Tu oublies aussi que les gens "bobos" veulent vivre à Paris ("hors de question de nous emmener ailleurs, je démissionnerai"), parler d'obligation des employés est souvent oublier que les employés veulent être à Paris
Je ne sais pas si ça me qualifie de « bobo », mais voici le raisonnement que j'avais fait à l'époque :
Le loyer dans la ville où je bossait pour ma thèse n'était pas spécialement moins élevé qu'à Paris
Mes amis habitant en région parisienne habitaient à 95% à Paris-même, et les autres étaient de toute manière dans des banlieues « lointaine » (vis à vis de la fac où je bossais)
Je savais déjà que j'allais bosser à un rhythme différent de celui d'une boite classique (lire: les weekends, c'est aussi bien pour bosser).
Je faisais de l'informatique : pour bosser, j'ai juste besoin d'une connexion SSH pour me connecter au cluster de calcul.
Je savais aussi qu'il y avait une certaine flexibilité des horaires (même s'il ne fallait pas pousser)
Je voulais avoir une vie sociale en dehors de mon boulot, justement parce que je savais que c'était un effort en continu. De ce côté, Paris offrait de bien meilleures solutions que la « grande » ville de banlieue où j'allais vivre
La taxe d'habitation à Paris pour un 25m2 était relativement ridicule (150€/an ?), comparée à ce que payaient mes amis en banlieue (parfois jusqu'à ~600€/an ou plus), ce qui remboursait en grande partie l'abonnement annuel pour 4 zones.
Il y avait deux contreparties :
1. Jusqu'à 2 heures de transport par jour pour mon premier appart, et jusqu'à 4h pour le second, lors des mauvais jours (accident, grève, etc.)
1. Il fallait quand même payer la carte intégrale, ce qui est loin d'être gratuit (compter ~80-100€/mois). Comme en plus le titre de transport n'était pas remboursé à 50% (en gros, ils auraient pu le faire, mais auraient réduit mon salaire de CDD-renouvelable-à-l-infini de ... 50€), c'était un coût significatif.
Pour le coût de la vie, Paris était en moyenne légèrement plus chère, mais pas significativement.
Une dernière chose : j'ai vécu toute mon enfance/adolescence (jusqu'à mes ~17 ans) en banlieue parisienne, suffisamment loin pour qu'il n'y ait pas de métro, et qu'à l'époque le seul moyen d'aller à Paris était le bus (~1h-1h30 de transport) ou un train de banlieue (pas RER, ~1h). Aller chez le pote signifiait prendre le bus (pas de tram à l'époque), et espérer qu'il arriverait à l'heure. Ou bien prendre le vélo, si le pote n'habitait pas trop loin. La banlieue « pas proche » offre une qualité de vie très différente de Paris-même. Ce n'est réellement pas la même chose de vivre à Paris et de vivre en banlieue, en termes de culture, de liberté de mouvement, etc. J'avais une copine qui disait que si elle finissait par bosser en Île de France, ce serait à Paris-même, car sinon autant aller retourner en Province, en termes de confort de vie. Je reste d'accord avec elle.
(j'ai une liste de gens travaillant à Strasbourg et habitant à Paris pour ne pas avoir à se taper "ces ploucs").
Ces mecs ne sont pas des bobos, mais des cons. Pour moi, être « bobo » ne signifie pas forcément être complètement déconnecté de la réalité, mais privilégier un certain mode de vie (que je ne vais pas décrire ici, mais qui inclue certaine facilités et contradictions « idéologiques » bien entendu).
[^] # Re: Qu'est ce qu'on y gagne ?
Posté par lasher . En réponse au journal Quitter la sécurité sociale. Évalué à 3.
J'ai oublié de répondre sur ce point spécifique :
Je ne sais pas si ça me qualifie de « bobo », mais voici le raisonnement que j'avais fait à l'époque :
Il y avait deux contreparties :
1. Jusqu'à 2 heures de transport par jour pour mon premier appart, et jusqu'à 4h pour le second, lors des mauvais jours (accident, grève, etc.)
1. Il fallait quand même payer la carte intégrale, ce qui est loin d'être gratuit (compter ~80-100€/mois). Comme en plus le titre de transport n'était pas remboursé à 50% (en gros, ils auraient pu le faire, mais auraient réduit mon salaire de CDD-renouvelable-à-l-infini de ... 50€), c'était un coût significatif.
Pour le coût de la vie, Paris était en moyenne légèrement plus chère, mais pas significativement.
Une dernière chose : j'ai vécu toute mon enfance/adolescence (jusqu'à mes ~17 ans) en banlieue parisienne, suffisamment loin pour qu'il n'y ait pas de métro, et qu'à l'époque le seul moyen d'aller à Paris était le bus (~1h-1h30 de transport) ou un train de banlieue (pas RER, ~1h). Aller chez le pote signifiait prendre le bus (pas de tram à l'époque), et espérer qu'il arriverait à l'heure. Ou bien prendre le vélo, si le pote n'habitait pas trop loin. La banlieue « pas proche » offre une qualité de vie très différente de Paris-même. Ce n'est réellement pas la même chose de vivre à Paris et de vivre en banlieue, en termes de culture, de liberté de mouvement, etc. J'avais une copine qui disait que si elle finissait par bosser en Île de France, ce serait à Paris-même, car sinon autant aller retourner en Province, en termes de confort de vie. Je reste d'accord avec elle.
Ces mecs ne sont pas des bobos, mais des cons. Pour moi, être « bobo » ne signifie pas forcément être complètement déconnecté de la réalité, mais privilégier un certain mode de vie (que je ne vais pas décrire ici, mais qui inclue certaine facilités et contradictions « idéologiques » bien entendu).