• [^] # Re: Tu peux développer?

    Posté par . En réponse au journal Quitter la sécurité sociale. Évalué à 8.

    En fait on est d’accord : dans le système par capitalisation, en supposant une croissance du PIB, les retraités atteignent un meilleur niveau de vie précisément grâce aux mécanismes d’investissement et des taux d’intérêts. Globalement les taux d’intérêts réels (donc corrigés de l’inflation) doivent refléter la croissance (à démographie constante) pour que le niveau de vie des retraités soit identique à celui de la population active.

    Le problème est que l’inflation, les taux d’intérêts sont des variables économiques qui impactent sur, et sont impactées par, l’investissement, la consommation, la production, etc. auxquels le régime de retraite par capitalisation se retrouve lié de manière assez artificielle. Ça apporte une sacrée dose de complexité pour gérer à la fois les retraites et les politiques monétaire et économique.

    En bref : ce n’est pas le rôle d’un système de retraite de jouer les investisseurs.

    Cela peut même être très mauvais en créant une masse d’argent qui ne trouve pas à s’investir : par exemple dans le cas de la boulangerie, les "virages technologiques" ne vont pas chercher très loin... Du coup, l’argent se retrouvent dans des actifs pourris, des bulles spéculatives, etc.

    Et puis... en bon marxiste : les retraités sont obligés d’investir, ils vont faire pression politiquement pour avoir un taux d’inflation minimum et des taux d’intérêt nominaux élevés : ils auront des intérêts de capitalistes face aux actifs, les travailleurs. Question lutte des classes c’est pas bon du tout, doublement car on aura un conflit économique qui recoupera un conflit générationnel. À ce sujet, il y a un article du Diplo. paru il y maintenant plus d’un an, l’effroi du retraité allemand face au travailleur grec (cool il est en accès libre maintenant :) : le conflit économique devient à la fois conflit générationnel (du fait de la démographie particulière de chaque pays) et conflit entre nations... le beau bordel en perspective avec migrations, racisme et nationalisme à la clef.