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    Posté par . En réponse au journal "Pussy Riot. Lettre du camp 14 de Mordovie". Évalué à 10.

    Il se trouve que la semaine dernière il y a eu un reportage Arte sur la Russie (les trucs du samedi soir pour ceux qui connaissent, et qui, accessoirement, n’ont pas de vie sociale :p). Un vrai reportage. Le sujet était un train dans le nord de la Russie, qui traversait des étendues enneigées pour rejoindre une zone d’extraction de gaz (pour l’Europe).

    Le topo : des conditions de travail très dures, des hommes seuls face à une nature difficile, mais bien payés, à en croire ceux qui y travaillaient. Le reportage a parlé aussi du peuple autochtone qui se fait emmerder par la ligne de chemin de fer (ça cause des problèmes vis-à-vis de leur mode de vie et tout, je n’ai plus les souvenirs suffisament précis...) et qui s’est fait envoyé balader par le gouvernement russe.

    Là les petits européens que nous sommes sont bien contents que la Russie soit autoritaire. Parce que bon... les Pussy Riot, c’est cool... parce qu’elles parlent pas du gaz...

    Voilà voilà...

    Dans le reportage, on a le droit au Russe un peu bourru qui vous sort un bon gros discours macho. Celui des vrai mecs, pas les gens de la ville (genre pas ceux qui sont traumatisé par un internat français), parce qu’avec la nature on ne (se) ment pas ; si on se raconte des histoires, on le paie cash et physiquement.

    Et puis... genre dix minutes plus tard, une bonne femme... qui vous sort un de ces discours féministes, court mais structuré : si elle part faire ce métier très difficile, c’est pour la paie. Genre celle qui permet l’indépendance financière, et donc qui lui permet d’envoyer balader les hommes, de pouvoir mener sa vie sans avoir à en répondre devant eux, etc.

    Bref. Tout ça pour dire que le féminisme en Russie est une réalité. Et que loin des agitations très médiatisée des Pussy Riot au militantisme calibré pour les médias de masse et à la provoc’ calculée, il y a un véritable féminisme russe qui n’a pas besoin des médias pour exister.

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    Ceci dit. Encore et toujours les mêmes petits malins de service qui croient accéder à la politique à travers Soral, ses analyses si pertinentes et percutantes (messages aux petits malins : c’est de l’ironie).

    Mais bon... je suppose qu’Arte, c’est pas une référence de Soral, Soral lui ses références c’est Fr2, itélé. Juste Lol. On est tout de même dans une période bien obscurantiste pour qu’un pauv’ mec en mal de reconnaissance médiatique puisse faire passer ses élucubrations hallucinées pour des analyses politiques. Il fait peut-être illusion comparé à des Lenglet, Calvi et autres comparses du petit écran...

    Et ceci n’interdit pas d’être lucide concernant les conflits de basse intensité mené par les puissances, ambiance guerre froide et guerre de propagande "occidentale" contre russe, que je découvre à l’occasion (étant trop jeune pour avoir connu la véritable guerre froide... ça donne un modeste aperçu), genre Snowden qui se barre en Russie, et inversement.

    Mais voilà, si les Pussy militent de manière que je trouve extrêmement courageuse, elles sont pas mal monté en épingle et instrumentalisées, il ne faut pas se le cacher, pour alimenter l’ambiance russophobe de la période (Chypre n’est pas loin et on taira la révolution syrienne par respect pour les victimes).

    Là-dessus, y’a un Soral qui se pose comme une fleur pour instrumentaliser à son tour la nouvelle "guerre froide" comme il dit, afin de faire avancer ses idées sexistes et machistes.

    Je n’insisterai pas plus loin sur ses délires et autres paranoïas, jamais documentés, jamais sourcés, par ailleurs : sur le fond comme sur le forme c’est toujours aussi grisant de voir du Soral, un pauv’ type qui se prend vraiment au sérieux tout en alignant des énormités les unes après les autres. Merci pour le lien, c’est toujours un bon moment de franche rigolade.

    Tant que je suis, l’autre jour on m’a reproché d’avoir dit que le fascisme vient de la bourgeoisie. Ben voilà. Soral c’est l’exemple typique (tellement typique qu’il en devient caricatural) de ces bourgeois déclassés. Fondamentalement lui et ses groupies en partage les codes de classe : cette croyance profondément ancrée de la "sur-rationalisation" du monde. Grosso modo cette foi quasi religieuse aussi bien partagée par les complotistes que par les anti-complotistes de bas étage que le monde est régi par un ordre dont l’homme a le contrôle à un degré très élevé (qu’il soit scientiste comme on le rencontre en économie politique, ou carrément complotiste — avec toujours cette prétention à l’appel à la Raison — chez Soral).

    Fondamentalement le complotisme est une refuge réconfortant pour le bourgeois déclassé style Soral, face à une vérité beaucoup plus incommodante : celle que le monde serait avant tout régi par la bêtise humaine, l’opportunisme, tel manipulé qui croyait être manipulateur, etc.

    Ainsi les valeurs d’une société n’ont absolument rien d’un absolu, et c’est très évocateur lorsqu’il mentionne cette soit-disant Russie éternelle, orthodoxe&co.

    J’aime beaucoup la culture russe, à travers des auteurs comme Tolstoï, Dostoïevski (j’accroche moins) ou encore Gogol, ainsi que Tchaïkovski en musique (ou plus moderne, Stravinsky), tous représentatifs (peut-être moins Gogole) du syncrétisme propre aux Russes. Cette ouverture et ce que j’appelerai un certain appétit pour l’occident, dont les artistes précédemment cités sont évocateurs, est profondément ancrée dans la culture russe et ça date de plusieurs siècles en ce qui concerne la relation des élites franco-russe (impossible de retrouver la référence mais j’ai cru comprendre que cela a été fait sous l’impulsion d’un tsar, j’ai ceci par exemple).

    Donc le pauv’ boulet qui vient parler "d’ingérence étrangère", ou encore laisse entendre que les élites françaises sont anti-russes alors qu’il suffit d’aller faire un tour sur le ministère des affaires étrangères pour se rendre compte du contraire, merci bien : c’est un mec qui globalement raconte des cracks, ne fait pas le moindre effort de recherche et de consultations de sources sérieuses (et encore, je suis loin, mais alors très loin de connaître sérieusement la Russie, mais disons que j’ai dépassé le stade... Fr2 et itélé:) et ne connaît rien à la Russie. Bref, du Soral égal à lui-même : il traîte Duflot d’idiote, il ferait mieux de se regarder dans un miroir.

    Enfin et pour terminer, sur le fond. Parce que là je rigole, mais il y a un discours de fond chez Soral, politiquement êxtremement structuré, avec cette hantise propre à la bourgeoisie de croire que les conflits de classe vont détruire la nation.

    Dans la petite vidéo mise en ligne au-dessus, il est absolument explicite : il s’agit, pour lui, de défendre l’union nationale face à des rapports de classes de plus en plus conflictuels. Et ça, avec le reste du discours sur la pauv’ aristocratie française, et l’armée son institution de refuge, cela s’adresse explicitement à la bourgeoisie et à l’aristocratie française, au catho tradi, &co. qui sont bien, bien présent ici aussi sur ce site (mais qui ont compris qu’il fallait être plus discrets et plus fins dans leur approche que les pauv’ soraliens de base qui sont juste les couillons de service).