Je ne vois pas l'intérêt de telles attaques de type "Homme de paille". Je n'ai jamais prétendu que l'espionnage généralisé était un bienfait! J'ai simplement dit que la différence avant/après était minime. Donc, qu'est-ce que ça change?
* Pour les vrais trucs sérieux (espionnage international, etc), rien du tout : les services secrets ne se sont jamais vraiment embarrassés avec le respect de la loi. Ils vont continuer comme avant.
* Pour les opérations dites "antiterroristes": pas grand chose; la loi permet déja de faire des écoutes sur du long terme à partir d'une liste d'individus suspects
* Pour les opérations de police : ça va changer le timing de la procédure. Avant, il fallait demander l'autorisation puis mettre en place la surveillance, après la loi, la surveillance sera validée a posteriori. Dans les faits, ça ne fait pas une grosse différence, puisque très très peu de procédures étaient invalidées.
Je dis donc simplement que cette loi autorise et clarifie une situation qui était déja actée. Je ne dis pas que c'est bien, je ne dis même pas que c'est efficace (même si, d'un point de vue bureaucratique, ça pourrait avoir un certain sens). La réalité, c'est que les moyens de récupérer ces informations sont techniquement triviaux. Tu peux pondre une loi qui empêcherait la police de regarder dans ton jardin, si on voit ton jardin de la rue, la police regardera, avec ou sans loi. Là, c'est pareil, si tu balances des infos en clair sur le réseau, tu dois partir du principe que plus ou moins n'importe qui peut y avoir accès plus ou moins facilement. Si tu penses que les tiers auxquels tu fais appel (ton FAI, ton fournisseur d'emails, ton opérateur téléphonique...) sont fiables, c'est que ta sécurité ne repose sur rien. Alors oui, ça me fait ch... de savoir que les flics peuvent très facilement avoir la liste de mes requêtes ou la géolocalisation de mon téléphone, mais je n'ai pas la possibilité technique d'empêcher quelqu'un de motivé d'y accéder, puisque ces données sont nécessaires au service (si mon opérateur de téléphone ne connait pas ma position en temps réel, je peux toujours attendre que ça sonne).
À choisir, et contrairement aux théoristes du complot, je préfère encore que ces données puissent être récupérées par un agent assermenté que par Google ou Facebook qui vont les revendre aux plus offrants. Je n'ai pas été élevé dans la peur de l'État : en plus de payer mon salaire (accessoirement), l'État est supposé me venir en aide si je suis très malade, si je suis au chômage, il défend (plus ou moins bien) ma sécurité vis à vis des États voisins, ou vis-à-vis de mes vrais voisins... À la base, l'État, c'est quand même une bonne chose, et ça me saoûle un peu cette mode US de se monter le chou sur du vent, surtout quand il n'y a vraiment aucun changement dans l'esprit de la loi, comme c'est le cas ici. En tout cas, quand on relit calmement le fameux article 13, on ne peut pas y trouver le risque d'espionnage généralisé : chaque écoute "numérique" devra être individuellement motivée et validée a posteriori par une commission, comme c'est actuellement le cas pour les écoutes téléphoniques. Je préfèrerais aussi que ça passe par le bureau du procureur, mais ce n'est pas ce genre de trucs qui va me rendre parano...
Bref, quand la possibilité technique est là, l'État (totalitaire ou non) arrivera toujours à accéder à l'information. La seule parade à ça, c'est de rendre l'accès techniquement plus difficile.
[^] # Re: La question que je me pose quand je vois ça...
Posté par arnaudus . En réponse au journal La loi sur la programmation militaire est adoptée !. Évalué à 6.
Je ne vois pas l'intérêt de telles attaques de type "Homme de paille". Je n'ai jamais prétendu que l'espionnage généralisé était un bienfait! J'ai simplement dit que la différence avant/après était minime. Donc, qu'est-ce que ça change?
* Pour les vrais trucs sérieux (espionnage international, etc), rien du tout : les services secrets ne se sont jamais vraiment embarrassés avec le respect de la loi. Ils vont continuer comme avant.
* Pour les opérations dites "antiterroristes": pas grand chose; la loi permet déja de faire des écoutes sur du long terme à partir d'une liste d'individus suspects
* Pour les opérations de police : ça va changer le timing de la procédure. Avant, il fallait demander l'autorisation puis mettre en place la surveillance, après la loi, la surveillance sera validée a posteriori. Dans les faits, ça ne fait pas une grosse différence, puisque très très peu de procédures étaient invalidées.
Je dis donc simplement que cette loi autorise et clarifie une situation qui était déja actée. Je ne dis pas que c'est bien, je ne dis même pas que c'est efficace (même si, d'un point de vue bureaucratique, ça pourrait avoir un certain sens). La réalité, c'est que les moyens de récupérer ces informations sont techniquement triviaux. Tu peux pondre une loi qui empêcherait la police de regarder dans ton jardin, si on voit ton jardin de la rue, la police regardera, avec ou sans loi. Là, c'est pareil, si tu balances des infos en clair sur le réseau, tu dois partir du principe que plus ou moins n'importe qui peut y avoir accès plus ou moins facilement. Si tu penses que les tiers auxquels tu fais appel (ton FAI, ton fournisseur d'emails, ton opérateur téléphonique...) sont fiables, c'est que ta sécurité ne repose sur rien. Alors oui, ça me fait ch... de savoir que les flics peuvent très facilement avoir la liste de mes requêtes ou la géolocalisation de mon téléphone, mais je n'ai pas la possibilité technique d'empêcher quelqu'un de motivé d'y accéder, puisque ces données sont nécessaires au service (si mon opérateur de téléphone ne connait pas ma position en temps réel, je peux toujours attendre que ça sonne).
À choisir, et contrairement aux théoristes du complot, je préfère encore que ces données puissent être récupérées par un agent assermenté que par Google ou Facebook qui vont les revendre aux plus offrants. Je n'ai pas été élevé dans la peur de l'État : en plus de payer mon salaire (accessoirement), l'État est supposé me venir en aide si je suis très malade, si je suis au chômage, il défend (plus ou moins bien) ma sécurité vis à vis des États voisins, ou vis-à-vis de mes vrais voisins... À la base, l'État, c'est quand même une bonne chose, et ça me saoûle un peu cette mode US de se monter le chou sur du vent, surtout quand il n'y a vraiment aucun changement dans l'esprit de la loi, comme c'est le cas ici. En tout cas, quand on relit calmement le fameux article 13, on ne peut pas y trouver le risque d'espionnage généralisé : chaque écoute "numérique" devra être individuellement motivée et validée a posteriori par une commission, comme c'est actuellement le cas pour les écoutes téléphoniques. Je préfèrerais aussi que ça passe par le bureau du procureur, mais ce n'est pas ce genre de trucs qui va me rendre parano...
Bref, quand la possibilité technique est là, l'État (totalitaire ou non) arrivera toujours à accéder à l'information. La seule parade à ça, c'est de rendre l'accès techniquement plus difficile.