Non, « ceux qui rendent ces jugements » font leur boulot.
Je voudrais nuancer. Rien n'interdit dans la loi de faire un lien vers un site illégal. C'est le site qui est illégal, pas son évocation. De même, j'ai le droit de parler de tel ou tel bouquin négationniste ou autre (notamment pour le critiquer, comme le font des historiens comme Vidal-Naquet), même si le bouquin est interdit à la vente. Donc Google fait dans la censure préventive, et froussarde qui plus est, et empêche la tenue éventuelle d'un procès qui aurait au moins le mérite de poser le problème clairement (et de déclencher moultes réactions indignées si l'issue se révélait être une condamnation, tandis qu'avec une "résolution commerciale des conflits" le champ possible de la contestation est extrêmement limité, ce que préfère bien évidemment Google).
Autre chose : le plus crétin, c'est que les gens qui ont voulu et veulent créer ce genre de jurisprudence (par exemple dans l'affaire Yahoo, même si c'était encore différent) sont en majeure partie des gens dont le boulot (cf. Marc Knobel, chercheur au centre Simon Wiesenthal) est précisément de... traquer le racisme et l'antisémitisme sur Internet. Comment ces fins esprits espèrent-ils faire leur boulot s'ils promeuvent les pratiques juridiques qui les empêchera d'accéder aux informations dont ils ont besoin ? Et pourquoi d'autres qu'eux n'auraient-ils pas la possibilité de constater l'étendue des dégâts ? A la limite, on pourrait presque y voir la volonté de se ménager une exclusivité d'exploitation dans le domaine (mais ce serait faire preuve de mauvais esprit, car il est bien connu qu'il n'y a pas de concurrence en matière de recherche et de production d'expertise :-)).
[^] # Re: Google censure ses réponses en France et en Allemagne
Posté par Moby-Dik . En réponse à la dépêche Google censure ses réponses en France et en Allemagne. Évalué à 10.
Je voudrais nuancer. Rien n'interdit dans la loi de faire un lien vers un site illégal. C'est le site qui est illégal, pas son évocation. De même, j'ai le droit de parler de tel ou tel bouquin négationniste ou autre (notamment pour le critiquer, comme le font des historiens comme Vidal-Naquet), même si le bouquin est interdit à la vente. Donc Google fait dans la censure préventive, et froussarde qui plus est, et empêche la tenue éventuelle d'un procès qui aurait au moins le mérite de poser le problème clairement (et de déclencher moultes réactions indignées si l'issue se révélait être une condamnation, tandis qu'avec une "résolution commerciale des conflits" le champ possible de la contestation est extrêmement limité, ce que préfère bien évidemment Google).
Autre chose : le plus crétin, c'est que les gens qui ont voulu et veulent créer ce genre de jurisprudence (par exemple dans l'affaire Yahoo, même si c'était encore différent) sont en majeure partie des gens dont le boulot (cf. Marc Knobel, chercheur au centre Simon Wiesenthal) est précisément de... traquer le racisme et l'antisémitisme sur Internet. Comment ces fins esprits espèrent-ils faire leur boulot s'ils promeuvent les pratiques juridiques qui les empêchera d'accéder aux informations dont ils ont besoin ? Et pourquoi d'autres qu'eux n'auraient-ils pas la possibilité de constater l'étendue des dégâts ? A la limite, on pourrait presque y voir la volonté de se ménager une exclusivité d'exploitation dans le domaine (mais ce serait faire preuve de mauvais esprit, car il est bien connu qu'il n'y a pas de concurrence en matière de recherche et de production d'expertise :-)).