• # Les innovations du bureau sont forcément pas visibles

    Posté par . En réponse au journal Disruptive innovation comme y disent aux states. Évalué à 10.

    Il y a des éléments avec lesquels il faut tenir compte lorsqu'on compare "l'innovation sous linux vs. la copie".
    Au final, tout ces éléments font que l'innovation sous Linux ne sera pas utilisée et/ou pas remarquée.

    Ce n'est pas un hasard si Gnome ou KDE ont eu autant de succès il y a quelques années. Ces deux bureaux étaient relativement similaire à celui de Windows. Il y avait d'autres bureaux plus innovants, avec des usages différents. Mais Gnome/KDE ont eu du succès justement parce qu'ils ressemblaient au bureau de Windows.

    Ce n'est pas parce que sous Linux, on copie uniquement Windows. Mais c'est parce que beaucoup des utilisateurs de Linux (en particulier quand ils viennent "du grand public") veulent retrouver ce qu'ils connaissent déjà. Et donc, forcément, cela favorise les copies.

    Un autre élément est que pour être reconnu en tant qu'innovation, celle-ci doit dans un premier temps être imposée.
    Par exemple, imagine Facebook fait selon les principes du libre: on se serait retrouvé avec plein de site exploitant le protocole ouvert, et jamais tu n'aurais dit "voilà encore une innovation du libre", mais ça aurait été juste une évolution générale du web.
    Imagine OpenOffice ayant introduit les rubans. Évidemment, personne n'aurait apprécié et OpenOffice aurait perdu plein d'utilisateurs, au point d'éventuellement disparaitre. Si OpenOffice est un succès, c'est parce qu'il ressemblait à MSWord. Si qlq'un avait introduit les rubans sous Linux, ça serait totalement passé inaperçu (et p-e que ça a déjà été fait. Au fait, KWord innove en utilisant le concept de "cadres". Évidemment, quand on parle d'innovation de l'interface de traitement de texte, tout le monde pense aux rubans et supposent que rien n'est fait dans le libre alors que cette approche par cadre est tout aussi innovante).

    De manière amusante, lorsque KDE introduit un bureau basé sur les plasmoïds en 2008, c'est "juste un bureau normal avec des widgets", lorsque Windows introduit les tuiles dynamiques en 2011, c'est une innovation. Lorsque le libre innove, on se rattache à ce qui existe déjà dans le proprio et qui est plus connu. Lorsque le proprio innove, comme il impose l'innovation, les gens ressentent la fracture que cet usage implique et ensuite en conclut que c'est une innovation.

    Bref, le bureau sous Linux n'innove pas moins, mais c'est beaucoup moins visible car il laisse le choix à l'utilisateur d'utiliser le bureau comme il le veut.

    Quelques exemples d'innovations libres, centré sur KDE qui est le bureau que j'utilise:
    - les lanceurs par défaut hérité de Gnome-Do et quicksilver. Windows adopte cela seulement maintenant alors que ça existe sous KDE depuis le début de KDE4.
    - le bureau basé sur les plasmoïds de KDE4. C'est le premier bureau à ma connaissance à changer la vision "le bureau est un bureau avec fichiers et lanceurs". Le bureau de KDE4 n'a ni dossier ni lanceur, sauf si on y ajoute des plasmoïds qui font ça (et en général, c'est ce que font les utilisateurs, ce qui prouve mon premier point), et se base sur la possibilité d'y placer des outils effectuant différentes tâches.
    - le bureau sémantique. De nouveau, KDE est le seul à ma connaissance. De nouveau, la majorité des utilisateurs de KDE ne l'utilise pas, et diront ensuite que Windows innove lorsque Windows le fera.
    - les activités sous KDE4. Celles-ci permettent de travailler totalement différemment de l'approche habituelle et pousse plus loin le concept de bureau virtuel. De nouveau, peu utilisé.