• # NC <> pas libre !

    Posté par . En réponse à la dépêche Campagne d'un enseignant pour libérer la clause NC de ses ressources sous Creative Commons. Évalué à -8.

    n-ième essai sur la "liberté du commerce"...

    Dire que NC n'est pas "libre" est caricatural pour ne pas dire honteusement faux.
    En réalité un projet sous CC peut être tout aussi "libre" (abstraitement) avec un "NC" que GNU/bash est libre malgré sa clause induisant la viralité en GPLv3.

    Laisser entendre qu'NC = pas libre (puisqu'on ne peut pas vendre, on ne peut pas tout faire), est très similaire au fait de dire que la GPL ne l'est pas (la GPL impose une licence aux travaux dérivés, on ne peut donc pas tout faire non plus).

    Et de même que la GPL se soucie de la liberté de l'utilisateur, on peut s'interroger quelle(s) liberté(s) privilégie l'auteur utilisant une CC avec ou sans NC (ou ND), étant entendu que ces diverses libertés n'apparaissent pas systématiquement antinomiques, à première vue.

    La liberté des apprenants est ici absolument préservée, la liberté des enseignants se voit posée une contrainte.
    Reste à démontrer ou infirmer que cette contrainte restreint véritablement la liberté (au niveau le plus profond et le plus large) de transmettre ses enseignements au mieux et au plus (puisque la "liberté" est un moyen au service de cette fin).
    (Quand au fait que la liberté, du moins jusqu'à un certain seuil, favorise cette finalité, c'est un paradigme qui lui semble aller de soi).

    Exemple :
    La licence actuelle permet l'utilisation par des parents, associations, enseignants, ... ...

    Admettons dès lors que quoiqu'il arrive, plus d'enseignement du français sera procuré plus facilement :
    On peut s'arrêter là est dire que :
    A) NC ou non-NC, l'existence libre de ces cours (sous réserve de leur qualité) est bénéfique
    B) l'autorisation d'usages commerciaux rajoutera un peu plus de "bénéfice éducatif"

    Prolongement hypothétique de l'exemple :
    - la suppression du NC permet désormais l'utilisation par les entreprises de cours particuliers (commerciaux)
    - rend les entreprises de cours particuliers plus compétitives

    Deux options sont alors envisageables et indépendantes de la finalité "éducation++" ci-dessus :
    1) soit cela à participé plutôt à un essor plus important de la part de l'enseignement non-marchand
    2) soit cela à participé plutôt à un essor plus important de la part de l'enseignement marchand

    Si l'hypothèse n°2 est la plus probable, est qu'elle n'est pas souhaitée par l'auteur (jusqu'ici l'enseignement "commercial", n'a pas brillé par la libération de ses contenus), alors il lui faut mettre dans la balance la probabilité non-souhaitable 2) avec les bénéfices souhaitables B).
    Si la bascule du rapport de force marchand/non-marchand dans l'éducatif est trop risquée il peut-être tout à fait légitime pour l'auteur d'utiliser la clause NC.
    Cela semble aller contre la "liberté" (abstraite) à première vue, mais en évaluant les tenants et aboutissants des changements de société, conserver NC pourrait s'avérer très légitimement et invoquer la "liberté" pour le justifier ne poserait pas de grands problèmes rhétoriques.
    (en fait, dans un tel cas figure, d'autres principes plus importants que la "liberté" (abstraite) pourraient facilement être invoqués)