• [^] # Re: auto-org

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Le mouvement des néo-hippies. Évalué à 1.

    Je ne vais pas relever tous les points ni répondre forcément dans le fil, simplement indiquer quelques points :

    Vous disiez au-dessus qu’il fallait plus de spécialisation, maintenant qu’il faut former des citoyens. C’est purement incompatible

    En quoi c'est incompatible ?
    On n'est pas obligé d'avoir une filière unique jusqu'à 16 ans pour former des citoyens corrects avec une certaine culture.

    la spécialisation entraîne l'abandon de certaines matières, accessibles soit uniquement par la suite (économie généraliste remplacée par comptabilité, abandon français & philosophie voire langues étrangères) : l'orientation en spécialisation avant 16 ans est clairement une orientation forte.

    Quel gamin de 17 ans sait ce qu’il veut faire plus tard ?

    Pas grand monde, je le sais. Mais certains savent ce qu'ils veulent, ou veulent en tout cas essayer.

    j'en faisais partie, je voulais faire de l'informatique, j'ai pour autant choisi la voie royale vu qu'elle m'était proposée (et en 1990 année de mon bac, bin yavait pas vraiment, un peu plus en terminale E, d'ailleurs bien plus pointue sur le volet scientifique, j'aurais dû changer de lycée, j'ai fait une C).

    Par contre si tu jettes un œil aux élites, c’est de la filière L en pagaille.

    J'ai failli m'étrangler.

    bah, c'est ce que je constate aujourd'hui et qui m'étonnait à l'époque, sans que je comprenne pourquoi : j'ai eu pas mal de potes en L bien plus mûrs que moi sur bien des sujets et capables de les intégrer ainsi qu'avoir une réflexion que je n'aurais pas eu (et n'ai sans doute pas encore).

    Je parle de la situation actuelle, si tu regardes les élites qui ont 60 ans aujourd'hui c'est peut être vrai que la filière L était à l'époque bien considérée et valorisée. Aujourd'hui cette filière est particulièrement décriée, ce sont rarement les meilleurs élèves qui y vont. La S est considérée comme la voie royale et toute autre filière est automatiquement cataloguée comme inférieure ce qui incite à des élèves d'y aller même s'ils n'aiment pas les sciences !

    c'était vrai à ma connaissance de 1990 à 2005, si ça n'a pas évolué après, c'est bien dommage...

    Au moins, pour les DUT/IUT, l'accès à une suite vers ingénieur a permis de faire reconnaître l'efficacité de la filière et ipso facto l'intérêt de ces formations (je ne dis pas qu'il faut être ingénieur, simplement que d'en donner la possibilité... bon je ne sais pas tourner la phrase pour indiquer quelque chose de non élitistes, hormis que même si je suis ingénieur, je reconnais comme mes pairs beaucoup de ceux qui auront choisi d'être plus efficace que moi, à faire un DUT/IUT...).

    Pour ceux en L, au moins pipo^Wsciences-po ne leur est pas fermé (et là je vais encore repasser comme un élitiste /o\). Finalement, les ENS sont tout de même bien plus ouvertes (je n'y suis pas entré, mais j'ai aussi vu des interactions entre les filières grâce à des potes).

    Un élève de S pourra aller à hypokhâgne et autre, un élève de L ne pourra même pas postuler à un DUT ou une licence informatique (ou alors avec un très bon dossier).

    c'était vrai à ma connaissance de 1990 à 2005, si ça n'a pas évolué après, c'est bien dommage...

    La richesse provient de la diversité àmha, ceux avec qui je m'entends le mieux proviennent (en tout cas en informatique) généralement de l'université, des IUT/DUT, éventuellement d'une reconversion en informatique.

    N'ayant connu l'éducation nationale qu'en école, 3 ans ne me permettent que difficilement d'en avoir un jugement... J'ai passé 3 bonnes années en tout cas et, de même, la diversité apportait beaucoup et les types d'activités accessibles (bon, je n'avais pas de philo possible comme à Central'Pa :/).

    Bref. Pourquoi tant focaliser en France sur un concours que l'on a passé il y a 20 ans ? Les gens évoluent, apprennent, réalisent, je ne suis pas mon CV... Et oui, pour avoir vu une personne en BEP continuer ses études pour pouvoir prendre la gérance d'un commerce, il y a quelques voies de "rattrapage" qui seraient à indiquer.

    Tant qu'il restera àmha une mentalité d'interruption des études => c'est anormal, contrairement aux US ou en Australie (ou après le bac une année sabbatique est recommandée) sans retour facile à se former et le faciliter (pas des cours du CNAM de 18h à 21, pas d'année obligatoire pour passer un diplôme d'ingénieur...) mais au contraire reconnaître les acquis (ce que fait le VAE) et le promouvoir, cela restera difficile, même si faisable pour une minorité (alors que cela devrait être généralisé : nous ne sommes pas nos études :p pas seulement en tout cas).