• [^] # Re: Pas nouveau

    Posté par . En réponse au journal Robovolution, politique économique et copains. Évalué à 5.

    Je ne dis pas que c'est bien ou mal, je dis juste que ça fonctionne tel que l'État le souhaite. Le résultat n'est pas le fruit d'un fourbe complot qui dénature l'idée des subventions, le résultat est exactement ce qui est voulu.

    Peut-être que dans les beaux discours on te racontera le contraire, mais dans la pratique, l'État préfère traiter avec deux ou trois interlocuteurs maximum, de préférence "vraiment très gros". On l'a encore vu avec le programme "cloud à la Française" dont les acteurs ne sont pas les choix les plus évidents quand on connaît le secteur, mais qui ont par contre une taille plus que respectable.
    L'idée est que ces grosses boites demanderont à leur tour les services de PME voire les rachèteront.

    Maintenant, que ce fonctionnement ne plaise pas aux PME, c'est une toute autre histoire. Et que ce soit la "bonne" manière de faire, tout dépend de la finalité recherchée.

    Si tu me demandes mon avis, je te dirai que la politique doit être différenciée suivant les secteurs. Pour tout ce qui touche au marché industriel, il faut privilégier à fond la compétence et le savoir-faire, et on trouve ça souvent dans des PME plus ou moins spécialisée que dans des sous-divisions obscures de grands groupes dans lesquels personne ne sait comment recruter des gens compétents pour une spécialité donnée.

    Par contre, certains marchés demandent une taille critique. C'est le cas par exemple des entreprises qui visent le marché de masse grand-public (on ne retiendra jamais 12 noms de petits fabricants de téléphone, par contre un seul très gros peut se faire une place à l'international), c'est le cas aussi des industries à gros capitaux (aéronautique, nucléaire, trains, etc.).

    Le problème de la robotique, c'est que c'est trop vague pour être facilement mis dans une case. Il y a un marché industriel qui existe déjà, et on aperçoit à l'horizon l'émergence d'un marché grand public complètement nouveau.

    Enfin, toute subvention doit bien évidemment être associée à une contrepartie, qui doit comprendre un volet sur la localisation des activités, et pourquoi pas sur l'indépendance du bénéficiaire.

    En fait, ça ne serait pas forcément plus mal de transformer plus de subventions en investissements par un ou plusieurs fonds souverains "orientés" par l'État mais gérés par des gens vraiment capables. Ça veut dire entre autre que si tu refuses la vente de DailyMotion à Yahoo, tu reviens derrière mettre les sous dans la boite pour assurer son développement indépendant (ben oui! si DM avait pu grossir à la taille de Youtube sans capital supplémentaire, ses propres dirigeants n'auraient jamais accepté de vendre pour commencer!).