Ça n'a pas grand chose à voir, le fait que quelqu'un connaisse le PIN ne va faire une différence que dans le cas où il se trouve en possession de la carte elle-même, puisque c'est ce qui "débloque" la clef privée pour utilisation pendant la session.
En gros, PIN + carte = clef privée, mais PIN seul ou carte seule ne servent à rien.
Et autant la recherche de PIN en ayant la carte n'est pas totalement absurde: (N * 10^{-M} de chances de succès, avec N le nombre d'essais disponibles avant blocage permanent et M le nombre de chiffres dans le PIN), autant la recherche de carte en ayant le PIN a assez peu de chances d'aboutir, sauf à recourir à la coercition physique ;)
Pour utilisation (en chiffrement j'imagine) sur des documents que l'ont veut garantir secrets pour l'état, la vraie question est de savoir si l'état a la clef privée. Il y a globalement 3 cas de figure:
- la clef est générée hors-carte, injectée dans la carte, signée, et sauvegardée par l'état (cas d'utilisation: l'état se réserve explicitement le droit d'usurper l'identité de la personne)
- la clef est générée hors-carte, injectée dans la carte, signée, et détruite (cas d'utilisation: l'état n'entend pas usurper l'identité, mais se fait confiance à lui-même pour que ça n'arrive pas)
- la clef est générée directement dans la carte, et signée (cas d'utilisation: l'état veut garantir l'impossibilité, y compris pour lui-même, d'usurper l'identité)
Si le processus utilise le 1er cas, effectivement aucune confiance à avoir. Si c'est le 2ème cas, la confiance équivaut à la confiance placée dans le mécanisme de destruction (et en particulier à celle placée dans l'impossibilité d'intercepter la clef avec destruction). Si c'est le 3ème cas, la confiance équivaut à celle qu'on a dans le fait que la carte ne peut jamais recracher la clef privée (autrement dit qu'elle n'est pas trouée, puisque ça fait partie des specs), et que la clef est de suffisamment bonne qualité pour ne pas se suicider (à savoir leaker des informations sur elle-même lors d'opérations légitimes). Au passage, évidemment la qualité d'une clef décroît avec le temps, à mesure que les attaques contre les algos qui l'ont générée se perfectionnent et/ou bénéficient de plus de puissance pour tourner.
Personnellement je n'utiliserais pas une clef générée hors-carte pour des secrets au niveau "gouvernemental"
Évidemment dans tous les cas, si on ne fait pas confiance en l'état pour respecter la procédure qu'il prétend utiliser (ou s'il ne prétend rien du tout), on est par défaut dans le 1er cas :)
Mais encore une fois c'est globalement indépendant du fait que le PIN soit ou non sauvegardé quelque part.
[^] # Re: Question bête
Posté par Yann Hodique (site web personnel) . En réponse au journal Belgian Electronic Card. Évalué à 5.
Ça n'a pas grand chose à voir, le fait que quelqu'un connaisse le PIN ne va faire une différence que dans le cas où il se trouve en possession de la carte elle-même, puisque c'est ce qui "débloque" la clef privée pour utilisation pendant la session.
En gros, PIN + carte = clef privée, mais PIN seul ou carte seule ne servent à rien.
Et autant la recherche de PIN en ayant la carte n'est pas totalement absurde: (N * 10^{-M} de chances de succès, avec N le nombre d'essais disponibles avant blocage permanent et M le nombre de chiffres dans le PIN), autant la recherche de carte en ayant le PIN a assez peu de chances d'aboutir, sauf à recourir à la coercition physique ;)
Pour utilisation (en chiffrement j'imagine) sur des documents que l'ont veut garantir secrets pour l'état, la vraie question est de savoir si l'état a la clef privée. Il y a globalement 3 cas de figure:
- la clef est générée hors-carte, injectée dans la carte, signée, et sauvegardée par l'état (cas d'utilisation: l'état se réserve explicitement le droit d'usurper l'identité de la personne)
- la clef est générée hors-carte, injectée dans la carte, signée, et détruite (cas d'utilisation: l'état n'entend pas usurper l'identité, mais se fait confiance à lui-même pour que ça n'arrive pas)
- la clef est générée directement dans la carte, et signée (cas d'utilisation: l'état veut garantir l'impossibilité, y compris pour lui-même, d'usurper l'identité)
Si le processus utilise le 1er cas, effectivement aucune confiance à avoir. Si c'est le 2ème cas, la confiance équivaut à la confiance placée dans le mécanisme de destruction (et en particulier à celle placée dans l'impossibilité d'intercepter la clef avec destruction). Si c'est le 3ème cas, la confiance équivaut à celle qu'on a dans le fait que la carte ne peut jamais recracher la clef privée (autrement dit qu'elle n'est pas trouée, puisque ça fait partie des specs), et que la clef est de suffisamment bonne qualité pour ne pas se suicider (à savoir leaker des informations sur elle-même lors d'opérations légitimes). Au passage, évidemment la qualité d'une clef décroît avec le temps, à mesure que les attaques contre les algos qui l'ont générée se perfectionnent et/ou bénéficient de plus de puissance pour tourner.
Personnellement je n'utiliserais pas une clef générée hors-carte pour des secrets au niveau "gouvernemental"
Évidemment dans tous les cas, si on ne fait pas confiance en l'état pour respecter la procédure qu'il prétend utiliser (ou s'il ne prétend rien du tout), on est par défaut dans le 1er cas :)
Mais encore une fois c'est globalement indépendant du fait que le PIN soit ou non sauvegardé quelque part.