• [^] # Re: Une communauté ?

    Posté par . En réponse au journal Pourquoi LinuxFr sent-il le vitriol?. Évalué à 3.

    C'est effectivement un trait que j'ai souvent retrouvé dans les milieux techniques de tous poils : les gens techniques ne sont pas contre la discussion, mais n'aiment pas trop qu'on tourne autour du pot (tu pourrais le voir comme la volonté d'avoir un rapport signal/bruit élevé).

    Pour moi cette vision de la discussion technique (qui est la même exposée par Kaane) c'est Macho-Linux. C'est très bien si tu as une grande gueule, si tu es prêt à écraser l'adversaire avec ton argumentation technique, bref si tu as des connaissances, certes, mais aussi des couilles métaphoriques. Il te répond sèchement ? Pas grave, tu rétorques avec un argument technique, ou alors boum tu as perdu le combat, tu as envie "de passer en mode insulte" (Kaane), mais en même temps "ce qui ne tue pas rend plus fort", alors qu'est-ce que c'est bien ces discussions !

    J'ai bien compris que ça plaisait à un certain nombre des membres actifs de LinuxFr—et malheureusement pas seulement sur LinuxFr, comme le témoignent par exemple les messages occasionnels de Linus Torvalds ou Theo de Raadt. Ça reste une façon de concevoir la discussion qui exclut les personnes qui n'ont pas envie (ou les moyens) de gérer une telle abrasivité au quotidien—des gens qui ne sont pas moins intéressants techniquement et légitimes pour venir discuter, informer et contribuer sur le logiciel libre. Pour une communauté qui a dans ses valeurs fondatrices une forme forte d'égalité, de collaboration collective, et de pouvoir fourni aux utilisateurs, je trouve ça dommage et même antithétique. Chacun peut contribuer, à condition de faire partie de ce cercle auto-sélectionné des grandes gueules "brutalement honnêtes".

    N'importe qui peut l'ouvrir, mais il faut pouvoir soutenir sa parole par un raisonnement logique ou des preuves/sources.

    Le fait de raisonner, d'expliquer et de sourcer est complètement indépendant du ton de la discussion, et je ne le critique en aucun cas—d'ailleurs j'essaie d'être le premier à sourcer mes affirmations sur des sujets techniques quand on me le demande.