Après tu peux reprocher à la boite de ne pas augmenter les salaires pendant que je peux reprocher au chômeur de ne pas revoir à la baisse ses attentes.
On peut aussi regarder du côté de la rémunération du capital...
Ouai, donc si le chômeur ne trouve pas de boulot c'est parce que le ratio salaire/compétences qu'il propose n'est pas viable économiquement.
Et donc, on fait quoi ? On le laisse crever ? Tout ça parce qu’on n’a pas ne serait-ce qu’envisager qu’on pouvait réduire la rémunération du capital ou les inégalités de revenus ?
Dans une économie extrêmement productive comme la nôtre, avec des miracles de technologie, des méthodes d’agriculture qui nous débarrasse définitivement de tout risque de famine, on n’est pas capable de subvenir aux besoins de tout le monde ?
C’est une simple question de bon sens. On a les moyens technologiques et productifs de se la couler douce. D’ailleurs même avec les taux de chômage aberrants actuels, la production est relativement stable (pas de croissance = production annuelle de richesses stable).
Une partie des chômeurs (et je dis bien une partie des chômeurs) est au chômage par choix, parce que l'alternative (le boulot "pas assez bien") ne leur plait pas.
Ou le job proposé ne leur permet pas de vivre décemment. C’est quand même dingue ce déni total de la réalité. Encore la propagande du chômeur qui veut pas bosser, etc. avait quelques chances de réussite avant la crise, autant maintenant, avec la crise, ça n’a plus une once de crédibilité.
Vous croyez vraiment que des millions de chômeurs ont décidé comme ça, tout d’un coup, en quelques années, que ça les faisaient chier de travailler ? Non. Ils ne l’ont pas choisi : ils ont été mis à la porte ou leur contrat s’est terminé. Ils ne l’ont pas choisie la crise.
Après évidemment, si à ces chômeurs vous leur offrez comme alternative : "tu bosses pour des clopinettes ou tu crèves", alors effectivement, vous allez régler le problème du chômage. C’est une manière de voir les choses, mais vous n’avez pas l’air de vous rendre compte de ce que vous voulez, parce que ça a un nom : c’est, très formellement et très rigoureusement, de l’esclavage.
Ça m’énerve les gens qui se contentent de répéter les poncifs habituels, qui sont véritablement des horreurs qui plus est, d’autant qu’au niveau macro. la richesse est là et permet de subvenir aux besoins de tout le monde.
Alors non, je considère qu’il faut des minima sociaux et des allocations chômage. Et si les chômeurs refusent un boulot parce qu’ils ne sont pas bien payés ils ont parfaitement raison et c’est normal. Merde, ils vont pas accepter non plus n’importe quelle offre, y’a une limite à ce qui est acceptable : et ce sont précisément les allocations qui la fixe ; le chômeur fait son calcul, regarde si le salaire proposé lui permet de rentrer dans ses frais, etc. Et il décide en fonction. Si effectivement le salaire proposé est trop bas il a raison de refuser. Merde, il faut payer maintenant pour avoir un travail : on me proposait de participer au capital d’une boite en cours de création sans salariat, et j’ai suivi des hautes études : c’est pas un problème de compétences.
C’est facile de se faire donneur de leçon quand on a bien creusé son trou et qu’on a un revenu stable. Mais allez voir des chômeurs, des vrais, pas ce qu’on dit d’eux à la télévision ou dans les journaux, essayez de comprendre leur situation dans le détail et la complexité. Vous vous rendrez compte que s’il font des choix ce n’est pas parce que "ca leur plaît ou ne plaît pas" mais qu’ils ont des raisons légitimes, qu’ils réfléchissent à leur situation, etc. Ils ont leur propres raisons de refuser un job, et ce n’est pas parce que vous les ignorez ou que vous êtes incapable de les comprendre qu’ils sont inconséquents ou que c’est une question de "plaisir".
[^] # Re: Tu peux développer?
Posté par Pierre Roc . En réponse au journal Quitter la sécurité sociale. Évalué à 6.
On peut aussi regarder du côté de la rémunération du capital...
Et donc, on fait quoi ? On le laisse crever ? Tout ça parce qu’on n’a pas ne serait-ce qu’envisager qu’on pouvait réduire la rémunération du capital ou les inégalités de revenus ?
Dans une économie extrêmement productive comme la nôtre, avec des miracles de technologie, des méthodes d’agriculture qui nous débarrasse définitivement de tout risque de famine, on n’est pas capable de subvenir aux besoins de tout le monde ?
C’est une simple question de bon sens. On a les moyens technologiques et productifs de se la couler douce. D’ailleurs même avec les taux de chômage aberrants actuels, la production est relativement stable (pas de croissance = production annuelle de richesses stable).
Ou le job proposé ne leur permet pas de vivre décemment. C’est quand même dingue ce déni total de la réalité. Encore la propagande du chômeur qui veut pas bosser, etc. avait quelques chances de réussite avant la crise, autant maintenant, avec la crise, ça n’a plus une once de crédibilité.
Vous croyez vraiment que des millions de chômeurs ont décidé comme ça, tout d’un coup, en quelques années, que ça les faisaient chier de travailler ? Non. Ils ne l’ont pas choisi : ils ont été mis à la porte ou leur contrat s’est terminé. Ils ne l’ont pas choisie la crise.
Après évidemment, si à ces chômeurs vous leur offrez comme alternative : "tu bosses pour des clopinettes ou tu crèves", alors effectivement, vous allez régler le problème du chômage. C’est une manière de voir les choses, mais vous n’avez pas l’air de vous rendre compte de ce que vous voulez, parce que ça a un nom : c’est, très formellement et très rigoureusement, de l’esclavage.
Ça m’énerve les gens qui se contentent de répéter les poncifs habituels, qui sont véritablement des horreurs qui plus est, d’autant qu’au niveau macro. la richesse est là et permet de subvenir aux besoins de tout le monde.
Alors non, je considère qu’il faut des minima sociaux et des allocations chômage. Et si les chômeurs refusent un boulot parce qu’ils ne sont pas bien payés ils ont parfaitement raison et c’est normal. Merde, ils vont pas accepter non plus n’importe quelle offre, y’a une limite à ce qui est acceptable : et ce sont précisément les allocations qui la fixe ; le chômeur fait son calcul, regarde si le salaire proposé lui permet de rentrer dans ses frais, etc. Et il décide en fonction. Si effectivement le salaire proposé est trop bas il a raison de refuser. Merde, il faut payer maintenant pour avoir un travail : on me proposait de participer au capital d’une boite en cours de création sans salariat, et j’ai suivi des hautes études : c’est pas un problème de compétences.
C’est facile de se faire donneur de leçon quand on a bien creusé son trou et qu’on a un revenu stable. Mais allez voir des chômeurs, des vrais, pas ce qu’on dit d’eux à la télévision ou dans les journaux, essayez de comprendre leur situation dans le détail et la complexité. Vous vous rendrez compte que s’il font des choix ce n’est pas parce que "ca leur plaît ou ne plaît pas" mais qu’ils ont des raisons légitimes, qu’ils réfléchissent à leur situation, etc. Ils ont leur propres raisons de refuser un job, et ce n’est pas parce que vous les ignorez ou que vous êtes incapable de les comprendre qu’ils sont inconséquents ou que c’est une question de "plaisir".