le 20 minutes ou présentateur du JT de 20h sur France 2, ça marche tout pareil. Il y a effectivement des grilles qui assurent une augmentation minimale des fonctionnaires à l'ancienneté. Sur le fond, ça me semble exprimer l'idée que plus tu as passé de temps à travailler, mieux tu sais travailler. En revanche ceci ne relève absolument pas de la promotion : pour changer de grade, ils passent devant une commission d'évaluation qu'ils doivent convaincre.
Évidemment, il y a toujours de braves fonctionnaires qui y croient encore et essaient de bien faire. Gageons que les autres leurs feront comprendre assez rapidement qu'il ne vaut mieux pas s'aliéner trop de leurs collègues, ça pourrait nuire à leur carrière!
Ex: j'ai fait un stage d'archivage dans ma jeunesse dans le secteur public, pour remplacer une personne en vacances. On est venu me reprocher de travailler trop vite: Figure-toi que cette personne a demandé du renfort parce que "elle est débordée". Et ben un connard de stagiaire à failli rattraper le retard en 2 semaines (sans forcer, aucune heure sup'). Si ça se sait, aucune chance que le renfort soit recruté.
Tu ériges cet exemple en règle générale et décide peinard que les fonctionnaires sont des branleurs, mais comme toute règle a des exceptions dans le lot y en a quand même un qui bossent. C'est important de se reposer sur son expérience personnelle mais là tu ne démontres rien : évidemment que tu trouves des glandeurs finis dans la fonction publique qui se plaignent constamment d'être surchargés de boulot ! Figure-toi que c'est pas spécifique à la fonction publique, et qu'on peut tous y aller de sa petite anecdote authentique...
Ex : le dernier médecin généraliste libéral que j'ai vu (dans le cadre d'un recrutement) m'a demande « votre tension, c'est combien ? ». J'ai répondu « 12 / 8 », il a dit « ça me va ». J'ai jamais fait de visite médicale aussi rapide.
Évidemment, il y a toujours de braves médecins qui y croient encore et essaient de bien faire.
Ex : dans mon appartement toujours, la plomberie était à chier, aussi (arrivée et évacuation d'eau inversées sur la chaudière, ce qui a provoqué une innondation le jour de mon aménagement, pente des tuyaux d'évacuation à l'envers ce qui empêche l'écoulement des eaux...)
Évidemment, il y a toujours de braves plombiers qui y croient encore et essaient de bien faire.
Ex : dans mon ancien boulot (en ssii), mon employeur a préféré me licencier pour un prétexte bidon que m'aider à exercer des compétences chez des clients ou me former entre deux missions. Un licenciement n'étant pas sans conséquence, il décide tout simplement de me faire porter à moi seul les conséquences de son incapacité à jouer son rôle de commercial.
Évidemment, il y a toujours de braves commerciaux qui y croient encore et essaient de bien faire.
Ha ben tiens, il est intéressant ce dernier exemple, parce que la rémunération réelle des commerciaux est en grande partie variable, et ces gens sont réputés payés à « la performance », c'est à dire produire ce que l'on attend d'eux. Cette production fait (aussi souvent que possible, idéalement en continu) l'objet d'une évaluation. Hé ben la « performance », t'as des gens pour en définir les critères, d'autres gens pour la mesurer. Mais tu n'as absolument aucune garantie que cette « performance » s'apparente de près ou de loin au « bon travail ». Tout simplement parce que ces deux choses ne sont pas des vérités naturelles et universelles, mais l'objet de décisions.
Autre exemple: à côté de toutes les conneries qu'il a faite, un certain N.S., président de la République, a proposé une fois qu'on ait une vraie évaluation de la performance dans la fonction publique: levée de bouclier immédiate. Tu imagines la pression avec laquelle ils auraient dû travailler? Les pauvres...
C'est quoi, concrètement, une « vraie évaluation de la performance » ? Comment tu choisis que cette performance doit être mesurée par tel critère plutôt que tel autre ?
[^] # Re: NationalisER ?
Posté par thamieu . En réponse au journal Projet pour une presse libre. Évalué à 9.
Tu remplaces fonctionnaire par pigiste pour le 20 minutes ou présentateur du JT de 20h sur France 2, ça marche tout pareil. Il y a effectivement des grilles qui assurent une augmentation minimale des fonctionnaires à l'ancienneté. Sur le fond, ça me semble exprimer l'idée que plus tu as passé de temps à travailler, mieux tu sais travailler. En revanche ceci ne relève absolument pas de la promotion : pour changer de grade, ils passent devant une commission d'évaluation qu'ils doivent convaincre.
Tu ériges cet exemple en règle générale et décide peinard que les fonctionnaires sont des branleurs, mais comme toute règle a des exceptions dans le lot y en a quand même un qui bossent. C'est important de se reposer sur son expérience personnelle mais là tu ne démontres rien : évidemment que tu trouves des glandeurs finis dans la fonction publique qui se plaignent constamment d'être surchargés de boulot ! Figure-toi que c'est pas spécifique à la fonction publique, et qu'on peut tous y aller de sa petite anecdote authentique...
Ex : le dernier médecin généraliste libéral que j'ai vu (dans le cadre d'un recrutement) m'a demande « votre tension, c'est combien ? ». J'ai répondu « 12 / 8 », il a dit « ça me va ». J'ai jamais fait de visite médicale aussi rapide.
Évidemment, il y a toujours de braves médecins qui y croient encore et essaient de bien faire.
Ex : dans mon appartement toujours, la plomberie était à chier, aussi (arrivée et évacuation d'eau inversées sur la chaudière, ce qui a provoqué une innondation le jour de mon aménagement, pente des tuyaux d'évacuation à l'envers ce qui empêche l'écoulement des eaux...)
Évidemment, il y a toujours de braves plombiers qui y croient encore et essaient de bien faire.
Ex : dans mon ancien boulot (en ssii), mon employeur a préféré me licencier pour un prétexte bidon que m'aider à exercer des compétences chez des clients ou me former entre deux missions. Un licenciement n'étant pas sans conséquence, il décide tout simplement de me faire porter à moi seul les conséquences de son incapacité à jouer son rôle de commercial.
Évidemment, il y a toujours de braves commerciaux qui y croient encore et essaient de bien faire.
Ha ben tiens, il est intéressant ce dernier exemple, parce que la rémunération réelle des commerciaux est en grande partie variable, et ces gens sont réputés payés à « la performance », c'est à dire produire ce que l'on attend d'eux. Cette production fait (aussi souvent que possible, idéalement en continu) l'objet d'une évaluation. Hé ben la « performance », t'as des gens pour en définir les critères, d'autres gens pour la mesurer. Mais tu n'as absolument aucune garantie que cette « performance » s'apparente de près ou de loin au « bon travail ». Tout simplement parce que ces deux choses ne sont pas des vérités naturelles et universelles, mais l'objet de décisions.
C'est quoi, concrètement, une « vraie évaluation de la performance » ? Comment tu choisis que cette performance doit être mesurée par tel critère plutôt que tel autre ?