>c'est une compagnie privée et donc elle fait bien ce qu'elle veut
je pense que tu as parfaitement raison,
d'autant que je suis d'accord...
On tombe là au croisement de deux mirages qui réunis préservent une conception caricaturale de notre société. Caricature bien entendu rassurante et démobilisatrice (le genre de chimère qui fait que les prud'hommales atteignent une participation honteuse et que l'investissement asociatif ou militant décroit en continu...)
Le premier mythe (ça y est je me prends vraiment pour Barthes 8-)
c'est l'innocence de l'entreprise privée. Elle rechercherait d'abord la satisaction du consommateur. c'est le premier mensonge é-nor-me...
une société recherche des bénéfices, elle arbitre dans ses prestations entre ses intérêts financiers et les attentes présumées voire (plus simple et plus efficace) construites (pub/buzz/propagande) de sa clientèle. un point et basta.
Comment vit Google ? Une bande de passionné genre Gnu/Debian ??
Non, une boîte qui vend des services. http://www.google.fr/intl/fr/profile.html(...)
Et le service qui est devenu apparent c'est le référencement payant (c'est le business model des pages jaunes, c'est pas tout jeune et une partie de ma paie en provient, c'est vous dire si je suis concerné...). le plus drôle c'est les commentaires type lesechos.net qui disent "google fait enfin à visage découvert ce que tout le monde fait ! Bravo, transparence etc..."
Woui... je pense surtout que nombre de googleurs fous auraient vite sentis le truc et l'auraient très mal pris sinon...
Avec ces filtres discrets -et moi aussi c'est leur discrétion qui me choque- on passe à une autre étape : un procès ça peut faire mal aux finances (avocats + prune possible) et à l'image (bien pire quant on vit grâce à ses référencés payants)
Le deuxième mirage c'est la certitude de la possibilité d'un contrôle du "Pêre" symbolique absolu : l'Etat.
Pour évoquer l'évolution de l'intervention de l'Etat au-delà de l'Etat Providence on parle de logique assurantielle. c'est ce qui explique l'explosion des fonds d'indemnisation contre tout et le reste.
C'est souvent ubuesque, ex : les malheureux allemands innondés cet été râlaient tous contre l'Etat, l'Etat aurait dû prévoir, aurait du interdire ceci cela...
Donc tout le monde est irresponsable sauf l'Etat.
En fait ça revient à demander à un chapon à qui l'on ôte ces males attributs de jouer au coq sur une basse-cour démesurée (mes aïeux quelle image...)
Parceque dans le même temps tout le monde râle contre la paperasse, les impôts, les charges càd les moyens de cette autorité publique dont on reproche l'absence ou l'insuffisance. Or AMHA très partial le problème ce n'est jamais l'argent que l'on donne mais l'usage qui est en fait (le fameux contrôle sur l'usage des deniers publics que peut exercer tout citoyen dixit la déclaration des droits de l'homme et du citoyen...oui mais c'est long et nous sommes tellemmment paresseux)
Au final on obtient
A/ des lois mal fichues soit qu'on les trouve par trop liberticides soit honteusement permissives. Oui mais l'autorité publique y trouve une justification (maladroite) de son existence. Soyons honnêtes, si des sites repoussants proliféraient nous ne mâcherions pas nos mots contre, contre... ,? l'Etat bien sûr. Mais combien considérerez infâme un contrôle préventif de la publication sur internet par autorisation ou par filtrage (qui aurait l'avantage d'être efficace à l'opposé des dispositifs type loi gayssot !)
B/ des société privées qui naviguent au plus près de leurs intérêts et qui s'octroient donc des droits disproportionnés. Conséquente récursive, le défaut initial s'amplifiant, on serait tenté de réclamer à l'Etat qu'il contrôle ces dérives corporatistes. Avec à nouveau l'effet de cisaille entre intérêt collectif (voire intérêts collectifs) et libertés individuelles. Trop ça restera trop et pas assez c'est bien insuffisant...
D'où cette piste de reflexion, en tant que citoyen nous ne devons pas oublier que "vous avez le droit de critiquer l'état mais n'oubliez pas que l'Etat c'est vous" ("devise" de la poste allemande il y a fort longtemps). Dans l'attente d'un coup d'état linuxien, nous sommes libres d'agir selon les procédures existantes.
>qu'ils soient gratuits ou pas ne devrait rien changer.
C'est -juridiquement- intéressant, y-a-t'il une prestation marchande ?? pas de facturation certes mais des publicités liées ! il y aurait une voie à explorer en saissisant la dgccrf pour signaler l'absence des conditions générales des prestations. Après tout on est dans une logique de bannière améliorée (tu paies pas mais tu vois mes pubs coco !) J'ai vérifié rapidement sur google.fr pas de trace desdites conditions en première page , problème par rapport au code de la consomation éventuellement (chuis pas expert du sujet). J'ai fini par trouver lesdites conditions en page 2
Jetez un oeil là à deni de garantie et limites de responsabilité http://www.google.fr/intl/fr/terms.html(...)
on sait à quoi s'en tenir, c'est digne d'un éditeur de logiciel :))
Au final un économiste brillant a défini la seule alternative face à un service dont on a lieu de se plaindre : "Voice" ou "exit". Exprimer son désaccord et s'il n'est pas attendu, partir et changer de crèmerie.
Salut et fraternité,
Jean-Alexandre
--
"non non c'est trop long" dit le chapon
[^] # Re: Google censure ses réponses en France et en Allemagne <long>
Posté par yojik77 . En réponse à la dépêche Google censure ses réponses en France et en Allemagne. Évalué à 7.
je pense que tu as parfaitement raison,
d'autant que je suis d'accord...
On tombe là au croisement de deux mirages qui réunis préservent une conception caricaturale de notre société. Caricature bien entendu rassurante et démobilisatrice (le genre de chimère qui fait que les prud'hommales atteignent une participation honteuse et que l'investissement asociatif ou militant décroit en continu...)
Le premier mythe (ça y est je me prends vraiment pour Barthes 8-)
c'est l'innocence de l'entreprise privée. Elle rechercherait d'abord la satisaction du consommateur. c'est le premier mensonge é-nor-me...
une société recherche des bénéfices, elle arbitre dans ses prestations entre ses intérêts financiers et les attentes présumées voire (plus simple et plus efficace) construites (pub/buzz/propagande) de sa clientèle. un point et basta.
Comment vit Google ? Une bande de passionné genre Gnu/Debian ??
Non, une boîte qui vend des services.
http://www.google.fr/intl/fr/profile.html(...)
Et le service qui est devenu apparent c'est le référencement payant (c'est le business model des pages jaunes, c'est pas tout jeune et une partie de ma paie en provient, c'est vous dire si je suis concerné...). le plus drôle c'est les commentaires type lesechos.net qui disent "google fait enfin à visage découvert ce que tout le monde fait ! Bravo, transparence etc..."
Woui... je pense surtout que nombre de googleurs fous auraient vite sentis le truc et l'auraient très mal pris sinon...
Avec ces filtres discrets -et moi aussi c'est leur discrétion qui me choque- on passe à une autre étape : un procès ça peut faire mal aux finances (avocats + prune possible) et à l'image (bien pire quant on vit grâce à ses référencés payants)
Le deuxième mirage c'est la certitude de la possibilité d'un contrôle du "Pêre" symbolique absolu : l'Etat.
Pour évoquer l'évolution de l'intervention de l'Etat au-delà de l'Etat Providence on parle de logique assurantielle. c'est ce qui explique l'explosion des fonds d'indemnisation contre tout et le reste.
C'est souvent ubuesque, ex : les malheureux allemands innondés cet été râlaient tous contre l'Etat, l'Etat aurait dû prévoir, aurait du interdire ceci cela...
Donc tout le monde est irresponsable sauf l'Etat.
En fait ça revient à demander à un chapon à qui l'on ôte ces males attributs de jouer au coq sur une basse-cour démesurée (mes aïeux quelle image...)
Parceque dans le même temps tout le monde râle contre la paperasse, les impôts, les charges càd les moyens de cette autorité publique dont on reproche l'absence ou l'insuffisance. Or AMHA très partial le problème ce n'est jamais l'argent que l'on donne mais l'usage qui est en fait (le fameux contrôle sur l'usage des deniers publics que peut exercer tout citoyen dixit la déclaration des droits de l'homme et du citoyen...oui mais c'est long et nous sommes tellemmment paresseux)
Au final on obtient
A/ des lois mal fichues soit qu'on les trouve par trop liberticides soit honteusement permissives. Oui mais l'autorité publique y trouve une justification (maladroite) de son existence. Soyons honnêtes, si des sites repoussants proliféraient nous ne mâcherions pas nos mots contre, contre... ,? l'Etat bien sûr. Mais combien considérerez infâme un contrôle préventif de la publication sur internet par autorisation ou par filtrage (qui aurait l'avantage d'être efficace à l'opposé des dispositifs type loi gayssot !)
B/ des société privées qui naviguent au plus près de leurs intérêts et qui s'octroient donc des droits disproportionnés. Conséquente récursive, le défaut initial s'amplifiant, on serait tenté de réclamer à l'Etat qu'il contrôle ces dérives corporatistes. Avec à nouveau l'effet de cisaille entre intérêt collectif (voire intérêts collectifs) et libertés individuelles. Trop ça restera trop et pas assez c'est bien insuffisant...
D'où cette piste de reflexion, en tant que citoyen nous ne devons pas oublier que "vous avez le droit de critiquer l'état mais n'oubliez pas que l'Etat c'est vous" ("devise" de la poste allemande il y a fort longtemps). Dans l'attente d'un coup d'état linuxien, nous sommes libres d'agir selon les procédures existantes.
>qu'ils soient gratuits ou pas ne devrait rien changer.
C'est -juridiquement- intéressant, y-a-t'il une prestation marchande ?? pas de facturation certes mais des publicités liées ! il y aurait une voie à explorer en saissisant la dgccrf pour signaler l'absence des conditions générales des prestations. Après tout on est dans une logique de bannière améliorée (tu paies pas mais tu vois mes pubs coco !) J'ai vérifié rapidement sur google.fr pas de trace desdites conditions en première page , problème par rapport au code de la consomation éventuellement (chuis pas expert du sujet). J'ai fini par trouver lesdites conditions en page 2
Jetez un oeil là à deni de garantie et limites de responsabilité
http://www.google.fr/intl/fr/terms.html(...)
on sait à quoi s'en tenir, c'est digne d'un éditeur de logiciel :))
Au final un économiste brillant a défini la seule alternative face à un service dont on a lieu de se plaindre : "Voice" ou "exit". Exprimer son désaccord et s'il n'est pas attendu, partir et changer de crèmerie.
Salut et fraternité,
Jean-Alexandre
--
"non non c'est trop long" dit le chapon