En même temps dire qu'un travail est "broken" c'est quand même très insultant dans un langage de scientifique à scientifique. Moi quand on me dit "broken" j'entends "il y a des failles dans la rigueur du travail", c'est-à-dire que les auteurs en question ont fait un mauvais boulot. Je ne me permets de le dire qu'au sujet de mon travail (se rendre compte qu'une preuve est fausse), pendant une collaboration sur un travail en cours, ou éventuellement quand on fait un revue d'un article qui a des parties techniques fausses (mais on peut le former différemment et il vaut mieux). Ça peut parfois être utilisé pour parler du travail des autres mais il faut une argumentation béton et on passe toujours pour une personne désagréable (les erreurs, même graves, arrivent, mais on peut le faire remarquer avec plus d'indulgence et de respect).
Je ne trouve pas forcément étonnant que la personne s'en soit donc pris plein la figure en retour, même si bien sûr je pense que même une review à une personne irrespectueuse se doit de rester correcte. Selon mon expérience personnelle (et pas forcément généralisable) les reviews sont malheureusement un des rares espaces où la parole est parfois insultante dans les milieux scientifiques, d'une part parce que les authentiques connards (il y en a comme partout) peuvent se lâcher sous couvert d'anonymat (mais le program committee devrait s'interposer), et d'autre part parce que les contraintes de temps et le travail très important imposé à certains relecteurs font qu'ils sortent parfois des cadres d'une discussion posée et réfléchie.
Je trouve que ce genre d'abus ne devrait pas être tolérés, et d'ailleurs je discute avec mes collègues de l'idée de rendre publiques les revues qu'on reçoit. Ce serait très intéressant d'avoir les revues sous la main après avoir lu un article, et ça permettrait de mieux ce rendre compte de ces phénomènes (tout en poussant les reviewers, dont l'anonymat resterait par ailleurs protégé, à être un peu conscient de ce qu'ils écrivent). Mais pour cela il faut l'accord explicite des reviewers, et donc ça ne se fait pas sans coordination préalable au niveau du comité de programme, et comme ça n'est pas l'habitude dans mon domaine ça ne se fait pas.
[^] # Re: Élitiste != désagréable
Posté par gasche . En réponse au journal Pourquoi LinuxFr sent-il le vitriol?. Évalué à 3.
En même temps dire qu'un travail est "broken" c'est quand même très insultant dans un langage de scientifique à scientifique. Moi quand on me dit "broken" j'entends "il y a des failles dans la rigueur du travail", c'est-à-dire que les auteurs en question ont fait un mauvais boulot. Je ne me permets de le dire qu'au sujet de mon travail (se rendre compte qu'une preuve est fausse), pendant une collaboration sur un travail en cours, ou éventuellement quand on fait un revue d'un article qui a des parties techniques fausses (mais on peut le former différemment et il vaut mieux). Ça peut parfois être utilisé pour parler du travail des autres mais il faut une argumentation béton et on passe toujours pour une personne désagréable (les erreurs, même graves, arrivent, mais on peut le faire remarquer avec plus d'indulgence et de respect).
Je ne trouve pas forcément étonnant que la personne s'en soit donc pris plein la figure en retour, même si bien sûr je pense que même une review à une personne irrespectueuse se doit de rester correcte. Selon mon expérience personnelle (et pas forcément généralisable) les reviews sont malheureusement un des rares espaces où la parole est parfois insultante dans les milieux scientifiques, d'une part parce que les authentiques connards (il y en a comme partout) peuvent se lâcher sous couvert d'anonymat (mais le program committee devrait s'interposer), et d'autre part parce que les contraintes de temps et le travail très important imposé à certains relecteurs font qu'ils sortent parfois des cadres d'une discussion posée et réfléchie.
Je trouve que ce genre d'abus ne devrait pas être tolérés, et d'ailleurs je discute avec mes collègues de l'idée de rendre publiques les revues qu'on reçoit. Ce serait très intéressant d'avoir les revues sous la main après avoir lu un article, et ça permettrait de mieux ce rendre compte de ces phénomènes (tout en poussant les reviewers, dont l'anonymat resterait par ailleurs protégé, à être un peu conscient de ce qu'ils écrivent). Mais pour cela il faut l'accord explicite des reviewers, et donc ça ne se fait pas sans coordination préalable au niveau du comité de programme, et comme ça n'est pas l'habitude dans mon domaine ça ne se fait pas.