• [^] # Re: Ascencion

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Tintin tombera-t-il un jour dans le domaine public ?. Évalué à 1.

    Énumérer quelques contre-exemples ne changera pas la réalité du langage. Qu'en sais-je moi de la raison pour laquelle le Français et bien d'autre langues choisissent d'attribuer des sens figurés et des connotations à l'élévation et à l'abaissement qui sont respectivement mélioratifs et péjoratifs ? Peut-être parce que les oiseaux se cachent pour mourir ? Ou bien parce que les cultures s'élèvent sous les effets conjugués du soleil et de leurs substrats nutritifs ?

    Toujours est-il que les mots et leur sélection ont toujours des sens et des implications bien marquées. Or il se trouve que même un vocabulaire extrêmement figuré est parfaitement accessibles aux masses ; et que considérant son choix fort d'implications il n'est pas déraisonnable de s'en préoccuper.
    À cet égard votre exemple de la sempiternelle opposition entre propriétaire et privateur est exquis. Merci.
    Ainsi en quoi un logiciel serait-il plus propriétaire qu'un autre ? Un logiciel libre ne serait-il pas soumis au droit d'auteur ? Il (me) paraît évident que le mot propriétaire n'est nullement employé ici dans son sens courant. Pourtant tout le monde se complaît à l'utiliser et le comprendre. Or qu'évoque précisément ce terme : un lien avec la notion légitime de propriété privée ? En ce sens être « contre » le logiciel propriétaire n'est-ce pas être un communiste enragé ? Terme stratégique donc permettant d'ancrer dans l'inconscient des stéréotypes forts.
    Similairement, désigner les logiciels non-libre sous le vocable de privateur est également un choix stratégique ayant bon nombre d'implications sur lesquelles il n'est sans doute pas opportun de revenir ici.
    On retiendra toutefois la différence d'une certaine légitimité pour l'un des deux usages : en effet, le logiciel non libre est à l'évidence plus privateur de libertés que le libre ; alors même que ni l'un ni l'autre ne sont plus propriétaires. Sauf à considérer qu'être lié par une licence c'est devenir partiellement la propriété d'autrui (cf. cette excellente vidéo). Une dérive (encore) quelque peu caricaturale, n'est-ce pas ?

    « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace