• [^] # Re: Tu peux développer?

    Posté par . En réponse au journal Quitter la sécurité sociale. Évalué à 1.

    La crise trouve son origine dans la politique immobilière du gouvernement américain. La faute n'incombe ni aux banques, ni à l'économie mais à cause d'un gouvernement qui a pris une décision à la con. Par la suite le domino est tombé. Mais le capitalisme n'est pas le coupable de cette situation...

    Typique des raisonnements idéologiques qui s’arrêtent là où le bon bouc émissaire est désigné.

    Si vous étiez de bonne foi, la question suivante aurait été de se demander : pourquoi le gouvernement a pris cette décision. Parce que dire "parce que le gouvernement a pris une décision à la con", ça ce n’est pas une explication scientifique et rationnelle. C’est juste de l’idéologie.

    Et là on entrera dans les explications sérieuses que je serai à vrai dire incapable de donner dans le détail et avec un grand risque de me tromper. Globalement on a permis l’endettement jusqu’à plus soif pour éviter de foutre que les classes moyennes se révoltent en se rendant compte que leur niveau de vie baisse, en face de l’endettement il y avait un surplus de capital financier qui ne trouvait pas de débouchés (d’où bulles spéculatives qui ont ébranlé l’économie de ces trente dernières années). Endettement et surplus de capital ont permis à des gens qui n’avaient pas les moyens de rembourser, d’emprunter tout de même. Ici il n’y a pas un acteur précis pour servir de bouc émissaire, il s’agit d’un système économique mis en place dont on sait qu’il provoque à terme de la spéculation et donc des crises : chaque acteur a fait à son niveau individuel un choix parfaitement rationnel (les ménages ont profité des taux bas, le gouvernement devait maintenir la paix sociale, donc ne s’attaquer ni au capital ni aux salariés, le capital se rémunère, etc.). Mais au niveau macro. ça a finit par planter.

    Rien n'empêche tout le monde de détenir du capital et des moyens de production

    seulement, pas tout le monde veut courir le risque

    Il faudrait savoir. Rien n’empêche de détenir du capital mais il y a un risque de le perdre. Ça sent bon la logique Shadocks tout ça.

    le marché permet de sélectionner les entreprises en en menant certains à l'échec

    Donc des hommes perdent le capital qu’ils détiennent. CQFD.

    Bah non. Il y a des tas de PME en concurrence et qui sont fiables en simultanée. Parfois il y a des monopoles (mais bonne nouvelle, les États-Unis et l'UE ont des dispositions pour limiter les actions de ces derniers pour éviter une distorsion du marché). Du coup il n'y a pas qu'un seul vainqueur et rien n'empêche que tout le monde sorte gagnant.

    Dans bisounours land. Dans la vraie vie les monopoles font pression sur la politique, ils en ont les moyens puisque précisément ils sont en monopole (cf. le too big to fail des banques) ou parce qu’ils jouent la corruption (question risque et prix des dessous de table, là encore ça vaut le coup dans une optique économique de calcul bénéfice-coût).

    Cf. mon gros commentaire sur la concentration dans le capitalisme.

    "Il était une fois deux banques, Caisse d’Épargne (CE) et Banque populaire (BP). On décida de les fusionner. Mais, olala, le risque de distorsion de marché était important : on va donc veiller à garder la concurrence et ne créer qu’une filiale commune. Que c’est bien. Puis la crise arrive. Finalement on va voir François Pérol s’occuper de finaliser la fusion, à cette époque là les distorsions de marché sont passés aux oubliettes, c’est pas notre faute, c’est la crise, qu’ils dirent tous en cœur. C’est pas de chance. Et François Pérol se retrouve à la tête de BPCE. Re-pas de chance alors..."

    Les oligopoles ne résolvent pas le problème car la concurrence n’y est qu’imparfaite. Il y a des tas de PME, certes, mais dans de gros secteurs clefs de l’économie : énergie (électricité, essence), industries agro-alimentaires, grande distribution, automobile, télécoms ce sont des oligopoles, minimum. Et pour finir, ces PME sont nombreuses, mais possèdent une part somme toute assez limitée de l’économie, aussi bien en terme de chiffres d’affaire, d’emplois, etc., d’autant plus qu’il s’agit souvent de sous-traitants de grosses boites.

    Un poste urgent à pourvoir, s'il ne trouve pas de preneur, t'inquiète que le salaire montera, sinon c'est que ce n'est pas urgent.

    Et accessoirement on fait pression sur la politique et les médias pour changer la donne du problème : on modifie politiquement l’équilibre de l’offre et la demande en faisant en sorte de faire baisser les allocations chômage, voir en les supprimant et en menant la vie dure au chômeur en faisant passer l’idée que les chômeurs sont à chier.

    C’est un calcul parfaitement rationnel auquel on assiste là : entre devoir augmenter les salaires pour satisfaire un certain équilibre de l’offre et de la demande, et faire du lobbying pour rendre les demandeurs d’emploi bien précaires (ce qui va modifier l’équilibre), le lobbying peut être avantageux. Or ce lobbying, aussi bien politique que social, existe. C’est cela qu’on appelle la lutte des classes.

    C’est juste que les travailleurs sont parfois un peu couillons et font pas le calcul rationnel inverse : ça a du bon d’avoir des alloc’ chômage élevées et que les chômeurs refusent des emplois. Évidemment, cela pose un principe de solidarité qui va à l’encontre des valeurs de compétition défendues à l’heure actuelle dans la société (comme par hasard...).

    Oui depuis la crise, les cas critiques augmentent et c'est triste. Cependant le chiffre cache le fait qu'il y a des postes disponibles et qui ne trouvent pas preneurs pour des considérations bizarres.

    Voilà, c’est exactement cela. Alors prouvez-le que ça représente une part non négligeable des chômeurs, pas juste quelques exemples basés sur des préjugés de DRH. Parce que "les considérations bizarres" ne sont pas les motivations réelles des gens dans leur décision, qui est loin d’être évidente à deviner... et en règle générale la "bizarreté" supposée des gens sont un indice qu’on ne les a pas bien compris, pas un indice de leurs erreurs...