C'est effectivement plus digeste qu'un film de presque une heure, mais le billet m'a interloqué sur plusieurs points:
1.Il y a une affirmation qui dit que l'évolution devrait favoriser les femmes plus grandes, pourquoi n'en serait-il pas de même pour les grands singes? D'autant que eux se fichent certainement de savoir qui du mâle ou de la femelle est le plus gros.
2.J'ai vérifié par curiosité pour les Gibbons. D'abord c'est difficile, parce que "Gibbon" est une sorte de fourre-tout pour au moins 9 espèces différences
Mais pour l'instant, ce que je trouve, c'est:
Gibbon blanc:
Mâle: 5.7kg en moyenne
Femelle: 5.3kg en moyenne
Et ils précisent que dans leur "société", les mâles n'ont aucune domination particulière sur la femelle.
Male gibbons are slightly larger than the females. Males are about 3 ft (90 cm) long and weigh about 15 pounds (7 kg).
Enfin bref, je n'ai rien trouvé qui disait que les mâles et les femelles avaient à peu près la même taille, et pourtant il semble que les Gibbons mâles n'ont pas d'accès privilégié à la nourriture.
On fait donc bien de dire "pas de différence significative". On ne sait que trop bien que la différence de corpulence actuelle entre les hommes et les femmes est sociologique et qu'il suffit de regarder un tableau de Renoir pour voir que la beauté physique n'a pas toujours impliqué la minceur (on déborde, mais l'explication serait que les critères de beauté féminin seraient liés à l'opulence: avant les riches mangeaient beaucoup et les pauvres peu, donc les femmes belles devaient être au moins enrobées, aujourd'hui la malbouffe fait grossir et garder la ligne coûte plus cher donc les femmes belles sont les minces!).
Mais bon, le point de départ qui dit que les femmes et les hommes devraient avoir la même taille comme chez les grands singes monogames dont les mâles ne se bastonnent pas, ben ça ne tient pas, il faut trouver autre chose.
Akors j'ai quand même cherché des exemples où les femelles mangent "mieux" que les mâles et... je n'en ai pas trouvé (sauf si on pense que la Veuve Noire est un exemple pertinent, bien sûr). En même temps, je suppose que ça aurait été trop simple et que d'autres l'auraient fait avant moi.
3.Ce point là est un petit détails, mais bon:
On explique que dans certaines cultures ou à travers l'histoire, l'homme mange d'abord et devient ainsi plus grand. Et l'auteur du billet cite un exemple où les femmes et les enfants contractent des maladies parce qu'ils ne mangent pas les bons morceaux. J'ai bien peur qu'elle se plante un petit peu là-dessus (soit la formulation, soit la pertinence de l'exemple) parce que si "les enfants" en général mangent mal, les garçons n'auront pas d'avantage sur les filles. Ce ne sont sûrement pas les hommes adultes qui grandissent! Bon, c'est un détail parce que cet exemple ne vient pas du documentaire.
L'idée générale, c'est que dans beaucoup de cultures, l'homme mange d'abord et mieux, et les femmes ensuite.
4."PHG" s'agace d'une questions sur la testostérone et répond qu'il n'est nul besoin d'impliquer la testostérone là où la sociologie explique très bien les choses. Ça me laisse vraiment sur ma faim: comme à quelqu'un d'autre, j'aurais envie de dire que ce n'est pas lui qui décide si la testostérone influence le résultat et dans quelle mesure. C'est la Nature. En tout cas, il semble que personne n'ait souhaiter infirmer à voix haute l'hypothèse biologique.
5.Il manque tout de même un gros morceau au tableau: sur combien de générations verrait-on une différence? Parce que dans nos sociétés occidentales modernes, ce ne sont pas les femmes qui mangent à leur faim qui manquent. Alors voit-on chez ce groupe l'écart se resserrer? (Ça serait quand même vachement plus direct que d'aller regarder les Gibbons...)
[^] # Re: Encore la théorie du genre...
Posté par Maclag . En réponse à la dépêche Les femmes dans l'informatique. Évalué à 0.
C'est effectivement plus digeste qu'un film de presque une heure, mais le billet m'a interloqué sur plusieurs points:
1.Il y a une affirmation qui dit que l'évolution devrait favoriser les femmes plus grandes, pourquoi n'en serait-il pas de même pour les grands singes? D'autant que eux se fichent certainement de savoir qui du mâle ou de la femelle est le plus gros.
2.J'ai vérifié par curiosité pour les Gibbons. D'abord c'est difficile, parce que "Gibbon" est une sorte de fourre-tout pour au moins 9 espèces différences
Mais pour l'instant, ce que je trouve, c'est:
http://zoologicalwildlifefoundation.com/animals/mammals/primates/apes/white-handed-gibbon/
Gibbon blanc:
Mâle: 5.7kg en moyenne
Femelle: 5.3kg en moyenne
Et ils précisent que dans leur "société", les mâles n'ont aucune domination particulière sur la femelle.
https://en.wikipedia.org/wiki/Agile_gibbon
http://www.enchantedlearning.com/subjects/apes/gibbon/
Enfin bref, je n'ai rien trouvé qui disait que les mâles et les femelles avaient à peu près la même taille, et pourtant il semble que les Gibbons mâles n'ont pas d'accès privilégié à la nourriture.
On fait donc bien de dire "pas de différence significative". On ne sait que trop bien que la différence de corpulence actuelle entre les hommes et les femmes est sociologique et qu'il suffit de regarder un tableau de Renoir pour voir que la beauté physique n'a pas toujours impliqué la minceur (on déborde, mais l'explication serait que les critères de beauté féminin seraient liés à l'opulence: avant les riches mangeaient beaucoup et les pauvres peu, donc les femmes belles devaient être au moins enrobées, aujourd'hui la malbouffe fait grossir et garder la ligne coûte plus cher donc les femmes belles sont les minces!).
Mais bon, le point de départ qui dit que les femmes et les hommes devraient avoir la même taille comme chez les grands singes monogames dont les mâles ne se bastonnent pas, ben ça ne tient pas, il faut trouver autre chose.
Akors j'ai quand même cherché des exemples où les femelles mangent "mieux" que les mâles et... je n'en ai pas trouvé (sauf si on pense que la Veuve Noire est un exemple pertinent, bien sûr). En même temps, je suppose que ça aurait été trop simple et que d'autres l'auraient fait avant moi.
3.Ce point là est un petit détails, mais bon:
On explique que dans certaines cultures ou à travers l'histoire, l'homme mange d'abord et devient ainsi plus grand. Et l'auteur du billet cite un exemple où les femmes et les enfants contractent des maladies parce qu'ils ne mangent pas les bons morceaux. J'ai bien peur qu'elle se plante un petit peu là-dessus (soit la formulation, soit la pertinence de l'exemple) parce que si "les enfants" en général mangent mal, les garçons n'auront pas d'avantage sur les filles. Ce ne sont sûrement pas les hommes adultes qui grandissent! Bon, c'est un détail parce que cet exemple ne vient pas du documentaire.
L'idée générale, c'est que dans beaucoup de cultures, l'homme mange d'abord et mieux, et les femmes ensuite.
4."PHG" s'agace d'une questions sur la testostérone et répond qu'il n'est nul besoin d'impliquer la testostérone là où la sociologie explique très bien les choses. Ça me laisse vraiment sur ma faim: comme à quelqu'un d'autre, j'aurais envie de dire que ce n'est pas lui qui décide si la testostérone influence le résultat et dans quelle mesure. C'est la Nature. En tout cas, il semble que personne n'ait souhaiter infirmer à voix haute l'hypothèse biologique.
5.Il manque tout de même un gros morceau au tableau: sur combien de générations verrait-on une différence? Parce que dans nos sociétés occidentales modernes, ce ne sont pas les femmes qui mangent à leur faim qui manquent. Alors voit-on chez ce groupe l'écart se resserrer? (Ça serait quand même vachement plus direct que d'aller regarder les Gibbons...)