Même avec une bonne mutuelle, ça ne suffit pas forcément. J'ai un pote parti à Seattle, qui a eu la malchance d'avoir une leucémie, mais qui, dans sa malchance a quand même eu le bol d'avoir une femme qui bosse dans le meilleur hôpital pour traiter son type de leucémie particulier. Il bossait aussi pour une boite qui couvrait déjà énormément les frais médicaux... Mais pas complètement (il y a des plafonds au-delà desquels les individus doivent y mettre de leur poche). Bref. Il est en ce moment en rémission, mais a du coup perdu son job (car malade plus de X mois1).
De façon générale, à cause de la façon dont le système US de santé fonctionne, ce qui en France (et en général dans le reste de l'Europe) coûte très peu et est le plus souvent couvert par la sécu ou une mutuelle, peut se révéler extrêmement coûteux aux USA. Une amie devait passer une radio. On lui a réclamé 1000$. Soit le prix d'un A/R en France depuis les USA. Truc qu'elle aurait pu faire: puisqu'elle était encore couverte par la sécu, au final cela aurait eu le double effet kisscool de lui permettre de revoir sa famille pendant un jour ou deux2... Les plafonds des assurances maladies sont vite atteints. En règle générale, oui, le système US favorise les plus riches : plus on est élevé dans la hiérarchie d'une boite, meilleure est la couverture pour tout. Mais il y a aussi des plafonds pour tout, et étant donné les prix bien plus élevés qu'en France pour tout ce qui est médical, on y arrive assez vite dès qu'on dépasse le simple rhume (j'exagère, je sais).
Pour ce qui est des enfants, il faut tout de même compter entre 50k$ et 150k$ minimum (en fonction de la fac, et suivant si l'on paie le tarif « in-state » ou « out-of-state ») par enfant pour tout ce qui est éducation supérieure, rien qu'en frais d'inscription pour obtenir une licence (qui dure 4 ans aux US — ensuite le plus souvent au niveau master/thèse, le directeur/mentor se charge de payer les frais pour l'étudiant). En règle générale, l'étudiant travaille pendant ses études pour se payer la chambre étudiante ou l'appart, la bouffe, l'assurance maladie qui n'est pas trop chère — dans la fac où je bosse, je crois qu'ils paient ~250$ / an pour l'équivalent d'une assurance qui couvre façon LMDE. Tous les étudiants américains que je côtoie ici, y compris ceux qui sont en « grad school » (c'est-à-dire en master/thèse, avec une orientation de recherche, et qui bossent dans mon labo) ont toujours une partie de leur crédit à rembourser. Les frais d'inscriptions des facs augmentent largement plus que l'inflation chaque année. Par exemple, l'université où je bosse est passée l'an dernier de ~7000$/an pour un in-state à ~11000$ de frais d'inscription. Similairement, les out-of-state devaient auparavant payer ~20000$/an, et désormais ~30000$/an. Cette bulle explosera sans doute à terme, mais je pense qu'elle va encore enfler quelques années.
Concernant la bouffe, oui, elle est moins chère — à condition de ne pas trop chercher à faire gaffe à comment elle a été produite. Si on veut de la bouffe avec à peu près les mêmes garanties qu'en France, on se retrouve avec un prix relativement comparable (ça reste tout de même moins cher aux USA). En règle générale, les besoins de base (bouffe, loyer, vêtement) sont moins chers qu'en France, tant qu'on est pas regardant sur la provenance/la qualité (les murs sont en papier dans la plupart des complexes d'appartements).
Par contre, je trouve qu'on oublie un peu facilement d'autres trucs vachement plus chers aux USA. Les câblo-opérateurs règnent en maîtres, et le font payer très cher : pour avoir un débit plus ou moins équivalent à ce qu'on a avec l'ADSL en France, je paie ~75$ tous les mois. Le téléphone, c'est encore pire : je paie ~95$ / mois. Ça comprend voix et SMS illimités, data 4G (Web) jusqu'à 2Gio de téléchargement (montant et descendant cumulés), puis bande-passante limitée au-delà. Je paie aussi ~10$/mois supplémentaire pour avoir le droit de téléphoner sur des lignes fixes sans autre surcoût à l'étranger. Le tethering est possible si on paie ~15$/mois supplémentaire, et faire office de routeur wifi est aussi possible si on paie le prix (~10$/mois je crois). Bien entendu, si je réinstalle une version « vanilla » d'Android sur le smartphone, les logiciels de mon opérateur ne bloqueront plus les deux dernières options... Ce que je vais faire d'ici 2 mois, quand la garantie aura expiré. En France on ne paie que si on appelle (en national), alors qu'aux US on paie quand on émet et quand on reçoit — et c'est aussi valable pour les SMS3.
Bref, ce qui en France coûte en cumulé (en prenant Free comme exemple, mais on pourrait prendre d'autres opérateurs) ~50€ (abo internet + mobile) coûte ~150$ ici aux USA. Même en faisant la conversion Euro-Dollar, on y perd clairement. Il y a d'autres exemples du même genre que je n'ai pas en tête en ce moment; je les retrouverai sans doute plus tard...
[1] En pratique, ils auraient préféré le garder car il était bientôt remis, et chercher un remplaçant prend du temps et en règle générale coûte des sous. Mais la politique de la (grosse) boite en question fait qu'au bout de X mois en congé maladie, un employé est automatiquement viré.
[2] Elle a réussi à se débrouiller autrement, et à faire baisser le prix, par je ne sais plus quelle magouille.
[3] Autant pour la voix sur mobile je peux comprendre le principe — on paie pour le droit d'être joint n'importe où — autant pour les SMS ça m'énerve un chouïa: même si le SMS n'est pas sollicité, on paie quand même : avec un coup de téléphone, j'ai le choix de ne pas décrocher...
[^] # Re: qui sait
Posté par lasher . En réponse au journal Développeur, ou comment sur-évaluer ses compétences. Évalué à 6.
Même avec une bonne mutuelle, ça ne suffit pas forcément. J'ai un pote parti à Seattle, qui a eu la malchance d'avoir une leucémie, mais qui, dans sa malchance a quand même eu le bol d'avoir une femme qui bosse dans le meilleur hôpital pour traiter son type de leucémie particulier. Il bossait aussi pour une boite qui couvrait déjà énormément les frais médicaux... Mais pas complètement (il y a des plafonds au-delà desquels les individus doivent y mettre de leur poche). Bref. Il est en ce moment en rémission, mais a du coup perdu son job (car malade plus de X mois1).
De façon générale, à cause de la façon dont le système US de santé fonctionne, ce qui en France (et en général dans le reste de l'Europe) coûte très peu et est le plus souvent couvert par la sécu ou une mutuelle, peut se révéler extrêmement coûteux aux USA. Une amie devait passer une radio. On lui a réclamé 1000$. Soit le prix d'un A/R en France depuis les USA. Truc qu'elle aurait pu faire: puisqu'elle était encore couverte par la sécu, au final cela aurait eu le double effet kisscool de lui permettre de revoir sa famille pendant un jour ou deux2... Les plafonds des assurances maladies sont vite atteints. En règle générale, oui, le système US favorise les plus riches : plus on est élevé dans la hiérarchie d'une boite, meilleure est la couverture pour tout. Mais il y a aussi des plafonds pour tout, et étant donné les prix bien plus élevés qu'en France pour tout ce qui est médical, on y arrive assez vite dès qu'on dépasse le simple rhume (j'exagère, je sais).
Pour ce qui est des enfants, il faut tout de même compter entre 50k$ et 150k$ minimum (en fonction de la fac, et suivant si l'on paie le tarif « in-state » ou « out-of-state ») par enfant pour tout ce qui est éducation supérieure, rien qu'en frais d'inscription pour obtenir une licence (qui dure 4 ans aux US — ensuite le plus souvent au niveau master/thèse, le directeur/mentor se charge de payer les frais pour l'étudiant). En règle générale, l'étudiant travaille pendant ses études pour se payer la chambre étudiante ou l'appart, la bouffe, l'assurance maladie qui n'est pas trop chère — dans la fac où je bosse, je crois qu'ils paient ~250$ / an pour l'équivalent d'une assurance qui couvre façon LMDE. Tous les étudiants américains que je côtoie ici, y compris ceux qui sont en « grad school » (c'est-à-dire en master/thèse, avec une orientation de recherche, et qui bossent dans mon labo) ont toujours une partie de leur crédit à rembourser. Les frais d'inscriptions des facs augmentent largement plus que l'inflation chaque année. Par exemple, l'université où je bosse est passée l'an dernier de ~7000$/an pour un in-state à ~11000$ de frais d'inscription. Similairement, les out-of-state devaient auparavant payer ~20000$/an, et désormais ~30000$/an. Cette bulle explosera sans doute à terme, mais je pense qu'elle va encore enfler quelques années.
Concernant la bouffe, oui, elle est moins chère — à condition de ne pas trop chercher à faire gaffe à comment elle a été produite. Si on veut de la bouffe avec à peu près les mêmes garanties qu'en France, on se retrouve avec un prix relativement comparable (ça reste tout de même moins cher aux USA). En règle générale, les besoins de base (bouffe, loyer, vêtement) sont moins chers qu'en France, tant qu'on est pas regardant sur la provenance/la qualité (les murs sont en papier dans la plupart des complexes d'appartements).
Par contre, je trouve qu'on oublie un peu facilement d'autres trucs vachement plus chers aux USA. Les câblo-opérateurs règnent en maîtres, et le font payer très cher : pour avoir un débit plus ou moins équivalent à ce qu'on a avec l'ADSL en France, je paie ~75$ tous les mois. Le téléphone, c'est encore pire : je paie ~95$ / mois. Ça comprend voix et SMS illimités, data 4G (Web) jusqu'à 2Gio de téléchargement (montant et descendant cumulés), puis bande-passante limitée au-delà. Je paie aussi ~10$/mois supplémentaire pour avoir le droit de téléphoner sur des lignes fixes sans autre surcoût à l'étranger. Le tethering est possible si on paie ~15$/mois supplémentaire, et faire office de routeur wifi est aussi possible si on paie le prix (~10$/mois je crois). Bien entendu, si je réinstalle une version « vanilla » d'Android sur le smartphone, les logiciels de mon opérateur ne bloqueront plus les deux dernières options... Ce que je vais faire d'ici 2 mois, quand la garantie aura expiré. En France on ne paie que si on appelle (en national), alors qu'aux US on paie quand on émet et quand on reçoit — et c'est aussi valable pour les SMS3.
Bref, ce qui en France coûte en cumulé (en prenant Free comme exemple, mais on pourrait prendre d'autres opérateurs) ~50€ (abo internet + mobile) coûte ~150$ ici aux USA. Même en faisant la conversion Euro-Dollar, on y perd clairement. Il y a d'autres exemples du même genre que je n'ai pas en tête en ce moment; je les retrouverai sans doute plus tard...
[1] En pratique, ils auraient préféré le garder car il était bientôt remis, et chercher un remplaçant prend du temps et en règle générale coûte des sous. Mais la politique de la (grosse) boite en question fait qu'au bout de X mois en congé maladie, un employé est automatiquement viré.
[2] Elle a réussi à se débrouiller autrement, et à faire baisser le prix, par je ne sais plus quelle magouille.
[3] Autant pour la voix sur mobile je peux comprendre le principe — on paie pour le droit d'être joint n'importe où — autant pour les SMS ça m'énerve un chouïa: même si le SMS n'est pas sollicité, on paie quand même : avec un coup de téléphone, j'ai le choix de ne pas décrocher...