et : c’est une conjonction de coordination, parce que l’utilisateur devait réunir deux conditions pour publier. D’ailleurs la volonté ne relevait pas d’une extraordinaire compétence technique, mais de se renseigner un minimum. Quand il n’y a pas un google, on connaissait les noms par bouche à oreille assez souvent. Assez efficace pour écrémer. Pour le reste à l’époque je consultais astrosurf, et c’est à ce genre de chose que je pensai en écrivant mon commentaire. C’est un annuaire–hébergeur avec du contenu de qualité et pas orienté informatique du tout. Mais il fallait de la volonté pour se taper un frontpage ou équivalent, lancer un ftp, etc.
———
Il y a pas mal de personnes qui sont au courant que A entretient une relation avec B. C’est déjà une information importante. Pour tracer des réseaux (sociaux), repérer des opposants politiques, attraper les méchants–vilain–pas-beau–terroristes, c’est amplement suffisant. Une fois qu’on sait que des gens sont en correspondance, à quelles fréquences, etc. suffit de les cuisiner. Un conseil : utilisez la bonne vieille lettre si vous voulez une véritable correspondance privée (on est parano ou on ne l’est pas !), même si elle est ouverte (déjà y’a moyen de le savoir et la signature crypto. y est applicable), en faisant attention à ce qui est écrit (ou en chiffrant), y’a moyen de ne jamais permettre de remonter à l’expéditeur.
———
Quand à la génération Facebook, je ne la méprise pas pour les kikoolol et les chatons — ça je m’en fous et je trouve ça trop trognon —, non je la hais pour toute une mentalité qui tourne autour, qui ne touche qu’une partie d’ailleurs. Il y a des gens qui croient qu’Internet est à eux, qui crient à la censure dès qu’un de leurs commentaires rejoint /dev/null — alors que c’est une chose très récente — ; ils s’imaginent que la liberté d’expression c’est le droit de dire tout et n’importe quoi et mesurent mal les conséquences de la parole publique ; ils pensent que les élites y comprennent rien au net (curieusement ce sont ces mêmes élites, qui ont toujours eu la parole publique et qui sont donc les plus conscientes des limites qu’elle impose...). Je ne m’attends pas spécialement à ce que ce soient des gens qui ont un peu de savoir-faire technique, car ceux-là n’ont aucun mal à publier par leurs propres moyens ; perso. ça ne me fait ni chaud ni froid que ce soit le système de notation ou de voir un de mes commentaires supprimé.
Il y a encore ceux qui se figurent savoir comment marche le net, dire que X–Y (préférentiellement des autorités institutionnelles) n’y comprend rien, mais qui en fait sont un peu (litote!) largués. Le dernier en date c’est le récent billet de Eolas, qui se figure qu’un webmaster n’a pas de contrôle sur le référencement de Google, et donc qu’un juge qui ordonne de prendre les mesures nécessaires pour déréférencer est un juge incompétent. Il faut croire qu’Eolas ignore qu’il y a moyen d’indiquer aux robots d’aller voir ailleurs. Au pire, sachant qu’il y a beaucoup d’informaticiens qui se cachent derrière la technique pour se débarrasser de toute responsabilité, on peut écrire à M. Google et c’est à eux de faire le boulot nécessaire avec une manipulation manuelle sur leur base de donnée : sauf fainéantise aigüe qui empêche de prévoir le nécessaire, cela devrait toujours être possible. C’est ce que j’appelle un big fail, mais je suis sûr que ça va conforter les préjugés d’une partie de ses lecteurs.
Je vois aussi trop comment, en politique, certains individus accédant à la parole publique étendue grâce au web, ne prennent pas bien la mesure de ce que ça implique. Aucun esprit critique face à ça, une croyance indéfectible que « le net permet de vérifier tout et contrer les mensonges de la télé », rajouté à cela un peu de mépris de classe.
Bon, certains pourraient se reconnaître dans cette description vu que c’est présent sur linuxfr, je sens que je vais encore me faire des amis ici moi... Alors oui je méprise cela. Et je ne crois pas que ce soit du "petit peuple", des classes populaires, qui tient une telle vision des choses, au contraire ce sont des gens parfois bien installés, qui méprisent ce petit-peuple en fait, car supposé être lobotomisé par la télévision. Ex. dans la conf. de Benjamin Bayard sur iletaitunefoisinternet.fr. Je trouve jouissif pour ma part de mépriser ces méprisants. Ceci dit, Bayard cite sa grand-mère, je pourrai en faire de même ; je suis persuadé que ce sont des gens qui sont monté en classe, qui ont bénéficié d’une instruction beaucoup plus élevée que leurs aînés sans vraiment les comprendre, phénomène social massif, moi même j’ai mis longtemps à admettre que mon rapport à la télévision était totalement biaisié : mettez vous tous une bonne fois pour toute dans le crâne que non ceux qui regardent la télévision ne sont pas nécessairement lobotomisés, il ont en réalité leur indépendance de pensée. Ceux qui sont dans l’erreur ne sont pas ceux qu’on croit, car je préferre largement quelqu’un qui regarde le JT de Fr2 mais sans vraiment y apporter du crédit, juste pour « connaître les nouvelles du monde »&co, que celui qui se renseigne sur le web sans absolument aucun esprit critique vis-à-vis des sources, de sa capacité à juger leur véracité, de leur pertinence à influer sur sa vie quotidienne, etc.
Il en est de même dans le mépris qu’il y a pour les kikoolol qu’on retrouve ici. Que des informaticiens prennent au sérieux leur outil de travail, soit. Mais ne l’imposez pas au monde entier : des tas de gens se servent d’Internet comme de récréation, ou avec un tout autre usage que le vôtre (communiquer avec les proches me semblent un pan entier, par définition peu visible du net), si bien qu’ils ne cherchent pas à faire de longs messages argumentés, qu’ils n’en ont pas besoin.
Mettre sur un piedestal Internet n’est pas sain. Ce d’autant plus que j’aurai plutôt tendance à penser qu’Internet offre des possibilités de manipulation et de propagande qui dépasse de très loin la télé, surtout de ce que j’ai constaté parmi et dans cette population naïve dont j’ai décrit les traits. Mais je m’écarte énormemment du sujet de départ là ! Hum...
———
La question de la violence sur le net n’est pas spécifique à Linuxfr. Et cette violence est, selon moi, liée à cette démocratisation de la parole publique en partie. Nous (notez le nous qui m’inclut) n’avons pas encore pris la mesure des conséquences&responsabilités de la parole publique. D’autre part le web est très communautarisé, y’a pas mal d’entre-soi et on accepte mal la différence. Linuxfr est très replié car on accepte mal des usages différents des commentaires, ce journal est illustratif de cet état d’esprit. Il y a inévitablement des gens de milieux sociaux diverses et de génération différentes qui se rencontrent, et ça va inévitablement au clash.
Pour le reste, nous ne sommes pas tous égaux face à l’expression et la réception d’un message, et ce distinctement pour l’écrit ou l’oral. Alors cool... Si vous voulez faire un message insultant et grossier ne le faites pas par énervement, mais de manière calculée (c’est beaucoup plus marrant, et oui je m’enfonce en considération de mon passif... 0:) ).
———
Je ne pensais pas que le système de notation était remis en cause ici. Perso. je préfère largement, parce que ça évite la modération d’une minorité toute puissante et, forcément, arbitraire. En somme c’est la démocratie appliquée aux forums. Mais il ne faut pas se leurrer, la pression sociale, c’est quelque chose de très violent. Toujours. Puis l’avantage du pertinentage, c’est que ça permet de redonner un peu de pouvoir à ceux qui ne font que lire, et commentent peu.
[^] # Re: Vous reprendrez bien bien un peu d'acide fluorhydrique avec votre vitriol.
Posté par Pierre Roc . En réponse au journal Pourquoi LinuxFr sent-il le vitriol?. Évalué à 4.
et : c’est une conjonction de coordination, parce que l’utilisateur devait réunir deux conditions pour publier. D’ailleurs la volonté ne relevait pas d’une extraordinaire compétence technique, mais de se renseigner un minimum. Quand il n’y a pas un google, on connaissait les noms par bouche à oreille assez souvent. Assez efficace pour écrémer. Pour le reste à l’époque je consultais astrosurf, et c’est à ce genre de chose que je pensai en écrivant mon commentaire. C’est un annuaire–hébergeur avec du contenu de qualité et pas orienté informatique du tout. Mais il fallait de la volonté pour se taper un frontpage ou équivalent, lancer un ftp, etc.
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Il y a pas mal de personnes qui sont au courant que A entretient une relation avec B. C’est déjà une information importante. Pour tracer des réseaux (sociaux), repérer des opposants politiques, attraper les méchants–vilain–pas-beau–terroristes, c’est amplement suffisant. Une fois qu’on sait que des gens sont en correspondance, à quelles fréquences, etc. suffit de les cuisiner. Un conseil : utilisez la bonne vieille lettre si vous voulez une véritable correspondance privée (on est parano ou on ne l’est pas !), même si elle est ouverte (déjà y’a moyen de le savoir et la signature crypto. y est applicable), en faisant attention à ce qui est écrit (ou en chiffrant), y’a moyen de ne jamais permettre de remonter à l’expéditeur.
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Quand à la génération Facebook, je ne la méprise pas pour les kikoolol et les chatons — ça je m’en fous et je trouve ça trop trognon —, non je la hais pour toute une mentalité qui tourne autour, qui ne touche qu’une partie d’ailleurs. Il y a des gens qui croient qu’Internet est à eux, qui crient à la censure dès qu’un de leurs commentaires rejoint /dev/null — alors que c’est une chose très récente — ; ils s’imaginent que la liberté d’expression c’est le droit de dire tout et n’importe quoi et mesurent mal les conséquences de la parole publique ; ils pensent que les élites y comprennent rien au net (curieusement ce sont ces mêmes élites, qui ont toujours eu la parole publique et qui sont donc les plus conscientes des limites qu’elle impose...). Je ne m’attends pas spécialement à ce que ce soient des gens qui ont un peu de savoir-faire technique, car ceux-là n’ont aucun mal à publier par leurs propres moyens ; perso. ça ne me fait ni chaud ni froid que ce soit le système de notation ou de voir un de mes commentaires supprimé.
Il y a encore ceux qui se figurent savoir comment marche le net, dire que X–Y (préférentiellement des autorités institutionnelles) n’y comprend rien, mais qui en fait sont un peu (litote!) largués. Le dernier en date c’est le récent billet de Eolas, qui se figure qu’un webmaster n’a pas de contrôle sur le référencement de Google, et donc qu’un juge qui ordonne de prendre les mesures nécessaires pour déréférencer est un juge incompétent. Il faut croire qu’Eolas ignore qu’il y a moyen d’indiquer aux robots d’aller voir ailleurs. Au pire, sachant qu’il y a beaucoup d’informaticiens qui se cachent derrière la technique pour se débarrasser de toute responsabilité, on peut écrire à M. Google et c’est à eux de faire le boulot nécessaire avec une manipulation manuelle sur leur base de donnée : sauf fainéantise aigüe qui empêche de prévoir le nécessaire, cela devrait toujours être possible. C’est ce que j’appelle un big fail, mais je suis sûr que ça va conforter les préjugés d’une partie de ses lecteurs.
Je vois aussi trop comment, en politique, certains individus accédant à la parole publique étendue grâce au web, ne prennent pas bien la mesure de ce que ça implique. Aucun esprit critique face à ça, une croyance indéfectible que « le net permet de vérifier tout et contrer les mensonges de la télé », rajouté à cela un peu de mépris de classe.
Bon, certains pourraient se reconnaître dans cette description vu que c’est présent sur linuxfr, je sens que je vais encore me faire des amis ici moi... Alors oui je méprise cela. Et je ne crois pas que ce soit du "petit peuple", des classes populaires, qui tient une telle vision des choses, au contraire ce sont des gens parfois bien installés, qui méprisent ce petit-peuple en fait, car supposé être lobotomisé par la télévision. Ex. dans la conf. de Benjamin Bayard sur iletaitunefoisinternet.fr. Je trouve jouissif pour ma part de mépriser ces méprisants. Ceci dit, Bayard cite sa grand-mère, je pourrai en faire de même ; je suis persuadé que ce sont des gens qui sont monté en classe, qui ont bénéficié d’une instruction beaucoup plus élevée que leurs aînés sans vraiment les comprendre, phénomène social massif, moi même j’ai mis longtemps à admettre que mon rapport à la télévision était totalement biaisié : mettez vous tous une bonne fois pour toute dans le crâne que non ceux qui regardent la télévision ne sont pas nécessairement lobotomisés, il ont en réalité leur indépendance de pensée. Ceux qui sont dans l’erreur ne sont pas ceux qu’on croit, car je préferre largement quelqu’un qui regarde le JT de Fr2 mais sans vraiment y apporter du crédit, juste pour « connaître les nouvelles du monde »&co, que celui qui se renseigne sur le web sans absolument aucun esprit critique vis-à-vis des sources, de sa capacité à juger leur véracité, de leur pertinence à influer sur sa vie quotidienne, etc.
Il en est de même dans le mépris qu’il y a pour les kikoolol qu’on retrouve ici. Que des informaticiens prennent au sérieux leur outil de travail, soit. Mais ne l’imposez pas au monde entier : des tas de gens se servent d’Internet comme de récréation, ou avec un tout autre usage que le vôtre (communiquer avec les proches me semblent un pan entier, par définition peu visible du net), si bien qu’ils ne cherchent pas à faire de longs messages argumentés, qu’ils n’en ont pas besoin.
Mettre sur un piedestal Internet n’est pas sain. Ce d’autant plus que j’aurai plutôt tendance à penser qu’Internet offre des possibilités de manipulation et de propagande qui dépasse de très loin la télé, surtout de ce que j’ai constaté parmi et dans cette population naïve dont j’ai décrit les traits. Mais je m’écarte énormemment du sujet de départ là ! Hum...
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La question de la violence sur le net n’est pas spécifique à Linuxfr. Et cette violence est, selon moi, liée à cette démocratisation de la parole publique en partie. Nous (notez le nous qui m’inclut) n’avons pas encore pris la mesure des conséquences&responsabilités de la parole publique. D’autre part le web est très communautarisé, y’a pas mal d’entre-soi et on accepte mal la différence. Linuxfr est très replié car on accepte mal des usages différents des commentaires, ce journal est illustratif de cet état d’esprit. Il y a inévitablement des gens de milieux sociaux diverses et de génération différentes qui se rencontrent, et ça va inévitablement au clash.
Pour le reste, nous ne sommes pas tous égaux face à l’expression et la réception d’un message, et ce distinctement pour l’écrit ou l’oral. Alors cool... Si vous voulez faire un message insultant et grossier ne le faites pas par énervement, mais de manière calculée (c’est beaucoup plus marrant, et oui je m’enfonce en considération de mon passif... 0:) ).
———
Je ne pensais pas que le système de notation était remis en cause ici. Perso. je préfère largement, parce que ça évite la modération d’une minorité toute puissante et, forcément, arbitraire. En somme c’est la démocratie appliquée aux forums. Mais il ne faut pas se leurrer, la pression sociale, c’est quelque chose de très violent. Toujours. Puis l’avantage du pertinentage, c’est que ça permet de redonner un peu de pouvoir à ceux qui ne font que lire, et commentent peu.