• [^] # Re: Droit de réponse

    Posté par . En réponse au journal Les libertariens : rien de libertaire, tout de fasciste. Évalué à 2.

    Bon visiblement, je vais devoir me livrer à une activité chronophage:

    XKCD

    Disclaimer: Les sujets sociétaux m'intéressent ces temps-ci mais je ne suis pas une référence, juste quelqu'un de curieux.

    Je vais répondre à un sujet à la fois d'autant que certains sont redondants aux travers des commentaires.

    Déjà une critique plus approfondie (pas une hypercritique, merci Thomas de m'avoir éclairé) sur le texte que tu as cité :

    L’association de termes contraires, tels "anarcho" avec "capitaliste" en un oxymore, est un art de la confusion que les étato-capitalistes aiment pratiquer afin de faire prendre des vessies pour des lanternes et vendre ainsi leurs vieilles camelotes sous un nouvel emballage doré. Cela s’est déjà vu avec les capitalo-étatistes bolcheviques qui se prétendaient communistes tout en instaurant un capitalisme d’État, aidés en cela idéologiquement et en pratique par les diverses bourgeoisies, afin d’écraser l’auto-émancipation en acte du mouvement ouvrier.

    Le 2e paragraphe renvoie dos à dos communistes et libéraux comme des étatistes forcenés.
    Comme l'a cité Tankey plus haut , il semble que "certains" anarcho-collectivistes considèrent le passage par un état "totalitaire" comme obligé pour éliminer la propriété privée avant de faire dégonfler l'état.
    Pas très cohérent comme attaque.

    Mais surtout il commet une méprise qui montre sa méconnaissance des thèses libérales et ça se confirme dans le 3e paragraphe:

    Pour clarifier le propos on n’utilisera pas l’oxymore des étato-capitalistes, ce qui serait donner de la valeur à la novlangue de ces marchands de misère. On pourrait les nommer "capitalistes d’État privé" ou "ultralibéraux", mais pour simplifier on les nommera "propriétariens", cela pour reprendre la désignation qu’utilisent avec justesse les anarchistes états-uniens pour qualifier cette nouvelle escroquerie Etato-capitaliste.

    Bref, les anarcho-capitalistes (appelons les libertariens pour ne pas vexer certaines sensibilités) n'ont rien d'Etato-capitalistes puisqu'ils sont contre toute représentations de l'état, à la différence des libéraux minarchistes qui souhaitent conserver un Etat régalien, chargé de faire respecter les droits "dits naturel" (La propriété privée en est-il un est un autres débat)
    Bref soi c'est de la méconnaissance soi de la malhonnêteté.

    4e paragraphe:

    Pour clarifier le propos on n’utilisera pas l’oxymore des étato-capitalistes, ce qui serait donner de la valeur à la novlangue de ces marchands de misère. On pourrait les nommer "capitalistes d’État privé" ou "ultralibéraux", mais pour simplifier on les nommera "propriétariens", cela pour reprendre la désignation qu’utilisent avec justesse les anarchistes états-uniens pour qualifier cette nouvelle escroquerie Etato-capitaliste.

    Paragraphe absolument stérile mais qui permet à l'auteur de tacler au passage: marchands de misères. Considération subjective non étayée par son discours

    5e paragraphe guère plus d'intérêt même si l'on aimerait comprendre la différence entre etato-capitalisme (dont les libertariens ne sont pas) et le capitato-étatisme ? (Une vraie note de bas de page aurait été utile)

    Le paragraphe suivants sembln enfin rentrer dans le sujet: On se dit que l'on va enfin avoir la démonstration que "Les libertariens : rien de libertaire, tout de fasciste"

    Hormis la volonté expansionniste et vorace inhérente à l’étato-capitalisme (comme à son opposé : le capitalo-étatisme) dans toutes ses dimensions, les raisons pour laquelle des étato-capitalistes propriétariens usurpent des termes venant des anarchistes sont diverses.
    0

    Alors commencons par la "demonstration historique"

    Historiquement, il s’agit d’une des conséquences de la guerre froide, de la politique anticommuniste états-unienne (avec sa chasse aux sorcières organisée par les maccartystes), ce qui a amené les "socialistes" états-uniens à se dénommer "libéraux" (en référence au libéralisme politique ou aux démocrates libéraux), et par effet et en parallèle, les "libéraux" (en référence au libéralisme économique ou des ultralibéraux) ont dû trouver une autre désignation à leurs mouvements pour ne pas être confondus avec les "socialistes".

    Le rapport avec le schmilblick ? Ca fait d'eux des anarchistes "auto-désignés" ? Des fascictes ?

    Aller passons à l'idéologie:

    Idéologiquement, en partant de l’économie autrichienne et d’une définition très particulière et erronée de l’anti-étatisme, des libéraux [1] en sont arrivés petit à petit à s’autodésigner comme "anarchistes" (en interprétant largement les idées "anarchistes individualistes" dont ils se seraient inspirées) et cela malgré une contradiction évidente : défendre le capitalisme, implique un étatisme minimal ou maximal, une hiérarchie sociale, une société divisée en classes ainsi que le salariat, toutes conceptions totalement étrangères à l’anarchisme. Comme nous le verrons, leur anti-étatisme est étroit et faux, ce sont en fait des étatistes (des étato-capitalistes !) qui s’ignorent sciemment.

    "une définition très particulière et erronée de l’anti-étatisme" On aurait aimé comprendre sur quoi se basait cette certitude.
    Dommage la première note de bas de page ne rapporte que l'historique de cette "auto-désignation usurpatrice" et de cettg novlangue.

    Wikipédia ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Anarchisme ) m'apprend que:

    Depuis 1857, année où Joseph Déjacque a créé ce néologisme pour en renforcer le caractère égalitaire, le terme libertaire est, souvent, utilisé comme synonyme.

    novlangue ... néologisme (hormis la connotation péjorative je cerne mal la différence)

    Ce même Joseph Dejacque ne s'est pas "auto-designé" ainsi: http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_D%C3%A9jacque

    Joseph Déjacque (né le 27 décembre 1821 et mort le 18 novembre 1865 à Paris), est un militant et écrivain anarchiste.

    Mais pour lui c'est légitime évidemment.

    Comme bon nombre de théories totalitaires et manichéennes, ils divisent le monde en deux camps, le capitalisme et l’étatisme. Ils considèrent qu’il faut choisir son "camp", qu’on ne peut pas lutter contre le capitalisme et l’étatisme en même temps. Il s’agit là d’un discours hypocrite, en miroir de celui des sociaux-démocrates bolcheviques (puisque ces derniers ne refusaient pas le capitalisme d’État ; tout comme les propriétariens ne refusent pas l’étatisme privé, les uns et les autres partageant donc la même contradiction totalitaire avec des points de départ opposés). Dans les faits, le capitalisme et l’étatisme sont indissociables, l’un existe par l’autre et réciproquement. Tout le reste n’est qu’une question d’équilibre politico-idéologique : la lut-te se situe alors entre les étato-capitalistes (pour lesquels l’économie dirige le politique) et les capitalo-étatistes (qui veulent, à l’inverse, que le politique dirige l’économique). Pour masquer leur escroquerie qui résulte de l’incohérence entre la fin et les moyens, les propriétariens utilisent des mots trompeurs, comme le firent en leur temps les bolcheviques. Ce sont des manœuvres idéologiques dont l’idée est de créer l’illusion du nouveau ou du renouveau.

    Il est vrai que la les collectivistes dont font partie les anarchistes de tout poil ne divisent pas le monde en "camps" mais plutôt en classes. Ca change tout et ne les rends pas manichéens pour

    ronds. Leur clivage est évidemment beaucoup plus légitime.

    ils divisent le monde en deux camps, le capitalisme et l’étatisme.
    Les étato-capitalistes demande de choisir entre état et capitalisme ? Il faudrait savoir
    Encore un amalgame malhonnête pour essaye d'associer leur demi-frères communistes (Etat sans capitalisme) honnis.
    Mais bon, on ne leur rappellera pas encore une fois que les libertariens sont différents des minarchistes. Il faudrait essayer de mieux connaître son "ennemi" pour comprendre cette subtilité.

    Enfin on comprend la différence entre etato-capilatiste et vice versa (moi j'aurais plutôt associé l'inverse d'ailleurs)
    Les minarchistes et les socialistes reconnaissent un rôle à l'état ... Ouf. Les libertariens sont toujours hors du coup mais qu'importe. On ne rappellera pas non plus la différence fondamentale entre libéralisme et socialisme : la notion d'égalité (égalité des droits pour les uns et des chances pour les autres)

    Mais surtout le biais de ce raisonnement tiens dans cette affirmation non étayée:

    Dans les faits, le capitalisme et l’étatisme sont indissociables, l’un existe par l’autre et réciproquement. Tout le reste n’est qu’une question d’équilibre politico-idéologique.

    Un peu plus haut on parle d'ultralibéralime, et souvent les mêmes parlent de multinationales, de protectionnisme pour y faire face, dénigrent les accords multi-latéraux ...

    En pratique, les propriétariens déclarent qu’ils peuvent agir dans leur propriété privée (leur "patrie") comme si c’était un État [2] et inversement. Pour eux, le propriétaire, seul maître, a un droit absolu sur sa propriété et sur ses sujets (locataires, salariés, esclaves, citoyens). Il peut défendre sa propriété selon ses propres critères de "justice" et ses intérêts. Pour une organisation plus vaste, les propriétariens proposent des agences de protection, avec police privée, cours de justice privées, armées privées, et cela selon des codes de lois généraux propriétariens [3]. La liberté pour eux c’
    est la propriété et le fait de pouvoir choisir son maître, son esclave, son gouvernant, sa nation, sa police, sa justice...

    Wow c'est du lourd. la propriété privé est son Etat (citation note de bas de page difficile à interpréter et en rapport avec l'immigration). Etre ca y'est le mot est lâché. "ses sujets", l'escalavagisme... les (des) héritiers des humanistes du siècle des lumières(ils s'en revendiquent en tout cas) qui prônent le respect d'autrui en évitant coûte que coûte la coercition.
    Après la critique, se fait sur une société auto-géree sans intervention étatiste. Bizarre pour des etato-capitalistes ! Bizarre critique de la part de protagonistes de l'autogestion ! Peut-être que leur forme ou leur règles d'auto-gestion leur disconviennent mais l'honnêteté intellectuelle n'est pas de mise. Il eut fallu détailler ce point de désaccord, l'argumenter.

    Les derniers paragraphes concernent les accointances et les idées de "certains propriétariens" et voudraient amalgamer TOUS les libertariens à des fascistes par un procédé malhonnête qui relève encore une fois de l'homme de paille (généralisation)
    Etant donné que les citations (redondantes) fleurissent partout dan les commentaires, je m'efforcerai d'y répondre en une fois.

    Je maintiens donc que ce texte est au mieux un pamphlet écrit par quelqu'un de mal informé au pire un brûlot confit de malhonnêteté intellectuelle qui n'éclaire absolument pas le débat.

    Dsl Thomas pour cet hyper-hyper critique