le lecteur naïf se demandera peut-être pourquoi les Etats européens victimes des pratiques luxembourgeoises ont précisément nommé Juncker à la Commission.
Objectivement, c'est quand même plus compliqué que ça. Pour la première fois, le président de la Commission est le représentant officiel du parti majoritaire au Parlement. C'est un accord entre les différents partis avant les élections Européennes, et c'est un progrès pour la démocratie. D'ailleurs, pas mal d'États ont mangé leur chapeau, et ils n'ont nommé Juncker qu'à reculons.
La question retombe donc sur la légitimité de Juncker comme tête de file du PPE. Et là, en Europe, on a exactement le même problème qu'en France : on n'arrive pas à trouver des représentants légitimes des partis qui seraient aussi de bons représentants du peuple. Quelque part, c'est assez logique : ce qui fait qu'on est un bon chef de parti n'est pas du tout la même chose que d'être un bon chef d'État. Pire, les partis ne brillent généralement ni par la transparence de leurs élections internes, ni par la clarté des stratégies de leurs dirigeants ; bref, le gars qui sort du lot est nécessairement un magouilleur, un «politique» au sens le plus négatif, et souvent aussi un menteur et traitre sans foi ni loi, qui a réussi à fomenter des alliances contre-nature, au prix d'ailleurs de promesses de retour d'asensceur qui ne feront que plomber ses mandants démocratiques. Du coup, aux élections démocratiques, on se retrouve à choisir entre la peste et le choléra. Les gusses honnêtes, dévoués, et modérés, ils n'arrivent jamais à franchir les derniers échelons.
[^] # Re: rue89
Posté par arnaudus . En réponse au journal "Comment les multinationales (y compris françaises) font de l’évasion fiscale au Luxembourg". Évalué à 10. Dernière modification le 06 novembre 2014 à 13:28.
Objectivement, c'est quand même plus compliqué que ça. Pour la première fois, le président de la Commission est le représentant officiel du parti majoritaire au Parlement. C'est un accord entre les différents partis avant les élections Européennes, et c'est un progrès pour la démocratie. D'ailleurs, pas mal d'États ont mangé leur chapeau, et ils n'ont nommé Juncker qu'à reculons.
La question retombe donc sur la légitimité de Juncker comme tête de file du PPE. Et là, en Europe, on a exactement le même problème qu'en France : on n'arrive pas à trouver des représentants légitimes des partis qui seraient aussi de bons représentants du peuple. Quelque part, c'est assez logique : ce qui fait qu'on est un bon chef de parti n'est pas du tout la même chose que d'être un bon chef d'État. Pire, les partis ne brillent généralement ni par la transparence de leurs élections internes, ni par la clarté des stratégies de leurs dirigeants ; bref, le gars qui sort du lot est nécessairement un magouilleur, un «politique» au sens le plus négatif, et souvent aussi un menteur et traitre sans foi ni loi, qui a réussi à fomenter des alliances contre-nature, au prix d'ailleurs de promesses de retour d'asensceur qui ne feront que plomber ses mandants démocratiques. Du coup, aux élections démocratiques, on se retrouve à choisir entre la peste et le choléra. Les gusses honnêtes, dévoués, et modérés, ils n'arrivent jamais à franchir les derniers échelons.