• [^] # Re: Joli

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche FlightGear 3.0 pour prendre son envol. Évalué à 10.

    Sommaire

    Bonjour,

    Je ne suis pas un expert FlightGear, mais j'ai passé le cap (ainsi que mes neveux !) des premiers temps où l'on ne sait pas trop dans quel ordre aborder les différentes étapes pour pouvoir voler.

    Premièrement, avant de donner quelques indications, je tiens à réfuter une affirmation lue quelques commentaires plus haut : si mes neveux de 7 et 10 ans arrivent à piloter assez correctement avec un « joypad freebox » (DragonRise USB), c'est que la maniabilité n'est pas si mauvaise que ça. En revanche, c'est vrai, j'ai dû préparer moi-même un fichier XML pour avoir un contrôle convenable avec ce joypad (qui n'est vraiment pas terrible) et j'ai également fini par modifier /usr/share/games/flightgear/mice.xml pour diminuer la sensibilité de la souris qui était bien trop élevée dans mon cas pour pouvoir contrôler décemment le c172p (Cessna, avion par défaut), faire de jolis atterrissages à peu près dans les règles, etc. J'ai posté le "driver" du joystick dans la ML flightgear-devel (https://www.mail-archive.com/flightgear-devel@lists.sourceforge.net/msg39957.html), mais je ne crois pas qu'il ait déclenché une quelconque réaction. Les possesseurs dudit joypad doivent donc toujours se
    retrousser les manches.

    Avant de passer aux conseils pratiques, je tiens à dire que FG est un logiciel très intéressant, en tous cas si l'on comprend l'anglais car il y a quelques tutoriels, à commencer par le manuel officiel, qui permettent de comprendre pas mal de choses "simples" sur le fonctionnement des avions, de la radio-navigation (comment se repérer sans visibilité ni GPS, dans les appareils pas trop récents, comment atterrir sans les mains (!)...) et des procédures en vigueur (traffic patterns à l'approche d'un aéroport...).

    La difficulté principale de l'apprentissage initial tient au fait qu'il y a une incroyable quantité d'appareils disponibles sur flightgear.org et que ces appareils ne sont pas tous identiques :

    % ls /usr/share/games/flightgear/Aircraft | wc -l
    448
    

    Mais c'est évidemment ce qui fait une bonne partie du plaisir à explorer ce monde : comment manœuvre-t-on un hélico, comment fonctionne un ballon dirigeable (quand on prend de l'altitude, la pression extérieure diminue, donc l'enveloppe principale va avoir tendance à augmenter de volume, d'où l'intérêt des ballonnets qui permettent aussi de contrôler la position avant-arrière du centre de gravité, le pitch... lire le wiki FG), qu'y a-t-il sur le tableau de bord d'un avion de ligne (ou même du Cessna c172p) ?..

    Installation

    • Debian unstable : c'est dedans (version 3 !)

    • Debian stable : c'était dedans avant wheezy, c'est absent de wheezy (pbs de sécu non corrigés à temps je crois). J'ai mis un backport pour wheezy de la version 2.12.0 (mis à jour jusqu'à 2.12.1) de sid en novembre ou décembre accessible avec :

    deb http://people.via.ecp.fr/~flo/debian wheezy main
    deb-src http://people.via.ecp.fr/~flo/debian wheezy main

    Hélas, étant donné le volume du package source flightgear-data et des packages binaires qu'il produit (859 Mo au total), je n'ai pas osé l'uploader chez VIA qui héberge ces modestes pages à titre gracieux. Il faut donc se débrouiller pour installer flightgear-data 2.12.1 et ses dépendances (arch: all, donc possibilité d'utiliser directement les packages binaires officiels Debian quand la version correspond) avant de pouvoir installer flightgear depuis le dépôt susmentionné. Qqs précisions supplémentaires ici.

    Ces packages sont essentiellement des backports de ce qu'il y a dans Debian unstable au moment où je les prépare, avec quelques modifications mineures indiquées dans debian/changelog et debian/patches :

    • support du joypad prêté avec la Freebox (DragonRise Inc. Generic USB Joystick) ;
    • souris moins sensible que par défaut ;
    • raccourcis Super-F1/Ctrl-F1, Super-F2/Ctrl-F2, ..., Super-F10/Ctrl-F10, pour enregistrer/restaurer 10 vues personnelles persistantes pour chaque avion (très pratique pour zoomer sur les différentes parties du tableau de bord lors de la checklist !) ;
    • raccourci Ctrl-M pour la carte (à faire parfois 2 fois de suite, très bizarre) qui est sans doute par défaut dans FG 3.0, vu que c'était déjà dans le Git quand j'ai incorporé ce patch.

    Ces packages sont d'abord destinés à l'usage par mes proches ; il n'y a aucune garantie de suivi régulier des MAJ chez Debian ou flightgear.org.

    • Autres systèmes : je laisserai les experts se prononcer. ;-)

    Lancement

    On peut lancer FG en ligne de commande. Pour la première fois, on peut se contenter d'un simple :

    % fgfs
    

    On se retrouve alors à San Francisco avec un c172p. Par la suite, un programme tel que FGo! (package Debian fgo) ou FGRun (qui a segfaulté lamentablement au premier lancement dans mon cas, d'où mon passage à FGo!) est très pratique pour choisir l'aéronef, l'aéroport + parking éventuel et diverses options. Au final, fgo me lance qqch de ce genre :

    % fgfs --aircraft=c172p \
     --airport=LFPO \
     --fg-root=/usr/share/games/flightgear/ \
     --fg-scenery=/usr/share/games/flightgear/Scenery \
     --enable-terrasync \
     --terrasync-dir=/mnt/mm/flightgear-data/scenery-terrasync \
     --timeofday=noon \
     --season=summer \
     --enable-fullscreen
    

    Shift-F10 pour le plein écran
    F10 pour cacher la barre de menu

    Si les performances sont mauvaises (< 15 fps environ ; cf. View → View options → Show frame rate et sa copine), aller dans View → Rendering options, mettre les shaders au minimum, désactiver le reste (laisser si possible les nuages 3D très jolis et pas si gourmands que ça, la pluie et les particules atmosphériques...).

    Terrasync : c'est le composant qui télécharge automatiquement le paysage au cours du vol. D'après la dépêche LinuxFR, il serait activé par défaut dans FG 3.0. Pour ce que je connais (2.6-2.12), les options ci-dessus font l'affaire. Avec fgo, il suffit de les mettre une fois pour toutes dans le champ texte en bas de la fenêtre principale. C'est aussi configurable dans les menus une fois FG lancé, depuis la version 2.6 ou qqch comme ça.

    Quand on démarre dans un endroit non encore visité, il n'y a que de l'eau, c'est normal. Si Terrasync est actif et bien configuré, il suffit d'attendre quelques minutes le temps qu'il télécharge et de faire View → Rendering options → Reload scenery ou bien relancer Flightgear au même endroit.

    Choix de l'aéroport

    Chaque aéroport dans le monde est identifié par un code de 4 lettres (ICAO pour International Civil Aviation Organization en anglais, OACI en français), par exemple LFPO pour Paris Orly et LFPG pour Roissy Charles-de-Gaulle. Très facile à trouver sur Wikipedia, pratique dans FG.

    On peut choisir l'aéroport :

    • dans la liste proposée par fgo ;
    • avec l'option --airport=ICAO de fgfs ;
    • dans les menus de FG.

    On peut aussi démarrer à une position GPS, altitude, vitesse, orientation etc. arbitraires, voire obtenir en plein vol un lien Google Maps correspondant à la position courante (: Y m, c'est un truc de vimiste, faire : puis tabulation pour comprendre).

    Les trois modes de la souris

    1. Au lancement de FG, la souris est dans un mode qui permet de cliquer dans les menus et sur les instruments de bord (pour ces derniers, voir le manuel : en gros, il y a bouton gauche à gauche ou à droite du "truc" à manipuler, bouton milieu pour aller plus vite et la roulette assez souvent pour tout ce qui n'est pas une simple bascule). Appuyer sur Ctrl-C pour voir ce qui est cliquable/roulettable dans le cockpit ou sur la carlingue.

    2. Si on clique avec le bouton droit, le pointeur souris change d'aspect (crosshair) pour indiquer qu'on est dans le mode qui agit sur les commandes de changement de direction (essentiellement ailerons et gouvernail, aileron/elevator et rudder en anglais). Appuyer sur V pour passer à la vue suivante et voir les ailerons et Cie se déplacer avec les mouvements de la souris. Shift-V pour revenir à la vue précédente, Ctrl-V pour revenir au cockpit quelle que soit la vue actuelle. La touche 5 ramène les commandes en position neutre.

    3. Si on clique encore avec le bouton droit, le pointeur souris change d'aspect une fois de plus, signalant le troisième mode, qui permet de tourner la tête, la déplacer, changer la focale... On peut :

    • déplacer la souris pour regarder dans la direction voulue ;
    • utiliser la roulette pour changer la focale ;
    • avec le bouton milieu enfoncé, déplacer la souris pour translater la tête dans un plan particulier ;
    • avec le bouton milieu et la touche Ctrl enfoncés, même chose dans une direction orthogonale ;
    • cliquer à gauche pour recentrer.

    Un nouveau clic droit ramène au premier mode.

    Premier vol

    Autant dire tout de suite qu'on ne va pas respecter les procédures !

    On va prendre le c172p (avion par défaut).

    1. S : c'est le démarreur, garder appuyé le temps qu'il faut pour que le moteur démarre (la carte son doit bien aider). Si l'on démarre en altitude, il faut parfois ajuster la richesse du mélange avec M et Shift-M (ou bien roulette sur la tirette rouge en dessous des cadrans pleins d'afficheurs à LED).

    2. Passer la souris en mode flight controls (numéro 2 dans la description ci-dessus) sauf si l'on pilote au clavier ou au joystick.

    3. Page up : c'est pour augmenter les gaz. Je ne sais pas si c'est recommandé, mais on décolle très bien en "plein gaz". Évidemment, on les diminue avec Page down. Si l'avion part de travers avant d'avoir décollé, déplacer la souris latéralement tout en maintenant le bouton gauche enfoncé.

    4. Lorsque les roues quittent le sol, démerdez vous ! ;-)

    Beaucoup d'avions ont les freins "à main" (parking brakes en anglais) enclenchés au lancement de FG. Faire Shift-B pour enclencher/enlever ces freins. (B permet de freiner lorsqu'on roule)

    G / Shift-G pour le train d'atterrissage (non appliquable au c172p)

    Pas mal d'avions utilisent des magnetos (traduction française ?) pour le démarrage. Il faut alors faire } 3 fois de suite (left/right/both) au tout début de la procédure, avant même d'appuyer sur S.

    Enfin, pour les avions ayant plusieurs moteurs, on peut les sélectionner indépendamment avec les touches correspondant à 1/2/3/4 sur un clavier qwerty. La correspondance en azerty est immonde (!/@/#... approximativement). Autrement, le plus utile est souvent ~ (tilde) pour sélectionner tous les moteurs.

    Au final, certains détails et raccourcis dépendent de l'avion choisi, c'est normal. Regarder dans le menu Help (raccourcis spécifiques et souvent aide succinte) ainsi que sur le wiki.

    Après le c172p, on peut essayer le f-14b très stable. Penser à faire le plein (menu à droite pour le f-14b je crois, mais menu Équipement pour la plupart des autres avions) et à réparer l'aile après un crash (menu à droite).

    Pour aller plus loin

    • Le manuel, très utile (notamment les tutoriels)

    • Les tutoriels vidéo d'Oscar, en anglais mais facile à comprendre. Excellente ressource pour apprendre à utiliser le pilote automatique, à atterrir avec le guidage radio (ILS, VOR/DME...), etc.

    • Le wiki et le forum sur flightgear.org

    • http://www.navfltsm.addr.com/ par exemple pour approfondir la navigation radio (non, je ne m'y connais pas plus que ça, c'est un lien qui a été donné sur le forum et qui me semble très bien fait pour le peu que je puisse en juger).

    Bon vols !