Commençons par une prise de position délibérément provocatrice (que je ne partage pas totalement) : les STS doivent disparaître.
Pourquoi ? Parce qu'il n'y a aucune raison de faire de l'enseignement supérieur dans un lycée. Aussi parce qu'avec les classes creuses et la désaffection des sciences, les différentes formations supérieures se marchent sur les pieds : nombre de L1/L2 sont composés en grande partie d'étudiants étrangers, pas mal de filières d'IUT ont de moins en moins de candidat, seules les filières les plus sélectives continuent de remplir mais avec des étudiants moins bons. Les BTS, du fait de leur position dans les lycées, réussissent à capter des lycéens en leur faisant parfois érronément miroiter un échec certain en IUT ou à la fac. Il y a un conflit d'intérêt à avoir une formation "supérieure" dans un lycée.
Elles doivent disparaître également parce qu'elles outrepassent leur rôle : les étudiants qui commencent un BTS ne doivent pas être des étudiants qui poursuivront des études longues, ou alors, ils ont été mal orientés. Un étudiant de BTS peut faire une licence professionnelle et c'est tout à fait normal (les diplômes Bac+2 n'ont plus grand sens depuis la réforme LMD). Mais retrouver un titulaire de BTS en Master ou en école d'ingénieur, c'est un dysfonctionnement du système. Or beaucoup d'étudiants de BTS font ensuite une L2, puis continuent leurs études en Licence pas professionnelle. Tant mieux pour eux, mais ont-ils été prévenus que leurs deux ans de BTS compteraient (sauf exception exceptionnelle) pour une L1 quand ils sont entrés en STS ? Auraient-ils choisi une STS en sachant cela ? Si "les diplômés de BTS IRIS poursuivent en majorité des études supérieures (licence pro, écoles d'ingénieurs, université).", c'est que ce BTS ne fait pas bien son boulot qui devrait être de fournir des techniciens supérieurs sur le marché du travail.
Le nombre de BTS différents est aussi symptomatique du problème qu'il y a avec les BTS. Pensez-vous honnêtement qu'un lycéen qui n'a pas ces filières dans son lycée saura la différence entre IRIS, SIO, SE, CRSA ? D'après wikipedia, il y aurait environ 65 filières de STS en secteur production contre 16 filières d'IUT (et il y a déjà des ambigüités et des recouvrements dans les DUT...).
Enfin, dans le cas de l'informatique, il y a un autre problème : il n'y a pas de CAPES ou d'agreg d'informatique. Cela signifie qu'il n'y a pas dans les lycées de profs d'informatique ! C'est probablement pour ça que "la filière informatique dans l'éducation nationale est inorganisée" : elle n'existe tout simplement pas. Et pas d'étonnement alors que "le BTS IRIS [soit] géré par le secteur électronique". La meilleure solution serait à mon avis de supprimer toute mention d'informatique dans les BTS, mention qui ne peut qu'être mensongère.
Bon en réalité ma position est plus nuancée, parce que les BTS ne font pas du mauvais boulot et que pas mal des filières remplissent des cases que l'université ne remplit pas. Mais il n'empêche qu'ils posent des problèmes.
# De l'utilité des STS
Posté par 태 (site web personnel) . En réponse à la dépêche Au secours du BTS IRIS (Informatique et Réseaux pour l'industrie et les Services). Évalué à 10.
Commençons par une prise de position délibérément provocatrice (que je ne partage pas totalement) : les STS doivent disparaître.
Pourquoi ? Parce qu'il n'y a aucune raison de faire de l'enseignement supérieur dans un lycée. Aussi parce qu'avec les classes creuses et la désaffection des sciences, les différentes formations supérieures se marchent sur les pieds : nombre de L1/L2 sont composés en grande partie d'étudiants étrangers, pas mal de filières d'IUT ont de moins en moins de candidat, seules les filières les plus sélectives continuent de remplir mais avec des étudiants moins bons. Les BTS, du fait de leur position dans les lycées, réussissent à capter des lycéens en leur faisant parfois érronément miroiter un échec certain en IUT ou à la fac. Il y a un conflit d'intérêt à avoir une formation "supérieure" dans un lycée.
Elles doivent disparaître également parce qu'elles outrepassent leur rôle : les étudiants qui commencent un BTS ne doivent pas être des étudiants qui poursuivront des études longues, ou alors, ils ont été mal orientés. Un étudiant de BTS peut faire une licence professionnelle et c'est tout à fait normal (les diplômes Bac+2 n'ont plus grand sens depuis la réforme LMD). Mais retrouver un titulaire de BTS en Master ou en école d'ingénieur, c'est un dysfonctionnement du système. Or beaucoup d'étudiants de BTS font ensuite une L2, puis continuent leurs études en Licence pas professionnelle. Tant mieux pour eux, mais ont-ils été prévenus que leurs deux ans de BTS compteraient (sauf exception exceptionnelle) pour une L1 quand ils sont entrés en STS ? Auraient-ils choisi une STS en sachant cela ? Si "les diplômés de BTS IRIS poursuivent en majorité des études supérieures (licence pro, écoles d'ingénieurs, université).", c'est que ce BTS ne fait pas bien son boulot qui devrait être de fournir des techniciens supérieurs sur le marché du travail.
Le nombre de BTS différents est aussi symptomatique du problème qu'il y a avec les BTS. Pensez-vous honnêtement qu'un lycéen qui n'a pas ces filières dans son lycée saura la différence entre IRIS, SIO, SE, CRSA ? D'après wikipedia, il y aurait environ 65 filières de STS en secteur production contre 16 filières d'IUT (et il y a déjà des ambigüités et des recouvrements dans les DUT...).
Enfin, dans le cas de l'informatique, il y a un autre problème : il n'y a pas de CAPES ou d'agreg d'informatique. Cela signifie qu'il n'y a pas dans les lycées de profs d'informatique ! C'est probablement pour ça que "la filière informatique dans l'éducation nationale est inorganisée" : elle n'existe tout simplement pas. Et pas d'étonnement alors que "le BTS IRIS [soit] géré par le secteur électronique". La meilleure solution serait à mon avis de supprimer toute mention d'informatique dans les BTS, mention qui ne peut qu'être mensongère.
Bon en réalité ma position est plus nuancée, parce que les BTS ne font pas du mauvais boulot et que pas mal des filières remplissent des cases que l'université ne remplit pas. Mais il n'empêche qu'ils posent des problèmes.