• [^] # Re: 56%

    Posté par . En réponse au journal Travail dominical. Évalué à 1.

    Sans compter l’excellente critique de Bourdieu, sur le concept même d’opinion publique, hypothèse implicite de tout sondage.

    Je profite de ce message pour signaler qu’il s’agit d’une politique plus vaste visant à terme à détruire le code du travail, donc littéralement revenir à un état pire que l’esclavage (comprendre, dans un contexte de surproduction et de chômage de masse le paiement à la journée, même pas de quoi survivre, conditions de travail dangereuses voir mortelles, travail des enfants, etc. car la plupart des gens ne se rendent vraiment pas compte de la chance qu’ils ont : lisez un peu Germinal, Zola, ou Les Misérables, Victor Hugo, ou encore intéressez-vous aux conditions de travail et de vie des pays dits sous-développés ou en voie de développement). Cette mesure d’ouverture du dimanche est sensiblement similaire à l’offensive contre les retraites, l’ANI, ou plus modestement le jour férié qu’on s’est fait chouraver sous prétexte d’aider les vieux. Cela ne m’étonnerait pas qu’après cela on voit arriver la remise en cause des 35h. Se dessine ainsi une politique cohérente d’attaque contre la règlementation du travail.

    D’ailleurs ceux qui revendiquent la liberté de choisir ne doivent rien connaître à l’économie et encore moins au marché du travail : comme cela a déjà été dit, il n’y a aucune liberté pour l’employé lorsque l’employeur peut le remplacer dans un contexte de chômage de masse. Et ne parlons pas d’une règlementation de la rémunération du travail du dimanche, qui devrait être interdite selon le même pseudo-argument de liberté de choix.

    Les gens qui donnent du crédit à ce genre de non-débat (dans le sens ou la réponse est évidente pour n’importe quel travailleur pas trop boulet), sont soit pas très malins, soit des fascistes (quand ils "s’amusent" à dire que l’intérêt du travailleur est de pouvoir choisir et fustigent les syndicats qui sont, naturellement, contre, sauf corruption). D’ailleurs faire passer cela comme un intérêt du travailleur, alors que c’est exclusivement au bénéfice du patron, c’est assez typique de la confusion politique propre au fascisme.