• [^] # Re: Agrément ministériel (reste du monde)

    Posté par . En réponse à la dépêche Logiciel de caisse Pastèque, version Datte. Évalué à 3.

    on peut parfaitement faire un module/serveur de gestion de facture, et avoir un agrément sur ce composant seulement.

    Je ne comprends toujours pas, techniquement, ce que ça veut dire. Ça voudrait dire qu'on a un binaire certifié installé sur un ordinateur de l'entreprise, OK. Mais je ne vois pas que ça résoud : 1) comment le ministère fait-il pour certifier que le binaire en question fait exactement ce qu'il est censé faire, et ne fait que ce qu'il est censé faire? Autrement dit, que vaut la certification en question? À part un audit du code exhaustif et une compilation sur les serveurs du ministère, je ne vois pas par quel moyen une autorité peut certifier un tel logiciel. 2) je ne vois pas comment la présence d'un tel module peut empêcher ou même gêner la fraude à la TVA. Si on utilise un client libre, par exemple, il semble trivial de faire en sorte que le client appelle le bon serveur quand les inspecteurs du fisc sont là, et un serveur bidon qui édite des factures au numéro aléatoire sans rien stocker dans la base de données quand ils ne sont pas là.

    Mon interrogation est réelle, hein. Il y a quelques années, je m'étais déja accroché avec un formateur qui était censé nous initier à ces trucs étranges du monde de l'entreprise. Il nous expliquait avec sérieux que c'était très important pour une entreprise d'utiliser un logiciel de compta certifié. Naturellement, je lui avais posé exactement les mêmes questions, et après quelques minutes de noyage de poisson, la seule réponse que j'ai pu comprendre était que le logiciel certifié était un témoignage de bonne foi : même si ça ne prouvait rien, quand on n'avait rien à se reprocher, on achetait un logiciel certifié. Ce qui, à mes yeux, est un argumentaire complètement fallacieux, éventuellement suggéré par les commerciaux des entreprises qui vendent lesdits logiciels.

    Personnellement, je vois bien comment un logiciel pourrait certifier que les opérations n'ont pas été modifiées après avoir été enregistrées dans la base de données, c'est à dire que l'historique de facturation présenté lors d'une inspection est authentique. Mais je ne comprends pas la valeur d'une telle certification, puisque seul un débile profond pourrait avoir l'idée d'enregistrer les fausses factures avant de les supprimer de sa base de données : il suffit d'utiliser un logiciel différent pour éditer les faux. Par conséquent, à moins de blinder le terminal de DRM pour s'assurer de toutes les applications qui y tournent, cette certification ne me semble avoir aucune valeur.