Le référendum, c'était censé décider si on adopte la constitution européenne ou pas. Quand il a été posé, les règles étaient claires: chaque pays devait l'adopter, ou il était rejeté.
La consultation interne à la France, c'était une idée géniale de Chirac pour faire chier le PS, dont les divisions sur le projet européen (ou plutôt l'absence de projet européen) étaient béantes. D'ailleurs on peut dire que de ce point de vue là, chapeau l'artiste, et je ne vais pas pleurer sur le sort des dindons de l'affaire.
A part ça, c'était bel et bien une absurdité comme on va essayer de le voir par un petit effort d'imagination.
Imaginons donc la dernière réforme de la constitution française, la Loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 adopté de manière pantouflarde par le congrès ump, aurait dû à la place être avalisée dans chacune des régions françaises, chacune ayant son propre mode de validation. De façon totalement indépendante, l'Ile de France et la grande majorité des autres régions (ou l'Allemagne, la Belgique, ...) l'avalisent par un vote au conseil régional, sous la surveillance de leur conseil constitutionnel régional ; de l'autre côté 4 régions Rhones-Alpes, PACA, Franche-Comté et Basse Normandie (ou bien France, Espagne, Pays-Bas et Luxembourg) organisent une consultation populaire interne.
Ensuite il s'avère ô surprise que certaines régions où il y a eu un vote populaire ont voté oui, d'autres non (d'ailleurs en global le "oui" l'a emporté légèrement), que la grande majorité des régions ayant fait intervenir le conseil régional ont voté oui, et que certaines des régions ayant bien décidé de faire voter le conseil régional en dernier auraient voté "non" (L'Angleterre).
Ensuite on garde à l'esprit que l'UE a un cadre constitutionnel (Maastricht-Nice) qui a montré son ineffacité structurelle à faire ce qu'on attend d'elle (c'est quand même fou que les USA se tirent mieux que nous d'une crise née chez eux, non ?), que la révision constitutionnelle n'était donc pas de luxe et même sans doute trop timide. Je commence d'ailleurs à penser qu'il mieux vaudrait encore sortir de l'UE s'il s'avérait que décidément aucune initiative ne vient pour sortir de status quo pourri.
En tout cas, et pour couronner le tout, les régions ayant voté non ou qui auraient voté non (Angleterre) ou qui voteront non plus tard à une réforme similaire (Irlande) refusent absolument de dire si au fond, elles préfèrent être dedans ou dehors, et au cas où la réponse serait "dedans", pour quel projet.
Le bordel ainsi organisé a dépassé toutes les espérances !
[^] # Le bordel du mode de ratification à la carte
Posté par jean-michel.bertrou.eu . En réponse au journal Le traité de Lisbonne dans toute sa splendeur. Évalué à 4.
La consultation interne à la France, c'était une idée géniale de Chirac pour faire chier le PS, dont les divisions sur le projet européen (ou plutôt l'absence de projet européen) étaient béantes. D'ailleurs on peut dire que de ce point de vue là, chapeau l'artiste, et je ne vais pas pleurer sur le sort des dindons de l'affaire.
A part ça, c'était bel et bien une absurdité comme on va essayer de le voir par un petit effort d'imagination.
Imaginons donc la dernière réforme de la constitution française, la Loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 adopté de manière pantouflarde par le congrès ump, aurait dû à la place être avalisée dans chacune des régions françaises, chacune ayant son propre mode de validation. De façon totalement indépendante, l'Ile de France et la grande majorité des autres régions (ou l'Allemagne, la Belgique, ...) l'avalisent par un vote au conseil régional, sous la surveillance de leur conseil constitutionnel régional ; de l'autre côté 4 régions Rhones-Alpes, PACA, Franche-Comté et Basse Normandie (ou bien France, Espagne, Pays-Bas et Luxembourg) organisent une consultation populaire interne.
Ensuite il s'avère ô surprise que certaines régions où il y a eu un vote populaire ont voté oui, d'autres non (d'ailleurs en global le "oui" l'a emporté légèrement), que la grande majorité des régions ayant fait intervenir le conseil régional ont voté oui, et que certaines des régions ayant bien décidé de faire voter le conseil régional en dernier auraient voté "non" (L'Angleterre).
Ensuite on garde à l'esprit que l'UE a un cadre constitutionnel (Maastricht-Nice) qui a montré son ineffacité structurelle à faire ce qu'on attend d'elle (c'est quand même fou que les USA se tirent mieux que nous d'une crise née chez eux, non ?), que la révision constitutionnelle n'était donc pas de luxe et même sans doute trop timide. Je commence d'ailleurs à penser qu'il mieux vaudrait encore sortir de l'UE s'il s'avérait que décidément aucune initiative ne vient pour sortir de status quo pourri.
En tout cas, et pour couronner le tout, les régions ayant voté non ou qui auraient voté non (Angleterre) ou qui voteront non plus tard à une réforme similaire (Irlande) refusent absolument de dire si au fond, elles préfèrent être dedans ou dehors, et au cas où la réponse serait "dedans", pour quel projet.
Le bordel ainsi organisé a dépassé toutes les espérances !