• # retour d'expérience (BAC)

    Posté par . En réponse à la dépêche La correction dématérialisée du baccalauréat. Évalué à 10.

    J'abonde dans le sens de l'article. Voici quelques remarques complémentaires, en vrac:

    D'abord, il faut dire que l'interface utilisateur est suffisamment intuitive pour être prise en main par les profs les plus réticents à l'outil informatique: de ce point de vue c'est une réussite. La correction n'est qu'un calque sur la copie. De même que l'anonymat n'est qu'un masque noir sur l'image: il n'y a plus de massicotage de copies.
    Les correcteurs peuvent chatter entre eux, s'envoyer des copies, contacter un responsable...
    On peut voir de façon dynamique les statistiques de réussite par question (pour son propre lot mais aussi pour le lot de copies d'un ensemble important de correcteurs, cela revient à plusieurs centaines de copies, auxquelles on peu comparer son lot). Le pilotage général de la correction est facilité car les responsables savent à tout moment l'avancement de la correction pour chacun, et peuvent redistribuer des lots en cas d'arrêt maladie.
    Le blanco n'est à priori pas proscrit, ça passe au scanner.

    Quelques points faibles que j'ai pu remarquer:
    1) Le logiciel viatique est en flash, ce qui pose problème: sur nos postes linux (debian) on est bloqué sur une vieille version.
    2) Le logiciel viatique offline (qui permet la correction offline) est basé sur la technologie air, non présente sous linux
    3) J'ai cru comprendre qu'ils savent bien qu'il va falloir recoder sur une autre techno (html5? QT?....) mais d'abord, ils veulent rentrer dans leurs frais...
    4) Concernant le prix, c'est visiblement top secret mais certains clins d'oeils échangés dont j'ai été témoin laissent penser que ça n'est pas donné.
    5) Le logiciel qui permet l'envoi des copies pose problème si la connexion est faible (dans certains pays, c'est le cas): Un lot de copies est chiffré, puis découpé en paquets envoyés un à un (port 443 visiblement). Très bien. Mais si on perd la connexion lorsque 97% des paquets sont envoyés, ça freeze et il faut recommencer à zéro: nouveau découpage du lot etc...
    6) La correction lorsque le débit internet est faible s'avère problématique: 10 minutes pour tourner une page, c'est peu productif. Il y a moyen de mettre les copies en cache mais pas en arrière plan: dans ce cas il faut attendre que le lot complet soit téléchargé pour s'y mettre. Du coup cette fonctionnalité est inutile.
    7) impossible de mettre des "drapeaux" pour s'y retrouver dans les longues copies, qui peuvent être assez désordonnées.

    Enfin, autre chose. Auparavant, chaque correcteur, au moment du jury, reprenait son lot, désanonymé et pouvait vérifier le bon report de chaque note sur le relevé de chaque candidat.

    Désormais, plus de report: ça n'est pas grave puisque le calcul est automatique. Cependant,
    1) Le jury n'est plus composé des correcteurs des candidats examinés, mais de correcteurs différents: ça aussi c'est conforme aux textes à ce que j'ai compris.
    2) Du coup, si le jury veut voir une copie, ça doit être possible, mais que voit-il? Le calque de correction est-il présent on non? Je l'ignore. Mais à mon avis entre le moment où un correcteur met une note à une copie anonyme et le moment où un jury étudie le relevé de notes du candidat, il n'y a plus la continuité du prof qui reprend son paquet et vérifie que la note qu'il a mise est bien celle figurant sur le relevé. Là je pense que le corps enseignant perd la main en quelque sorte.

    Évidemment, il aurait mieux valu que l'éducation nationale embauche une équipe de développeurs. Mais ça n'est pas la pratique du ministère. C'est la même chose pour les logiciels de gestion des notes type PRONOTE, qui doivent avoir un gros impact financier: chaque établissement paie..... Les logiciels sur les serveurs gérant les postes clients dans les établissements scolaires sont peu soutenus financièrement (je pense à sambaedu), c'est une communauté de profs avec quelques décharges horaires qui se serrent les coudes sur une mailing-list.