La directive sur la brevetabilit? des "inventions mises en oeuvre par ordinateur", approuv馥 en premi鑽e lecture par le Parlement europ馥n mercredi 24 septembre, a 騁? largement amend馥 sous la pression des adversaires du brevet logiciel. Si la version vot馥 馗arte clairement certains aspects dangereux, l’adoption d馭initive de la directive et sa transposition dans les droits nationaux promet encore de belles batailles.
Dans un communiqu? publi? mercredi 24 septembre, la d駘馮ation socialiste fran軋ise au Parlement europ馥n exultait : " (Le texte vot?) interdit toute brevetabilit? des logiciels." Quelques heures plus t?t, le Parti socialiste europ馥n avait, en effet, contribu? ? l’adoption du projet de directive (approuv? par 361 voix pour, 157 contre et 28 abstentions).
Si nombre d’eurod駱ut駸 oppos駸 au brevet logiciel ont finalement adopt? le projet de directive, c’est qu’ils estiment que les amendements pass駸 limitent consid駻ablement sa port馥 et sa capacit? de nuisance.
La donn馥 informatique a-t-elle un corps ?
Une grande partie de la bataille l馮islative a tourn? autour de l’article 2 de la directive, consacr? ? la d馭inition d’une "invention mise en oeuvre par ordinateur". Fruit d’un amendement socialiste, l’article 2.b stipule d駸ormais qu’un brevet ne peut 黎re accord? que s’il y contient "contribution technique", plus pr馗is駑ent "une contribution ? l’騁at de la technique dans un domaine technique". Domaine technique ? Le concept est d馭ini dans le point suivant de l’article : il d駸igne "un domaine industriel d’application n馗essitant l’utilisation de forces contr?lables de la nature pour obtenir des r駸ultats pr騅isibles".
"En clair, il faut que la ’contribution inventive’ sujette ? brevet appartienne au monde physique, se r駛ouit Fran輟is Pellegrini, membre du collectif europ馥n Eurolinux, qui a largement inspir? ces amendements. La directive ne fait que r饌ffirmer les principes de la Convention europ馥nne des brevets de 1972, c’est-?-dire que le logiciel en tant que tel n’est pas brevetable !"
L’article 4a pr馗ise : "Ne sont pas brevetables les inventions impliquant des programmes d’ordinateurs, qui mettent en oeuvre des m騁hodes commerciales, des m騁hodes math駑atiques et d’autres m騁hodes, si ces inventions ne produisent pas d’effets techniques en dehors des interactions physiques normales entre un programme et l’ordinateur, le r駸eau ou un autre appareil programmable sur lequel il est ex馗ut?."
Enfin, le principe d’interop駻abilit? a 騁? d馭endu par les eurod駱ut駸, pour lesquels le recours ? une technique brevet馥, par exemple pour convertir des donn馥s d’un format vers un autre, ne doit pas 黎re "consid駻? comme une contrefa輟n de brevet".
Une directive vertement rembar馥
Ces avanc馥s par rapport au texte d馭endu par l’eurod駱ut馥 travailliste britannique Arlene McCarthy n’ont cependant pas convaincu les Verts et le groupe parlementaire de la Gauche unie europ馥nne de voter le texte de la directive. Laurence Vandewalle, qui a coordonn? l’action des 馗ologistes europ馥ns sur ce sujet, justifie : "Pour les Verts, le r駸ultat est mitig? car le texte de la directive est encore bourr? de contradictions et de trous."
Jugeant que la directive est "un cheval de Troie pour introduire les brevets logiciels en Europe", l’eurod駱ut? Daniel Cohn-Bendit d馗larait, ? l’issue du vote d’hier : "La proposition de la Commission a 騁? am駘ior馥 et mieux d馭inie par le Parlement. Cependant nous consid駻ons toujours que nous n’avons pas besoin de cette r駸olution car elle nous conduit dans la mauvaise direction."
Si les socialistes europ馥ns et le collectif Eurolinux affichent leur satisfaction apr鑚 le vote du 24 septembre, rien n’est pourtant jou?. Le projet de directive va maintenant repasser entre les mains de la Commission et du Conseil europ馥n, plus sensibles aux arguments des lobbies professionnels favorables au brevet logiciel, avant de revenir devant le Parlement pour une deuxi鑪e lecture.
Le texte mourra mais ne se rendra pas
Or, il y a deux jours, Frits Bolkestein, commissaire europ馥n pour le march? int駻ieur, avait menac? de supprimer purement et simplement la directive, si les amendements des eurod駱ut駸 devaient trop r馘uire le champ de la brevetabilit?.
"Dans ce cas, le travail de l’Office europ馥n des brevets (qui a d駛? accord? pr鑚 de 30 000 brevets logiciels en dehors de tout cadre juridique pr馗is, Ndlr) pourrait continuer comme avant, juge Fran輟is Pellegrini, d’Eurolinux. Mais un tel geste ferait du bruit : ce serait un d駭i de la repr駸entation d駑ocratique europ馥nne."
Forts de leur action aupr鑚 des eurod駱ut駸, les adversaires du brevet logiciel doivent maintenant convaincre les responsables politiques de chaque 騁at membre de l’UE du bien-fond? de leur d駑arche. Fran輟is Pellegrini affirme : "Les gouvernements nationaux doivent revoir leurs positions et soutenir le nouveau texte. Ce texte doit devenir le leur."
Car de la r馘action du texte final, puis de sa transposition dans chaque droit national, d駱endra l’utilisation qu’en feront les tribunaux charg駸 de trancher les litiges. Compte tenu du caract鑽e tr鑚 technique du texte et des possibilit駸 d’interpr騁ation, certains (comme les Verts) redoutent que la directive, m麥e amend馥, favorise les grosses entreprises bard馥s de conseillers juridiques, aux d駱ens des PME.
Une crainte que r馭ute Fran輟is Pellegrini. Le membre d’Eurolinux soutient que le texte vot? hier est suffisamment fort pour dissuader ceux qu’il qualifie de "pr馘ateurs l馮aux". "Il ne peut plus y avoir de batailles juridiques", avance-t-il. "En cas d’attaque infond馥 pour contrefa輟n de brevet, le texte tel qu’il est aujourd’hui permet de demander des dommages et int駻黎s."
Les eurod駱ut駸 partisans du logiciel libre n’ont plus qu’? confirmer en seconde lecture ce qui ressemble bien ? une victoire pour eux.
Le site du Parlement europ馥n:
http://www.europarl.eu.int
Le site d’Eurolinux:
http://www.eurolinux.org
Le texte de la directive vot馥:
http://swpat.ffii.org/papers/eubsa-...