Je ne sais pas si tu te rends compte que ton attitude agressive (ce n'est pas une critique hein, perso je suis habitué à ça, et pas que de ta part, et dans 90% des cas je m'en fous) est quand même très fortement héritée d'une culture dans laquelle tu as baigné depuis au moins tes études supérieures, entre la prépa (y'avaient beaucoup de filles dans ta classe ?), l'école d'ingénieurs (y'avaient beaucoup de fille dans ta promo ?), etc. Bizarrement, dans l'école que j'ai fréquentée, avec ~45% de filles (la plupart en génie biologique ou génie des procédés, ou bien génie des systèmes urbains1), je voyais bien la différence de comportement d'avec pas mal de geeks avec qui je trainais en génie info. De même, BEAUCOUP de filles qui étaient en info ou méca avaient plus ou moins une attitude « agressive » (ce n'est pas le bon mot, mais c'est ce qui s'en rapproche le plus), je dirais par mimétisme et instinct de survie (et aussi pour certaines sans doute parce que l'état d'esprit leur plaît, bien sûr).
Lorsque j'étais en thèse, j'avais un directeur de thèse très très très direct, voire carrément brutal dans sa façon de donner son opinion sur mon travail ou celui de mes collègues. Perso, ça ne m'a jamais gêné2. Par contre, j'avais des collègues femmes dans « le labo d'à côté » qui me disaient que si elles avaient eu à faire avec un directeur comme ça, c'était la dépression assurée.
Bref, lorsque tu dis qu'à partir du moment où on discrimine entre les comportements des hommes et des femmes ça devient du sexisme, c'est faux. Le sexisme est déjà là, c'est toujours une règle imposée par nos sociétés (pas qu'occidentales hein, il suffit de mater comment ça se passe au Japon, au Vietnam, ou en Corée par exemple). Si tu dis que le sexisme est bien moins élevé par rapport à il y a 50 ou 60 ans, j'ai envie de dire qu'en droit oui, certainement, c'est vrai. Les femmes ont le droit de vote, elles peuvent désormais porter plainte pour viol, même si le coupable est le mari, elles peuvent avorter dans les limites légales imposées par la loi, etc. Mais les mentalités, elles, bien qu'elles continuent (heureusement) à évoluer, ne sont pas aussi progressistes que ce que tu sembles insinuer. Dans les ménages Français entre les années 70 et début 2000, les hommes ont augmenté leurs contributions aux tâches ménagères de ... ~5% (on devrait pouvoir retrouver les chiffres sur le site de l'INSEE). Par contre, contrairement aux années 50-60, les femmes bossent en plus d'avoir à faire la popote ou s'occuper des gosses. Les mentalités ont évolué, on accepte plus facilement l'idée qu'une femme puisse être PDG, ou occuper des postes à responsabilité — mais seulement si elle se comporte en homme, voire qu'elle se comporte en homme ultra-alpha sur le lieu de travail(je force le trait, mais de ce que j'ai pu lire, pas tant que ça).
L'égalité en droits, c'est le point de départ pour faire évoluer les mentalités, mais ce n'est certainement pas suffisant pour dire qu'on en a fini avec le sexisme dans nos sociétés. Lorsque les gens parlent de « la culture du viol », ce n'est pas un fantasme; elle existe vraiment, à divers degrés de sévérité. Je l'ai déjà dit ailleurs, mais qu'on l'aime ou pas, lorsque S.Royale se présente aux primaires pour les présidentielles de 2007, L.Fabius ne trouve rien de mieux à dire que « mais qui va faire la cuisine ? ». Ce n'est pas une blague anodine. On continue de foutre les gens dans des cases, en particulier les genres.
Je suis de même avis exprimé par pas mal de personnes ici : Weboob est peut-être un excellent soft, mais à partir du moment où il décide de faire des jeux de mots un peu vaseux, il faut assumer, et accepter qu'un certain nombre de personnes ne vont tout simplement pas s'y intéresser trop, parce que ça paraît pas sérieux/qu'on a des doutes sur le sexisme de ses auteurs/bla. Lorsque je lis le lien vers le post sur le site de Weboob, qui se défend d'un côté d'être sexiste, mais qui d'un autre dit « ouais bon, on a viré l'image porno/pas classe après que certains ont insisté », il faut bien avouer qu'il semble y avoir une sorte de contradiction dans le discours, non ?
[1] Et avec ça, j'ai plus besoin de nommer l'école en question... :-)
[2] Je ne compte pas la fin de la thèse, que je comparerais presque à la crise d'adolescence : « de toute manière, il y comprend rien, y sait finalement pas grand chose, et MERDE, mais je suis (presque) un adulte/chercheur, je sais ce que je fais ! ... Pitaing, il avait raison :-/ »
[3] Je tiens les chiffres d'une prof de socio, qui me disait ça il y a 5-6 ans.
[^] # Re: asshole detector
Posté par lasher . En réponse au journal La communauté Linuxfr n'a-t-elle plus rien (de technique) à dire ?. Évalué à 5.
Je ne sais pas si tu te rends compte que ton attitude agressive (ce n'est pas une critique hein, perso je suis habitué à ça, et pas que de ta part, et dans 90% des cas je m'en fous) est quand même très fortement héritée d'une culture dans laquelle tu as baigné depuis au moins tes études supérieures, entre la prépa (y'avaient beaucoup de filles dans ta classe ?), l'école d'ingénieurs (y'avaient beaucoup de fille dans ta promo ?), etc. Bizarrement, dans l'école que j'ai fréquentée, avec ~45% de filles (la plupart en génie biologique ou génie des procédés, ou bien génie des systèmes urbains1), je voyais bien la différence de comportement d'avec pas mal de geeks avec qui je trainais en génie info. De même, BEAUCOUP de filles qui étaient en info ou méca avaient plus ou moins une attitude « agressive » (ce n'est pas le bon mot, mais c'est ce qui s'en rapproche le plus), je dirais par mimétisme et instinct de survie (et aussi pour certaines sans doute parce que l'état d'esprit leur plaît, bien sûr).
Lorsque j'étais en thèse, j'avais un directeur de thèse très très très direct, voire carrément brutal dans sa façon de donner son opinion sur mon travail ou celui de mes collègues. Perso, ça ne m'a jamais gêné2. Par contre, j'avais des collègues femmes dans « le labo d'à côté » qui me disaient que si elles avaient eu à faire avec un directeur comme ça, c'était la dépression assurée.
Bref, lorsque tu dis qu'à partir du moment où on discrimine entre les comportements des hommes et des femmes ça devient du sexisme, c'est faux. Le sexisme est déjà là, c'est toujours une règle imposée par nos sociétés (pas qu'occidentales hein, il suffit de mater comment ça se passe au Japon, au Vietnam, ou en Corée par exemple). Si tu dis que le sexisme est bien moins élevé par rapport à il y a 50 ou 60 ans, j'ai envie de dire qu'en droit oui, certainement, c'est vrai. Les femmes ont le droit de vote, elles peuvent désormais porter plainte pour viol, même si le coupable est le mari, elles peuvent avorter dans les limites légales imposées par la loi, etc. Mais les mentalités, elles, bien qu'elles continuent (heureusement) à évoluer, ne sont pas aussi progressistes que ce que tu sembles insinuer. Dans les ménages Français entre les années 70 et début 2000, les hommes ont augmenté leurs contributions aux tâches ménagères de ... ~5% (on devrait pouvoir retrouver les chiffres sur le site de l'INSEE). Par contre, contrairement aux années 50-60, les femmes bossent en plus d'avoir à faire la popote ou s'occuper des gosses. Les mentalités ont évolué, on accepte plus facilement l'idée qu'une femme puisse être PDG, ou occuper des postes à responsabilité — mais seulement si elle se comporte en homme, voire qu'elle se comporte en homme ultra-alpha sur le lieu de travail(je force le trait, mais de ce que j'ai pu lire, pas tant que ça).
L'égalité en droits, c'est le point de départ pour faire évoluer les mentalités, mais ce n'est certainement pas suffisant pour dire qu'on en a fini avec le sexisme dans nos sociétés. Lorsque les gens parlent de « la culture du viol », ce n'est pas un fantasme; elle existe vraiment, à divers degrés de sévérité. Je l'ai déjà dit ailleurs, mais qu'on l'aime ou pas, lorsque S.Royale se présente aux primaires pour les présidentielles de 2007, L.Fabius ne trouve rien de mieux à dire que « mais qui va faire la cuisine ? ». Ce n'est pas une blague anodine. On continue de foutre les gens dans des cases, en particulier les genres.
Je suis de même avis exprimé par pas mal de personnes ici : Weboob est peut-être un excellent soft, mais à partir du moment où il décide de faire des jeux de mots un peu vaseux, il faut assumer, et accepter qu'un certain nombre de personnes ne vont tout simplement pas s'y intéresser trop, parce que ça paraît pas sérieux/qu'on a des doutes sur le sexisme de ses auteurs/bla. Lorsque je lis le lien vers le post sur le site de Weboob, qui se défend d'un côté d'être sexiste, mais qui d'un autre dit « ouais bon, on a viré l'image porno/pas classe après que certains ont insisté », il faut bien avouer qu'il semble y avoir une sorte de contradiction dans le discours, non ?
[1] Et avec ça, j'ai plus besoin de nommer l'école en question... :-)
[2] Je ne compte pas la fin de la thèse, que je comparerais presque à la crise d'adolescence : « de toute manière, il y comprend rien, y sait finalement pas grand chose, et MERDE, mais je suis (presque) un adulte/chercheur, je sais ce que je fais ! ... Pitaing, il avait raison :-/ »
[3] Je tiens les chiffres d'une prof de socio, qui me disait ça il y a 5-6 ans.