Lol. Voilà. On vous expliquera un jour comment le pouvoir s’exerce dans nos "démocraties". Le vote n’est qu’un élément très faible de l’exercice du pouvoir. Ça c’est l’idéologie démocratique.
De l’initiative des lois à leur vote, en passant par leur élaboration, leur écriture, les négociations préalables, les débats en assemblées et en commissions, les pressions qui s’exercent sur les acteurs qui participent à l’exercice du pouvoir, il y a d’innombrables jeux d’influence. Ça c’est la réalité sociale du pouvoir, parce qu’un vote pour une étiquette, ça ne se traduit pas directement dans les milliers de décisions que les élus auront à prendre durant leur mandature.
Des exemples : un porte-parole d’une association anti-pub. a participé à des négociations lors de la phase d’élaboration d’une loi concernant la publicité sur le milieu urbain, secteur dominé par decaux. Ils font leur petite loi, la période de participation de la "société civile" prend fin. Ils retrouvent la loi chez les parlementaires : elle avait changé par rapport à ce qui était convenu ! Et la modification opérée ne laissaient aucun doute : pil poil en faveur de decaux (une histoire de format des affiches autorisées pour correspondre exactement au format decaux).
Une histoire similaire à propos du grenelle de l’environnement : la loi avait changé au moment d’arriver à l’assemblée.
Idem pour l’ANI, en dehors des poncifs sur les syndicats, on peut être un peu sérieux, et voir dans quelles conditions cela a été signé, avec bien évidemment la propagande "les syndicats qui ne signent pas sont tous des sectaires", et dont la représentativité devait changer peu après. Il faudrait s’intéresser à la nature des négociations, leur tenue, leur modalité, etc.
Pour la crise bancaire, le fonctionnaire qui s’occupe d’un dossier sur deux banques en fusion se retrouve en pantouflage à un poste important de la banque résultante.
Des trucs de ce genre, y’en a à la pelle pour la France. En local ce n’est pas non plus très beau à voir. Il suffit de se renseigner un peu sérieusement.
Pour la Grèce c’est plus simple et plus catégorique. Énormément de Grecs considèrent leur gouvernement comme illégal et rapportent des manquements à leur constitution ou à la démocratie (dont un des épisodes récent est celui d’ERT). Donc oui : ils sont bien sous dictature. En Italie aussi, Monti n’avait absolument aucune légitimité démocratique (d’ailleurs il s’est ramassé aux élections quand il a daigné se présenter).
Et là, je n’ai pas encore parlé sur la définition que vous donnez au mot "démocratie", parce qu’il y aurait aussi beaucoup à dire de ce côté-là.
[^] # Re: Tu peux développer?
Posté par Pierre Roc . En réponse au journal Quitter la sécurité sociale. Évalué à 4.
Lol. Voilà. On vous expliquera un jour comment le pouvoir s’exerce dans nos "démocraties". Le vote n’est qu’un élément très faible de l’exercice du pouvoir. Ça c’est l’idéologie démocratique.
De l’initiative des lois à leur vote, en passant par leur élaboration, leur écriture, les négociations préalables, les débats en assemblées et en commissions, les pressions qui s’exercent sur les acteurs qui participent à l’exercice du pouvoir, il y a d’innombrables jeux d’influence. Ça c’est la réalité sociale du pouvoir, parce qu’un vote pour une étiquette, ça ne se traduit pas directement dans les milliers de décisions que les élus auront à prendre durant leur mandature.
Des exemples : un porte-parole d’une association anti-pub. a participé à des négociations lors de la phase d’élaboration d’une loi concernant la publicité sur le milieu urbain, secteur dominé par decaux. Ils font leur petite loi, la période de participation de la "société civile" prend fin. Ils retrouvent la loi chez les parlementaires : elle avait changé par rapport à ce qui était convenu ! Et la modification opérée ne laissaient aucun doute : pil poil en faveur de decaux (une histoire de format des affiches autorisées pour correspondre exactement au format decaux).
Une histoire similaire à propos du grenelle de l’environnement : la loi avait changé au moment d’arriver à l’assemblée.
Idem pour l’ANI, en dehors des poncifs sur les syndicats, on peut être un peu sérieux, et voir dans quelles conditions cela a été signé, avec bien évidemment la propagande "les syndicats qui ne signent pas sont tous des sectaires", et dont la représentativité devait changer peu après. Il faudrait s’intéresser à la nature des négociations, leur tenue, leur modalité, etc.
Pour la crise bancaire, le fonctionnaire qui s’occupe d’un dossier sur deux banques en fusion se retrouve en pantouflage à un poste important de la banque résultante.
Des trucs de ce genre, y’en a à la pelle pour la France. En local ce n’est pas non plus très beau à voir. Il suffit de se renseigner un peu sérieusement.
Pour la Grèce c’est plus simple et plus catégorique. Énormément de Grecs considèrent leur gouvernement comme illégal et rapportent des manquements à leur constitution ou à la démocratie (dont un des épisodes récent est celui d’ERT). Donc oui : ils sont bien sous dictature. En Italie aussi, Monti n’avait absolument aucune légitimité démocratique (d’ailleurs il s’est ramassé aux élections quand il a daigné se présenter).
Et là, je n’ai pas encore parlé sur la définition que vous donnez au mot "démocratie", parce qu’il y aurait aussi beaucoup à dire de ce côté-là.