Tanguy se place d'un point de vue moral, et tu dis que moral ou pas moral, il faut voir si ça empêche les gens qui possèdent les droits d'auteur ou le copyright AUTRES que les producteurs et présentateurs directs (donc la chaîne Comedy Central, etc.) de faire du profit (je ne vois aucun autre moyen d'être lésé).
D'un point de vue pécuniaire, il n'y a aucune perte d'argent, et du point de vue moral, parce qu'ils estiment qu'ils ne peuvent pas faire de fric (ou bien parce qu'ils ne veulent pas dépenser les sous à embaucher un traducteur pour mettre des sous-titres) ils décident que personne d'autre que le peuple nord-américain aura le droit de mater leur émission. Pour le dire autrement : ils interdisent l'accès à plusieurs émissions parce qu'ils trouvent qu'il n'y a pas de perspective de profit à laisser l'accès libre à quelque chose qu'ils proposent de toute manière en accès libre pour peu que tu aies une IP qui a un préfixe qui leur plaît. Ça ressemble un peu à un sketch d'Élie et Dieudonné : « J'ai une émission télé, et quand on a une émission télé, on a pas le droit de la prêter. »
Pour reprendre ce que tu disais :
Ah mais c'est cool ca, je peux diffuser un fork proprio de linux alors.
Ils vont pas perdre d'argent vu qu'ils ont pas specialement envie de diffuser en non proprio!
Non, tu renverses la raison pour laquelle le droit d'auteur en France a été créé : parce que des gens comme Beaumarchais écrivaient des pièces, n'avaient pas forcément de problème avec les gens qui copiaient et jouaient la pièce sans lui payer un sous, mais par contre il avait clairement un gros souci avec les imprimeurs et éditeurs qui copiaient le texte en lui-même, et revendaient la chose sans rien lui reverser. Pour simplifier : tant que c'est pour un usage non-commercial, il se fichait qu'on copie ses œuvres. C'est quand des gens ont commencé à se faire du fric sur son dos qu'il s'est fâché.
L'exemple du Daily Show est celui de spectateurs qui assistent à une « représentation ». L'exemple que tu donne est celui d'un éditeur ou imprimeur qui reprend le contenu produit par quelqu'un, et cherche à se faire du fric sur son dos. La nature de la copie est complètement différente : dans un cas il y a « soustraction » (se faire du fric sans rien reverser), dans il y a multiplication (au pire par 1, donc aucun avantage; au moins par n, c'est-à-dire qu'ils s'ouvrent des horizons pour potentiellement voir qu'il y a un marché réceptif à ce genre d'émission).
Je vais citer le cas bien connu de « Shaolin Soccer » qui, sans l'immense partage dont il a bénéficié sur le net à l'époque n'aurait pas pu déboucher sur la diffusion dans les salles de ciné du film en question, ainsi que la diffusion d'autres films de Stephen Chow.
Idem pour le film « Bride ce Nice », qui n'aurait jamais pu voir le jour sans le partage monstrueux de 3 sketches sur le net. Le film est une bouse, mais il n'aurait jamais pu voir le jour sans le partage d'une certaine « propriété intellectuelle » (quelle expression de merde).
Tout ceci étant dit, il est possible qu'une chaîne de télé française ait acquis les droits de diffusion du Daily Show et du Colbert Report, et que du coup il y ait une demande d'exclusivité. C'est ce qui était arrivé entre 2007 et 2009 avec Canal+ (qui — surprise ! — avait fini par créer le petit journal).
[^] # Re: Mouais...
Posté par lasher . En réponse au journal [hors-sujet] Rendez nous Colbert et John Stewart !. Évalué à 4.
Tanguy se place d'un point de vue moral, et tu dis que moral ou pas moral, il faut voir si ça empêche les gens qui possèdent les droits d'auteur ou le copyright AUTRES que les producteurs et présentateurs directs (donc la chaîne Comedy Central, etc.) de faire du profit (je ne vois aucun autre moyen d'être lésé).
D'un point de vue pécuniaire, il n'y a aucune perte d'argent, et du point de vue moral, parce qu'ils estiment qu'ils ne peuvent pas faire de fric (ou bien parce qu'ils ne veulent pas dépenser les sous à embaucher un traducteur pour mettre des sous-titres) ils décident que personne d'autre que le peuple nord-américain aura le droit de mater leur émission. Pour le dire autrement : ils interdisent l'accès à plusieurs émissions parce qu'ils trouvent qu'il n'y a pas de perspective de profit à laisser l'accès libre à quelque chose qu'ils proposent de toute manière en accès libre pour peu que tu aies une IP qui a un préfixe qui leur plaît. Ça ressemble un peu à un sketch d'Élie et Dieudonné : « J'ai une émission télé, et quand on a une émission télé, on a pas le droit de la prêter. »
Pour reprendre ce que tu disais :
Non, tu renverses la raison pour laquelle le droit d'auteur en France a été créé : parce que des gens comme Beaumarchais écrivaient des pièces, n'avaient pas forcément de problème avec les gens qui copiaient et jouaient la pièce sans lui payer un sous, mais par contre il avait clairement un gros souci avec les imprimeurs et éditeurs qui copiaient le texte en lui-même, et revendaient la chose sans rien lui reverser. Pour simplifier : tant que c'est pour un usage non-commercial, il se fichait qu'on copie ses œuvres. C'est quand des gens ont commencé à se faire du fric sur son dos qu'il s'est fâché.
L'exemple du Daily Show est celui de spectateurs qui assistent à une « représentation ». L'exemple que tu donne est celui d'un éditeur ou imprimeur qui reprend le contenu produit par quelqu'un, et cherche à se faire du fric sur son dos. La nature de la copie est complètement différente : dans un cas il y a « soustraction » (se faire du fric sans rien reverser), dans il y a multiplication (au pire par 1, donc aucun avantage; au moins par
n, c'est-à-dire qu'ils s'ouvrent des horizons pour potentiellement voir qu'il y a un marché réceptif à ce genre d'émission).Je vais citer le cas bien connu de « Shaolin Soccer » qui, sans l'immense partage dont il a bénéficié sur le net à l'époque n'aurait pas pu déboucher sur la diffusion dans les salles de ciné du film en question, ainsi que la diffusion d'autres films de Stephen Chow.
Idem pour le film « Bride ce Nice », qui n'aurait jamais pu voir le jour sans le partage monstrueux de 3 sketches sur le net. Le film est une bouse, mais il n'aurait jamais pu voir le jour sans le partage d'une certaine « propriété intellectuelle » (quelle expression de merde).
Tout ceci étant dit, il est possible qu'une chaîne de télé française ait acquis les droits de diffusion du Daily Show et du Colbert Report, et que du coup il y ait une demande d'exclusivité. C'est ce qui était arrivé entre 2007 et 2009 avec Canal+ (qui — surprise ! — avait fini par créer le petit journal).