• [^] # Re: heu..

    Posté par . En réponse au journal Le traité de Lisbonne dans toute sa splendeur. Évalué à 9. Dernière modification le 14 juin 2014 à 12:45.

    En fait, je vois l'histoire différemment.

    Il fut une époque où un seul salaire était suffisant pour faire vivre une famille entière, du moins pour ce qui est des besoins primaires (logement et se nourrir), et ce dans la plupart des pays européens occidentaux voire même ailleurs, que ce soit sous des démocraties ou certaines dictatures. À cette époque, la technologie était beaucoup plus rudimentaire, produire coûtait plus de temps humain, et une plus grande partie de la population travaillait à produire pour combler ces besoins primaires.

    La logique voulait qu'on laisse la liberté aux femmes comme aux hommes de se partager ce travail, et donc de pouvoir obtenir ainsi un niveau de vie plus agréable pour tous, avec une charge de travail inférieure. Donc le travail aurait du devenir un problème moitié moins important. Et une médiatisation importante a été faite en ce sens, pour qu'on devienne tous égaux, et on y a cru. La réalité c'est qu'aux tâches ménagères (que ce soit l'homme ou la femme qui les fasse, partagées ou non), s'est rajouté un autre travail à plein temps sans contre-partie, et que le partage qui aurait du avoir lieu s'est juste transformé en géniale manœuvre pour consolider la société de production et de consommation, et doubler l'argent qui circule, et enlever du temps aux gens histoire qu'ils ne puissent pas sortir la tête du bidon trop longtemps, c'est dangereux, ils risqueraient de réfléchir. Mais pour le coup, c'est sûr, on est devenu égaux, à tel point qu'il est mal vu pour une femme ou un homme de ne plus travailler. Et nos dirigeants nous répètent souvent l'importance du travail, de l'égalité, etc... comique quand on sait qu'il a toujours été mal vu de travailler dans la noblesse. Ils s'en fichaient bien de l'égalité, mais ils ont bien profité de l'argument pour mieux nous exploiter. Et pendant que les gens s'inquiétaient d'égalité des sexes ou autres choses du genre, la seule inégalité vraiment nuisible de façon évidente, celle des classes sociales, est passée à la trappe (alors que les femmes riches, l'égalité homme-femme, ça devait bien les faire rire).

    Puis la technologie s'est améliorée. Maintenant, une toute petite partie de la population est capable de produire de quoi satisfaire les besoins alimentaires. La suite logique, c'était que du coup, la population travaille moins, puisque ce n'est plus nécessaire, et puisse se consacrer aux activités qui l'intéressait le plus, innover en laissant s'exprimer librement ses vocations. Encore ici, la charge de travail aurait du grandement diminuer, et le travail aurait pu être flexibilisé en termes d'horaires, outils utilisés, car de toutes façons le boulot pour couvrir les besoins primaires était fait. Les avancées technologiques auraient du nous gagner du temps libre.

    Mais non, des quantités de faux problèmes sont arrivés pour faire en sorte, que non seulement les hommes et les femmes ont le droit de travailler, ils y sont maintenant obligés pour la plupart. Acheter un logement sans crédit est devenu hors de question pour le commun des mortels. On croule sous les différents impôts, assurances à payer. Le marché du travail est tellement peu flexible, que les seuls qui s'y retrouvent sont les grandes entreprises qui peuvent consacrer des personnes à plein temps sur les problèmes bureaucratiques et juridiques. Sinon, une petite entreprise n'y réfléchirait pas à deux fois pour embaucher quelqu'un, même s'il n'a pas un cv standard. Et l'employé n'y réfléchirait pas non plus à deux fois pour quitter une entreprise, ou faire la sienne propre.

    Bref, alors que grâce aux avancées technologiques on aurait du aller vers une libération et réduction du travail, on est restés pieds et mains liés, dans une situation d'esclavage où on doit suivre un parcours dicté par le système depuis son plus jeune âge pour réussir à se caser quelque part, et ensuite, si on a de la chance, on doit remercier le système de nous avoir laissé un petit coin sûr quelque part, tellement sûr qu'en général on en sort difficilement.