Je viens de survoler l'article de CNET France sur le transhumanisme, et je trouve ça effrayant, d'un bout à l'autre. Cet article est visiblement censé être composé de deux partie, la première présentant les bénéfices possibles de l'application de la technologie à l'homme, et la seconde les risques, pour l'homme et pour la société. Sauf que même la première partie me semble relever autant de la dystopie que de l'utopie.
Par exemple :
D’abord, l’immortalité serait garantie, ou plutôt "l’allongement considérable de la durée de vie", jusqu’à 200 ans, voire plus. Nous serons donc capables de vivre très longtemps. Sans jamais mourir de maladies, ou de vieillesse, bref de mort naturelle.
Cerise sur le gâteau : en nous injectant peut être une "hormone du bonheur", nous deviendrons des "transhumains bouddhas", sages et heureux, jamais dépressifs, atteignant le "bonheur permanent".
Vivre longtemps, très bien. En revanche, vivre en drogués béats, je n'appellerais pas ça du bonheur.
Grâce au séquençage ADN, nous pourrons aussi reprogrammer nos gènes pour corriger nos défauts et accroître nos performances.
Des surhommes modifiés. Enfin les riches, quoi. Supaire.
Demain, la procréation se fera peut-être via des utérus artificiels.
L’ectogenèse fait l’objet de nombreuses recherches, dans le prolongement logique de la fécondation in vitro. "Cela permettra non seulement d’éviter les désagréments de la grossesse, pour les femmes qui voudraient continuer à travailler, mais aidera aussi les femmes presque stériles. Enfin, cela rapprochera aussi les couples, qui pourront tour à tour porter le fœtus, comme aujourd’hui on s’occupe à deux de son bébé", note David Latapie, porte-parole de l’AFT.
Fabriquer des bébés. Ça, c'est le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley, qui n'est pas censé être une utopie.
Pour David Latapie, dans notre futur, nous mettrons fin à la "cruelle loterie génétique". Plus d’inégalités entre les "bien nés" et les autres. Le génie génétique permettra, entre autres, de dépister de futures maladies chez son enfant, ou encore de choisir son sexe ou la couleur de ses yeux.
Et ça, c'est Bienvenue à Gattaca. Même chose, ce n'est vraiment pas censé être une utopie.
"Le transhumanisme pourrait libérer l’homme de la maladie, de la faim, de la misère...", imagine David Latapie. L’avenir semble en effet radieux : plus de maladies génétiques, les virus et les poisons ne serons plus une menace, le handicap ne sera plus... Nous serons "libres", à tous points de vue.
Libres de ne pas mourir et de "vivre dignement" grâce aux réparations et améliorations offertes. Libres de changer de sexe, et de procréer comment nous le voulons. Délivrés, aussi, de la pauvreté, dans une société "post-rareté".
Ça, c'est utopique en effet. Ça ne fait pas de mal de rêver.
Un monde d’abondance, où nous dégusterons des aliments de synthèse ou des steaks de cellules souches. Un futur où nous serons capables de fabriquer nous-mêmes nos pizzas, via l’imprimante 3D.
Ne disait-on pas il y a quelques décennies que nous nous nourririons d'aliments en pilules ? Et que mange-t-on aujourd'hui ? De la nourriture normale, évidemment, parce que personne de sensé ne voudrait manger en pilules !
Eh bien, pour cette histoire d'aliments imprimés, ou fabriqués automatiquement, c'est simple, c'est aller plus loin encore que la nourriture industrielle qu'on achète surgelée par exemple. Et comme chacun sait, ça c'est de la bouffe de qualitay, on aime tellement ça que plus personne ne cuisine chez lui... Pour info, des machines à faire les pizze, ça existe, il y a eu des boutiques robotisées qui fabriquaient les pizze sous les yeux des clients. Eh bien, surprise : ça n'intéresse pas les gens, ça les dégoûterait plutôt.
Et puis, bonheur suprême, nous serons libérés du travail, grâce aux robots. Nous bénéficierons d’un "revenu de base", distribué à tous grâce à une meilleure redistribution des aides et des impôts. Plus d’injustice sociale, plus de travail, et tout le temps du monde pour voyager, s’engager dans le secteur associatif et découvrir le monde... "Ce sera la liberté de vivre où nous voulons, en Antarctique, dans le désert, dans la forêt, ou sur Mars, grâce à un corps fait sur mesure, adapté au lieu...", explique David Latapie.
Enfin, grâce à la technologie, le pouvoir reviendra au peuple. "Plus d’inégalités : les barrières économiques et sociales seront brisées — regardez comment l’imprimerie a émancipé la littérature, le numérique a émancipé la musique, le pouvoir collaboratif d’internet a émancipé les porteurs de projets... la technologie est libératrice dès lors qu’elle est entre les mains du peuple", affirme le porte-parole de l’AFT.
Ça en revanche c'est intéressant : il serait bon de mettre en place une économie adaptée à la poursuite de la mécanisation qui a commencé à la révolution industrielle, et le revenu de base semble une bonne piste.
# Transhumanisme
Posté par 🚲 Tanguy Ortolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Revue de presse de l'April pour la semaine 36 de l'année 2013. Évalué à 9.
Je viens de survoler l'article de CNET France sur le transhumanisme, et je trouve ça effrayant, d'un bout à l'autre. Cet article est visiblement censé être composé de deux partie, la première présentant les bénéfices possibles de l'application de la technologie à l'homme, et la seconde les risques, pour l'homme et pour la société. Sauf que même la première partie me semble relever autant de la dystopie que de l'utopie.
Par exemple :
Vivre longtemps, très bien. En revanche, vivre en drogués béats, je n'appellerais pas ça du bonheur.
Des surhommes modifiés. Enfin les riches, quoi. Supaire.
Fabriquer des bébés. Ça, c'est le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley, qui n'est pas censé être une utopie.
Et ça, c'est Bienvenue à Gattaca. Même chose, ce n'est vraiment pas censé être une utopie.
Ça, c'est utopique en effet. Ça ne fait pas de mal de rêver.
Ne disait-on pas il y a quelques décennies que nous nous nourririons d'aliments en pilules ? Et que mange-t-on aujourd'hui ? De la nourriture normale, évidemment, parce que personne de sensé ne voudrait manger en pilules !
Eh bien, pour cette histoire d'aliments imprimés, ou fabriqués automatiquement, c'est simple, c'est aller plus loin encore que la nourriture industrielle qu'on achète surgelée par exemple. Et comme chacun sait, ça c'est de la bouffe de qualitay, on aime tellement ça que plus personne ne cuisine chez lui... Pour info, des machines à faire les pizze, ça existe, il y a eu des boutiques robotisées qui fabriquaient les pizze sous les yeux des clients. Eh bien, surprise : ça n'intéresse pas les gens, ça les dégoûterait plutôt.
Ça en revanche c'est intéressant : il serait bon de mettre en place une économie adaptée à la poursuite de la mécanisation qui a commencé à la révolution industrielle, et le revenu de base semble une bonne piste.